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Récents succès du Canadien: le chat craint encore l’eau froide

Photo MARTIN CHEVALIER
Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2025-01-12T21:00:00Z

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Êtes-vous du type «chat échaudé craint l’eau froide»? Moi, oui. Le Canadien a beau avoir remporté 9 de ses 12 derniers matchs (et 12 de ses 17 derniers), dont plus de la moitié contre des équipes de premier ordre, je me demande encore combien de temps ça va durer, quand est-ce que ça va craquer.

Il faut dire que le Tricolore ne nous a pas gâtés au cours de la dernière décennie. Si la LNH n’avait pas élargi les conditions d’admission pour les séries éliminatoires de 2020, on parlerait de sept exclusions du tournoi printanier en neuf ans. En fait, la dernière fois qu’il a participé aux séries éliminatoires dans un format et des divisions normaux, c’était en 2017.

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À force d’être déçu, y’a de quoi refuser de s’emballer trop rapidement. Sans compter que le classement de l’Association de l’Est est archiserré. Avant les matchs de dimanche, le Tricolore était pratiquement aussi près d’une place en séries (deux points) que de l’avant-dernier rang dans l’Est (trois points). Ça ne prendrait pas une longue léthargie pour débouler au classement.

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Même Kent Hughes, lors de son bilan de mi-saison, s’est montré prudent, quand le collègue Marc de Foy lui a demandé si le pire était maintenant derrière. Le directeur général n’a pas voulu trop pavoiser. On peut le comprendre. On lui a remis sur le nez jusqu’au jour de l’An son objectif de voir son équipe lutter farouchement pour une place dans la grande danse du printemps.

Coacher pour gagner

Sauf qu’au niveau de la glace, force est d’admettre qu’il se passe quelque chose. Dans les rangs du Tricolore, on y croit plus que jamais. Ça se voit. À commencer par les décisions prises derrière le banc.

L’enseignement ne sera jamais complètement délaissé. Après tout, le Canadien demeure une jeune équipe. Mais on voit que Martin St-Louis dirige maintenant davantage pour gagner.

Dorénavant, les joueurs qui ne répondent pas aux attentes, qui font preuve d’indiscipline ou qui ne se plient pas aux directives réchauffent le banc. Arber Xhekaj, Kirby Dach, Juraj Slafkovsky, Jayden Struble y ont goûté à un certain moment. On peut même ajouter le nom de Cayden Primeau, qui a tenu compagnie à Renaud Lavoie et Marc Denis pendant 10 matchs de suite sur le tabouret du gardien auxiliaire.

Sur la patinoire aussi, l’attitude a changé. Le Tricolore affiche une combativité qu’on ne lui connaissait pas. Ça sautait aux yeux contre les Stars. 30 mises en échec. Et pas que des petits coups d’épaule, et pas parce que le Canadien a couru après la rondelle toute la soirée. On parle de mises en échec qui ont fait résonner le Centre Bell. Josh Anderson, Xhekaj, Patrik Laine, Slafkovsky ont tous envoyé des adversaires dans le décor.

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«Notre rythme nous permet d’être physiques. On est rapides, on anticipe bien le jeu. On se donne une chance d’aller finir des mises en échec, a indiqué St-Louis samedi soir, après la visite des Stars. Quand tu fais ça, tu empêches l’adversaire d’être immédiatement dans l’action.»

Des risques mieux calculés

Ça fait du bien à voir. Ça impose le respect et ça place l’adversaire sur le qui-vive. Mais il n’y a pas que ça. Le Canadien joue intelligemment. Cette fameuse maturité, propre aux formations aguerries (comme les Stars, justement), commence à poindre dans le camp montréalais.

«On prend moins de risques qu’avant. On joue de manière très mature, comme une équipe de séries, a souligné Kaiden Guhle. On a été nez à nez avec eux toute la soirée.»

La gestion du risque. C’est un mantra que cultive St-Louis depuis plusieurs semaines. Il semble que le concept ait été finalement assimilé.

«Si on repense à l’an dernier, on jouait un bon match, et tout à coup, bang! bang! l’autre équipe marquait deux ou trois buts, a analysé l’entraîneur. On essayait des choses qui n’étaient pas là, et ça nous coûtait des buts.»

Pas seulement l’an dernier, aurait-on pu lui faire remarquer. Au cours des 29 premiers matchs, huit fois le Canadien a accordé quatre buts consécutifs à l’adversaire. Depuis la dégelée contre les Penguins, jour du 29e match, ce n’est pas arrivé.

«Aujourd’hui, on est plus mesurés dans nos actions. Ça ne garantit pas la victoire, mais ça augmente les chances de succès», a fait valoir le Lavallois.

Des succès qui sont de plus en plus présents. Si ça continue comme ça, les trois prochains mois devraient être palpitants, et l’eau sera de moins en moins froide.

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