Raclée de 9 à 2 du Canadien contre les Penguins: ça faisait dur


Jonathan Bernier
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Il y a longtemps que le Canadien n’avait pas joué un aussi mauvais match défensif. Possiblement depuis la gastro collective à Washington, le soir de l’Halloween.
Une sincère volée de 9 à 2. La pire de la saison. La pire depuis le 31 décembre 2022, alors que le Canadien s’était fait rosser par le même pointage dans la capitale américaine.
Ce n’était pas une grande performance, mais, après 40 minutes de jeu, le Canadien ne tirait de l’arrière que par un but. Puis, tout s’est effondré. Certains diront que la chaîne a débarqué. Mais comment une chaîne peut-elle débarquer, alors que le cycliste a tout simplement arrêté de pédaler?
En territoire du Tricolore, les Penguins ont circulé à leur guise. Particulièrement Sidney Crosby, qui a profité de cette visite au Centre Bell pour récolter trois mentions d’assistance. Sans oublier le tour du chapeau de Bryan Rust, le sixième de sa carrière dans la LNH.

Près de Samuel Montembeault, envoyé aux douches après le sixième but des visiteurs, c’était la confusion totale. Rickard Rakell, lors de ses deux buts, Bryan Rust, sur ses deuxième et troisième, et Anthony Beauvillier ont tous marqué sans jamais être réellement importunés par un joueur habillé en rouge. Même Matt Nieto a trouvé une façon de secouer les cordages pour la première fois de la saison.
Ça faisait dur. Une chance que les Penguins ne sont plus la puissance qu’ils étaient il y a quelques années...
Lane Hutson a connu quelques ratés défensivement. Les vieux joueurs des Penguins ont tiré profit de son inexpérience. Mike Matheson, son partenaire à la ligne bleue, a très mal paru quand Rackell l’a contourné comme un pee-wee, par l’extérieur en plus, pour inscrire le premier but des Penguins.
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La fin du gros trio
En attaque, le Canadien n’a provoqué que très peu de choses. Ce qui a incité Martin St-Louis à mettre fin à l’association entre Patrik Laine, Kirby Dach et Juraj Slafkovsky dans les derniers instants de la deuxième période.
Le Slovaque est alors retourné avec ses compagnons habituels, Cole Caufield et Nick Suzuki. Et Alex Newhook a fait le chemin inverse.
Ce n’est pas surprenant que St-Louis ait procédé ainsi. Ce trio qui souhaitait apporter une présence physique et intense en fond de territoire n’a pratiquement rien fait au cours de son association de quatre matchs et deux périodes.
Selon les données colligées par le collègue Anthony Martineau, de TVA Sports, cette unité est celle qui a offert le pire rendement parmi les 19 assemblées par l’entraîneur du Canadien depuis le début de la saison.
Au cours des quatre premiers matchs, ce trio affichait un pourcentage de buts attendus de 26,4%. Il avait généré cinq occasions de marquer à haut risque tout en en concédant 14. Son indice de possession de rondelle se situait à 33%. Bref, ça ne valait pas de la chenoute.
Évidemment, on ne s’attendait pas à ce que Laine se rue sur les défenseurs adverses pour récupérer la rondelle. Surtout pas après un an d’absence. Toutefois, on était en droit de penser que Kirby Dach ou Juraj Slafkovsky s’acquitterait de cette tâche.
Il n’en fut rien. Dach, qui a parfois des allures de girouette, se fait tasser comme s’il pesait 162 livres. Et ça, c’est quand il parvient à se rendre en premier sur la rondelle. Souvent, il préfère laisser le défenseur adverse se compromettre en premier. Avec pour résultat que celui-ci n’a aucune difficulté à sortir du coin de la patinoire.
Quant à Slafkovsky, on le croirait parfois en stage d’observation.
Des prédateurs dans la place
Cela dit, cet effondrement en troisième période n’a rien à voir avec l’inaction des trois gros bonshommes. Du moins, pas entièrement.
En venant en relève à Montembeault après le sixième but, Cayden Primeau a été jeté dans la gueule d’un prédateur à qui il ne restait qu’à achever sa proie.
Des prédateurs, il y en avait également dans les hauteurs du Centre Bell. Ils n’ont pas manqué de narguer Primeau en scandant son nom chaque fois que les visiteurs s’approchaient de son filet.
Le pauvre, également laissé à lui-même, a cédé deux fois sur les quatre premiers lancers qu’il a reçus. Trois fois sur sept.
Rien pour rebâtir une confiance.