Tous les résultats
Publicité

Recruté par une agence à seulement 12 ans: qu'advient-il de ce Québécois qui avait pulvérisé un record de Cole Caufield en 2023?

Plusieurs agences étaient aux trousses de Liam Tep

Photo portrait de Benoît Rioux

Benoît Rioux

2026-03-14T04:00:00Z

Partager

L’engagement du jeune Liam Tep avec l’ancienne agence de Kent Hughes, Quartexx, à l’âge de 12 ans illustre une tendance grandissante dans le hockey mineur : les agents qui courtisent désormais des joueurs de plus en plus jeunes.


Avec les cheveux en bataille et en trimballant sa lourde poche de hockey sur son épaule, le jeune Liam Tep débarque comme une tornade en fin d’après-midi au complexe sportif Hockey Etcetera, sur le chemin de la Côte-de-Liesse, à Montréal. Sa vie de jeune adolescent semble parfois un peu folle, mais il ne la changerait pour rien au monde.

« Ce que j’aime le plus, c’est la sensation d’être sur la glace », résume candidement l’attaquant des Sélects du Nord.

Depuis qu’il s’est joint officiellement à la firme Quartexx Management, l’an dernier, le garçon de 13 ans, originaire de Mirabel, a le bonheur de se retrouver encore plus souvent sur la patinoire pour des séances privées en compagnie d’entraîneurs chevronnés. C’est la route entre son école secondaire, à Saint-Jérôme, et le centre d’entraînement qui semble parfois un peu longue. Ses parents espèrent autant que possible éviter le trafic de l’autoroute 15.

Liam Tep avait un entraînement privé au complexe sportif Hockey Etcetera, le mercredi 4 février 2026, à Montréal, à titre de client de la firme Quartexx Management.
Liam Tep avait un entraînement privé au complexe sportif Hockey Etcetera, le mercredi 4 février 2026, à Montréal, à titre de client de la firme Quartexx Management. Photo Benoît Rioux

Ce jour-là, un mercredi, c’est Ryan Culkin, ex-joueur des Remparts de Québec et ancien choix des Flames de Calgary au repêchage de 2012, qui l’attendait.

Publicité

« J’aurais aimé avoir le même talent que lui à son âge, mais ce que je vois surtout, c’est son éthique de travail, dit Culkin. Il adore le hockey et il est comme une éponge, il comprend facilement tout ce qu’on lui montre. Son avenir s’annonce brillant. »

Sans pression

Tep n’avait que 10 ans, en juillet 2023, quand il a pulvérisé un record détenu par Cole Caufield dans le tournoi Brick Invitational, à Edmonton. L’attaquant a alors inscrit 29 points en huit matchs. Jusque-là, Caufield partageait la marque de 18 points avec Michael Misa, prometteuse recrue des Sharks de San Jose. Malgré son jeune âge, il n’en fallait pas plus pour que des agences commencent à s’intéresser à Tep.

« Les agences nous signifiaient qu’elles étaient là, qu’elles étaient intéressées, mais sans jamais nous mettre de pression afin de faire un choix », décrit sa mère, Alina Tep.

Les discussions, toujours courtoises, sont devenues un peu plus fréquentes l’année suivante. En plus de Quartexx Management, l’agence CAA fait partie de celles ayant démontré de l’intérêt pour le jeune Québécois.

Liam Tep, après un entraînement tenu au complexe sportif Hockey Etcetera, le mercredi 4 février 2026, à Montréal.
Liam Tep, après un entraînement tenu au complexe sportif Hockey Etcetera, le mercredi 4 février 2026, à Montréal. Photo Benoît Rioux

« Le plus difficile, ç’a été de faire un choix, de préciser la maman. Nous étions prêts à dire oui à Quartexx, mais nous n’étions pas prêts à dire non à d’autres. »

Publicité

La famille persiste et signe : tout le monde a été professionnel et agréable pendant les discussions. Même une fois les refus annoncés.

Une exception

En raison de son futur prometteur, Tep et sa famille auront ainsi conclu une entente avec une agence de joueurs avant même que le hockeyeur ait soufflé, le 22 février dernier, ses 13 bougies.

« C’est une exception tant pour son talent qu’au niveau de sa personnalité », décrit l’agent Jessy Morin, à propos de son plus jeune client.

Liam Tep sourit alors qu’il a contribué à la victoire des Sélects du Nord, le dimanche 15 février 2026 à Laval, lors de la finale du Tournoi international de hockey M15 du grand Montréal, dans la catégorie M15 AAA.
Liam Tep sourit alors qu’il a contribué à la victoire des Sélects du Nord, le dimanche 15 février 2026 à Laval, lors de la finale du Tournoi international de hockey M15 du grand Montréal, dans la catégorie M15 AAA. Photo Justin Dupont / ALTA MEDIA

Généralement, insiste-t-il, un joueur ne fera pas partie d’une agence comme Quartexx avant d’avoir au moins 14 ou 15 ans. Il serait accrocheur de le placer dans la lignée des Alexis Lafrenière et Alexis Joseph, mais Tep a encore bien des étapes à franchir dans son développement avant de s’imaginer au repêchage de la Ligue nationale de hockey en... 2031. Une étape à la fois.

« C’est important pour nous de ne pas tomber dans la narrative qu’il est le next one, et Liam comprend tout ça, affirme ainsi Morin. Il sait qu’il doit se concentrer sur ce qu’il peut faire au quotidien. Il est extrêmement mature, alors qu’il a déjà été exposé à beaucoup d’attention depuis qu’il est très jeune. »

Publicité

Pourquoi Liam Tep ?

Sujet délicat... oui et non. Pendant que Liam poursuivait son entraînement au complexe sportif Hockey Etcetera, ce fut la première question posée à ses parents, Alexandre Rondeau et Alina Tep : pourquoi porte-t-il le nom de famille de sa mère ?

« Je suis née au Québec il y a 43 ans, dans la ville de Québec, et on a la culture québécoise imprégnée, indique Alina, qui travaille dans le domaine de l’intelligence artificielle. Je sens aussi que je perds tranquillement ma culture cambodgienne et, à sa naissance, je voulais que Liam conserve un peu de cette culture-là, ne serait-ce qu’avec son nom de famille. »

Liam Tep, entouré de son père, Alexandre Rondeau, et de sa mère, Alina Tep.
Liam Tep, entouré de son père, Alexandre Rondeau, et de sa mère, Alina Tep. Photo Benoît Rioux

« On voulait qu’il embrasse ses origines asiatiques », ajoute son père Alexandre, qui est pour sa part col bleu à Mirabel.

Les grands-parents de sa famille maternelle, qui ont immigré au Québec à titre de réfugiés de guerre au tournant des années 1980, habitent maintenant à Laval. Ils sont d’ailleurs bien présents dans la vie du jeune Liam, qui est fils unique.

Si tout se passe bien, il y aura peut-être, un jour, un digne représentant du Cambodge dans la Ligue nationale de hockey. Ce serait une grande fierté, autant pour Liam que pour sa famille.

Publicité
Publicité