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Rapatriement au Moyen‐Orient: Ottawa juge la situation trop dangereuse

Guillaume St-Pierre et Raphaël Pirro

2026-03-03T22:05:25Z
2026-03-04T01:08:35Z

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OTTAWA | Le Canada n’a pas l’intention d’organiser le rapatriement de Canadiens pris au Moyen-Orient parce que la situation demeure trop explosive pour l’instant, contrairement aux nombreux pays européens qui sont déjà à pied d’œuvre.

« La situation demeure trop dangereuse pour avoir [un] rapatriement à grande échelle », a commenté le premier ministre Mark Carney au cours d’un point de presse en Australie.

M. Carney, qui prenait des questions des journalistes pour la première fois depuis le début du conflit qui a éclaté samedi, a souligné être en contact avec les gouvernements étrangers de la région et les compagnies aériennes.

Mais, ce qui importe pour l’instant, selon lui, « est la désescalade ».

D’autres s’activent

La position canadienne tranche avec un bon nombre de ses alliés, qui ont déjà commencé le rapatriement de leurs ressortissants.

Des Espagnols ont eu droit à des retrouvailles émouvantes à Madrid, grâce à un vol de retour en provenance des Émirats arabes unis.
Des Espagnols ont eu droit à des retrouvailles émouvantes à Madrid, grâce à un vol de retour en provenance des Émirats arabes unis. REUTERS
  • Deux premiers vols sont arrivés à Paris mardi soir, a annoncé Emmanuel Macron.
  • Les États-Unis ont déjà évacué 9000 ressortissants grâce à des vols nolisés.
  • Le transporteur British Airways a mis en place un vol vers Londres jeudi à parti d’Oman.
  • L’Allemagne a rapatrié des citoyens mercredi sur un vol Lufthansa.
  • Des Italiens doivent revenir au pays grâce à des vols en partance d’Abou Dhabi et de Mascate, à Oman.
  • Quelque 300 Roumains ont été ramenés dans leur pays via l’Égypte.
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L’Espagne, les Pays-Bas, l’Irlande, la Tchéquie et l’Inde sont parmi les autres pays à avoir été en mesure d’organiser des vols au Moyen-Orient afin d’aider leurs ressortissants.

Des ressortissants de l’Inde ont pu retrouver leurs proches à l’aéroport d’Ahmedabad, après avoir été pris en Arabie Saoudite.
Des ressortissants de l’Inde ont pu retrouver leurs proches à l’aéroport d’Ahmedabad, après avoir été pris en Arabie Saoudite. AFP
Milliers d’annulations

Pour l’instant, le gouvernement canadien invite ses ressortissants à demeurer vigilants et à ne pas compter sur lui pour les « aider à quitter le pays ou à évacuer ».

Quelque 100 000 Canadiens sont inscrits sur la liste des personnes étant au Moyen-Orient.

Sans aide fédérale, il pourrait être extrêmement difficile de quitter la région, puisque le transporteur Air Canada a annulé ses vols pour plusieurs destinations.

Au total, quelque 19 000 liaisons ont été annulées en quatre jours au Moyen-Orient.

Des vols commerciaux ont repris en petit nombre, mais la situation demeure très dangereuse. Le Qatar a affirmé, mardi soir, avoir déjoué des attaques iraniennes visant son aéroport, l’une des principales plateformes de correspondance de la région.

Au-delà des efforts de rapatriement inexistants de la part d’Ottawa, Le Journal a rapporté plusieurs cas de voyageurs piégés par la guerre dans cette région du globe et déçus des services consulaires canadiens reçus dans les derniers jours.

Les communications des ambassades n’ont même été offertes qu’en anglais.

« Les ressortissants qui réclament de l’aide alors que la région est la proie d’attaques militaires intenses devraient pouvoir compter sur des services consulaires prompts et dans la langue officielle de leur choix », a commenté le porte-parole du parti en matière d’affaires étrangères, Alexis Brunelle-Duceppe.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Carney défend sa position

Mark Carney a défendu l’appui rapide qu’il a donné à l’attaque-surprise contre le régime iranien par les États-Unis et Israël, même s’il émet des doutes quant à la légalité de l’opération dans le cadre du droit international.

M. Carney avait causé la surprise en appuyant sans réserve les bombardements qui ont décapité le régime islamique iranien et tué le guide suprême, Ali Khamenei.

Il a pris soin de souligner que le Canada n’avait pas été consulté et que son aide n’avait pas été sollicitée par les pays impliqués.

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