Réalité olympique axée sur le résultat: «C’est crève-cœur et comme une peine d’amour» – Mirabelle Kelly, maman de William Dandjinou
Le patineur de vitesse avait de grandes ambitions en souhaitant cinq médailles à ses premiers Jeux olympiques


François-David Rouleau
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MILAN | Tard mercredi soir, après sa troisième déception à ses premiers Jeux olympiques, William Dandjinou s’est couché en lisant un message de sa mère, peinée de ne pas le voir réaliser son rêve qu’il chérit depuis plus de 12 ans. Elle lui rappelait que, dans la vie, il n’y avait pas que les médailles d’or.
C’était une journée pluvieuse et maussade à Milan, jeudi, au lendemain de la troisième et dernière épreuve individuelle en patinage de vitesse. Malgré toute sa bonne volonté et toute sa détermination, le meneur au classement de la Coupe du monde, celui qui avait fixé de hautes attentes en visant cinq médailles d’or en Italie, a mordu la poussière.
À Milan, Dandjinou aura participé aux cinq finales disputées sur courte piste en incluant celle qui sera présentée au relais 5000 mètres, ce soir, et pour laquelle il est qualifié avec ses coéquipiers du relais.

Parmi tous les athlètes inscrits, c’est le seul qui a réussi ce tour de force. Il en est monté sur le podium une seule fois. Si le système de pointage de l’ISU était appliqué pour l’ensemble du programme, disent les gens du milieu du patinage, il occuperait présentement le deuxième rang en vertu de ses quatre performances dans le top 5, dont la médaille d’argent au relais mixte.
Haute pression
Dans un sport ultrarapide marqué par l’imprévisible et souvent le chaos sur la glace, la poisse a collé aux patins de celui qui était considéré comme la locomotive de l’équipe nationale sur courte piste destinée à fracasser le record de six médailles. L’une des têtes de proue du Comité olympique canadien dans l’aventure à Milan. L’un des visages sur les avions du transporteur canadien.
À 24 ans, la pression était énorme pour de premiers Jeux en carrière.
Mercredi soir, quand son William a traversé le fil d’arrivée en finale des 500 mètres, installée avec son jeune frère, Thomas, dans les premières rangées des gradins, Mirabelle Kelly ne pouvait pas le croire. La dure réalité olympique avait frappé.

« C’est crève-cœur. C’est dur pour lui. C’est dur pour nous », laisse tomber la maman en essuyant ses larmes au début d’une touchante entrevue exclusive avec Le Journal dans un café de Milan.
Un jour...
La maman sait plus que quiconque que son fils rêve d’être champion olympique depuis si longtemps. Un an à peine après avoir été laissé de côté par l’équipe olympique de Pékin, il lui avait lancé, dans la cuisine de la maison familiale à Granby, qu’il serait un jour champion du monde.
Le grand patineur n’aura pas mis deux ans pour tenir parole et dominer la compétition sur la planète. Avance rapide au samedi 14 février, soir de la Saint-Valentin au terme duquel il n’a pas gagné et n’est pas monté sur le podium avec sa quatrième position aux 1500 mètres. Il affirme qu’il sera un jour champion olympique.

« Il m’a dit qu’à la première déception aux 1000 mètres, c’était comme une peine d’amour, raconte Mme Kelly avec émotion. Il avait cependant une journée pour s’en remettre. Puis, il en a vécu une deuxième et une troisième dans la même semaine.
« À travers tout ça, il a continué à se présenter avec le sourire et la volonté de gagner, souligne-t-elle, fière de lui. Je trouve ça beau. Il a toujours continué à rester un bon coéquipier en montrant aussi son professionnalisme. »
Rendez-vous à Montréal
Avec une boule dans la gorge, elle repense aussi à cette visite au musée des Jeux olympiques, en Suisse, au cours de son adolescence. Il en était ressorti avec des étoiles dans les yeux, rêvant déjà à son moment quand il serait plus grand.
Ce qu’elle souhaite plus que tout, c’est que les amateurs se souviennent de la passion de son William à Milan. Qu’ils se rallient derrière ses objectifs et qu’ils aillent ensuite l’encourager avec son équipe, au retour d’Italie, lors des Championnats du monde à Montréal de la mi-mars.