Devant la plus grosse foule de l’histoire de la Ligue des nations pour un match féminin disputé en Amérique du Nord, le Canada a offert, samedi, un beau cadeau à ses bruyants partisans, incluant plusieurs Olympiens de la région, avec une victoire en quatre manches face à la France.
L’engouement pour le volleyball, la pluie et l’annulation du match des Capitales de Québec qui ont utilisé leurs réseaux sociaux pour inviter les gens à se déplacer au Centre Vidéotron pour la Ligue des nations ont aidé à fracasser le plateau de 10 000 alors que près de 1000 billets ont trouvé preneur dans la journée de samedi.

Les 10 483 spectateurs ont eu droit à un bon spectacle de leurs favorites qui ont surmonté un lent départ pour remporter les trois dernières manches (25-20, 25-19 et 28-26) après avoir échappé le premier par la marque de 21-25.
Établi au TD Place d’Ottawa l’an dernier, le record de foule en Amérique du Nord était de 5100 personnes. La plus grosse foule de l’histoire pour un match féminin en Amérique du Nord remonte à la finale olympique des Jeux de Montréal en 1976 alors que 15 600 personnes avaient rempli le Forum pour assister à la victoire du Japon face à l’Union soviétique.
Au même moment à Nanjing en Chine, un record de la Ligue des nations a été établi avec une foule de 17 816 personnes qui a assisté au match entre les favorites locales et la Serbie qui a remporté le titre mondial en 2018 et 2022. La marque précédente était de 17 034 personnes obtenue en 2025 à Istanbul pour un match entre la Turquie et le Brésil.
Des frissons pour les Canadiennes
Meilleure Canadienne avec 21 points, l’attaquante Kiera Van Ryke peinait à exprimer les sentiments qui l’habitaient. « J’ai évolué devant de grosses foules ailleurs dans le monde, mais de savoir qu’il y avait autant de monde dans notre pays pour nous appuyer, je n’ai pas vraiment les mots pour exprimer ma joie. »

« Quand nous avons marqué le point de la victoire pour assurer notre victoire et que tout le monde nous applaudissait, ce fut un sentiment incroyable, de poursuivre la puissante attaquante. Les filles avaient des frissons. C’est tellement spécial de recevoir cet appui à la maison. »

Auteure d’une récolte de 17 points, Alexa Gray a elle aussi été emportée par l’émotion en fin de match. « J’avais des frissons. C’est la plus grosse foule que je vois au Canada. C’est très spécial. Ce n’était pas joli en 1re manche, mais nous avons apporté des changements. »
Les Françaises ont aussi apprécié l’atmosphère électrique. « Ce n’est pas difficile de jouer devant 10 000 personnes même si elles appuient l’équipe adverse, a raconté Lilou Ratahiry qui a terminé le match avec 17 points et qui a eu droit aux félicitations du coach canadien dans la zone mixte. Ça me motive encore plus à battre nos adversaires. Parce qu’il s’agit de ma première présence à la Ligue des nations, j’étais un peu stressée. »
Un avant-goût de la Coupe du monde
Van Ryke et l’entraîneur Giovanni Guidetti n’osent imaginer la frénésie qui régnera l’an prochain alors que la Coupe du monde s’arrêtera à Québec et à Montréal comme Le Journal le révélait dans son édition de samedi.

« Pour la Coupe du monde, il devrait y avoir encore plus de monde parce que l’enjeu sera plus important, a-t-il mentionné. J’espère que nous serons de retour. Il y a peu de villes dans le monde qui obtienne des foules de 10 personnes et je suis fier de faire partie du programme canadien. »
« Évidemment que ça serait le fun d’être de retour, de renchérir Van Ryke. C’est mieux à chaque fois que nous venons à Québec. Ça va être très excitant de jouer à Québec et à Montréal. C’est clair que la foule a eu un impact. Quand nous avons pris notre rythme et que la foule a embarqué, c’est comme si nous misions sur une 7e joueuse. Ils nous ont procuré le petit plus nécessaire pour terminer la rencontre. »
Lent départ relié au stress
Guidetti estime que les Canadiennes étaient sous le choc quand elles ont réalisé qu’une foule supérieure à 10 000 partisans remplissait les gradins. « On a débuté le match sur le frein, a-t-il imagé. Nous n’étions pas libres, passionnées et on ne se battait pas. Après la première manche, la passion et les habiletés sont revenues. »
« Je suis fier des filles de la façon dont elles sont revenues, d’ajouter le sélectionneur italien qui a remercié les partisans en français en entrevue avec les médias écrits en lançant merci, merci beaucoup. Ce n’est pas facile de battre une très bonne équipe comme la France. Le retour est un signe de croissance et que nous sommes fortes. »
Le Canada disputera son dernier match, dimanche à 18 h, face au Japon. Les deux équipes se sont affrontées dans un match amical, lundi au PEPS de l’Université Laval, où les Canadiennes ont remporté les trois premiers sets avant de perdre le quatrième. « Ça risque d’être notre match le plus difficile de la semaine », de conclure l’entraîneur canadien.

