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REER ou CELI: lequel privilégier après 50 ans?

Emmanuelle Gril

2026-01-24T05:00:00Z

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REER ou CELI... Entre les deux, votre cœur balance? Si vous avez plus de 50 ans, avec l’âge de la retraite qui approche, il faudra peut-être remettre en question votre stratégie d’épargne.

Nombreux sont ceux qui cotisent à leur REER par habitude. Ils contribuent par prélèvements automatiques sur leur paye tout au long de l’année, ou encore versent un montant unique en janvier ou en février avant que la date d’échéance ne sonne. Mais à partir de 50 ans, un changement dans le choix de véhicule d’épargne pourrait s’imposer.

Un report, pas un cadeau

Isabelle Bérard, planificatrice financière autonome, souligne que ses clients lui demandent régulièrement s’ils feraient mieux d’opter pour le REER ou le CELI. «Dans la trentaine, la réponse est variable, mais après 50 ans il est temps d’aller plus loin que le simple réflexe du REER», dit-elle. Bien que ce dernier offre une déduction fiscale attrayante, cela ne sera pas nécessairement la meilleure option. Car passé la cinquantaine, la retraite se rapproche à grands pas, les enfants ont quitté le nid et les revenus ont souvent atteint un sommet.

La planificatrice financière remarque également qu’à cet âge, après avoir passé des années à cotiser, les montants accumulés dans le REER peuvent être très élevés. Résultat: l’économie d’impôt réalisée lors de la contribution pourrait bien être annulée par la facture fiscale que l’on devra assumer lorsque l’on retirera ces sommes. «Il faut se rappeler que le REER offre un report d’impôt, pas un cadeau. Lors du décaissement, chaque dollar sera imposable et aura un impact sur notre taux d’imposition global, réduisant ainsi les crédits auxquels on pourrait avoir droit et déclenchant éventuellement l’impôt de récupération sur la pension de la Sécurité de la vieillesse», prévient-elle. Une trop grande accumulation dans le REER peut donc déboucher sur un problème fiscal lors de la retraite.

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Une décision parfois contre-intuitive

Le CELI peut sembler moins intéressant car il ne génère pas de déduction fiscale sur le coup. En revanche, il s’agit d’un outil très puissant pour ses vieux jours, car les retraits seront libres d’impôt. «Il est également très flexible et permet d’avoir accès à des sommes supplémentaires à la retraite sans devoir puiser dans ses REER, ni augmenter son taux d’imposition», souligne Isabelle Bérard.

Elle remarque cependant qu’il n’y a pas de recette universelle et que le choix devrait se baser sur les revenus imposables actuels et futurs, afin d’évaluer si l’économie d’impôt réalisée aujourd’hui en vaut la chandelle.

«Cela peut sembler contre-intuitif, mais il est parfois préférable de cesser ses cotisations REER. Par exemple, si le crédit d’impôt obtenu est de 36% mais que le taux d’imposition qui frappera le retrait grimpe à 40%, c’est un pensez-y-bien», constate-t-elle, ajoutant qu’il faut réfléchir à cet aspect plusieurs années avant la retraite afin d’adapter la stratégie en conséquence.

CONSEILS

  • Prendre de bonnes décisions en matière d’épargne nécessite une vision d’ensemble afin de bien évaluer et d’anticiper sa réalité fiscale.
  • Si vous bénéficiez d’un fonds de pension à prestations déterminées à la retraite, cotiser systématiquement à votre REER durant toute votre vie active ne sera pas nécessairement la meilleure option.
  • Lorsqu’on est en couple, on peut fractionner le revenu de retraite entre les conjoints, ce qui contribue à réduire la facture fiscale globale. Cela devrait entrer en ligne de compte dans votre planification.
  • Un expert du domaine de la planification de retraite pourra vous accompagner et vous proposer des stratégies en fonction de votre situation.
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