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Redonnons la parole au véritable Québec inc.

Plutôt que de sauter d’une mode à l’autre, pourrions-nous écouter ce qu’ont à dire nos bâtisseurs?

Photo tirée de X, FRANÇOIS LEGAULT
Photo portrait de Francis Gosselin

Francis Gosselin

2025-02-08T05:00:00Z

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Depuis les menaces tarifaires de Trump, la classe politique vit un éveil quant à la fragilité de notre économie.

En réaction, c’est la rechute dans la drogue dure des politiciens modernes: les déficits publics. Couper des rubans, choisir des gagnants: l’État-gâteau avec ses mains pleines de pouces est de retour, dans une industrie près de chez vous.

En réaction aux tarifs, on fera «comme pendant la COVID», a affirmé le député libéral Randy Boissonnault. Une économie dirigée par l’État, financée par l’État, endettée par l’État. On croirait rêver. Un cauchemar, éveillé.

Des décennies d’interventionnisme

L’histoire récente de nos politiques industrielles et de nos investissements en productivité montre qu’au contraire, plus l’État est présent, moins les entreprises progressent.

En aéronautique, les milliards investis n’auront pas suffi à garder la C-Series ni Héroux-Devtek sous contrôle québécois.

Dans le domaine pharmaceutique, la province n’a pas su retenir les grands acteurs, malgré des centaines de millions en subventions.

Dans les jeux vidéo et les effets visuels, un quart de siècle de crédits d’impôt a créé un système de dépendance complète envers l’État. Après une baisse de 10% du taux en 2024, l’industrie menace de s’effondrer.

Plus récemment, la filière batterie a été bâtie sur l’idée de produire ici pour exporter aux États-Unis. Quelques 16 milliards de dollars plus tard, confronté à des tarifs de 25%, le concept n’a pas bien vieilli.

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La saveur du moment

François Legault s’est trouvé une nouvelle lubie pour dépenser frénétiquement l’argent des contribuables: tout parier sur Hydro-Québec, tout de suite.

L’idée n’est pas mauvaise. Mais croire que nous allons soudainement mettre en branle 180 milliards $ de chantiers, en 6 mois, à prix raisonnable, est une vue de l’esprit.

Les ingénieurs forestiers de Rouyn n’iront pas construire des barrages à Chibougamau. Et sans augmentations tarifaires, ce sont nos taxes et impôts qui finiront par payer.

Ces projets improvisés n’aident en rien à atténuer le sentiment d’étouffement que vivent les entrepreneurs, résultat d’une fiscalité hostile, d’un interventionnisme omniprésent et d’une bureaucratie trop lourde.

Plutôt que de sauter d’une mode à l’autre, pourrions-nous écouter ce qu’ont à dire nos bâtisseurs? Où sont Serge Godin, Isabelle Marcoux, Alain Bouchard, Christiane Germain, Pierre Karl Péladeau, Isabèle Chevalier, Marcel Dutil ou Denise Verreault dans cette conversation? Le moment est venu pour les apprentis sorciers de nos institutions publiques de laisser la place à ceux et celles qui prennent les vrais risques, créent les vrais emplois et développent notre vraie économie.

La liberté d’entreprendre

Au cours des derniers jours, on a entendu les comptables et les banquiers de l’État caquiste nous dicter la marche à suivre. Hélas, l’avenir du Québec ne se fera pas en manipulant des colonnes de chiffres dans Excel ni en choisissant les gagnants et les perdants selon leurs critères arbitraires.

Je n’ai aucun doute que la Caisse, Investissement Québec et le ministère des Finances ont un rôle à jouer. Mais il faut rappeler à ces banquiers, embauchés à fort prix par Québec pour distribuer les milliards de nos impôts, que ce ne sont pas eux qui créent la richesse. Au mieux, ils la financent.

Redonnons aux entrepreneurs le droit d’entreprendre. Le pouvoir d’entreprendre. L’espace d’entreprendre. Sans quoi, nous sommes condamnés à répéter nos erreurs, et à demeurer vulnérables aux décisions arbitraires provenant d’ici, et d’ailleurs.

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