«Racisme vulgaire»: une murale représentant une médaillée olympique noire vandalisée en Italie

Gabriel Ouimet
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Une murale célébrant un membre noir de l’équipe féminine italienne de volley-ball, médaillée d’or à Paris, a été vandalisée quelques heures après son inauguration. Un événement qui relance le débat sur le racisme en Italie.
La victoire des Italiennes contre les Américaines, dimanche, lors du dernier jour de compétition olympique, a été saluée comme l’un des exploits les plus éclatants de la délégation italienne à Paris.
Considérée comme l’une des puissances mondiales du sport, l’équipe féminine italienne de volley-ball n’était jamais parvenue à gagner l’or auparavant.
Après la victoire, le politicien Roberto Vannacci a félicité la joueuse Paola Egonu, avant d’affirmer que ses traits physiques «ne représentent pas la majorité des Italiens».

L’artiste de rue Laika a voulu célébrer le titre de l’Italie tout en défendant l’athlète d’origine africaine. Elle a donc consacré une murale urbaine à la joueuse vedette.
L’œuvre a été réalisée sur un mur proche du siège social du Comité olympique italien, à Rome.
La création représentait Paola Egonu sautant pour frapper un ballon sur lequel on pouvait lire les mots «stop racism».
Dans les heures qui ont suivi le dévoilement de la fresque, le 12 août, le corps de l’olympienne a toutefois été repeint en rose. Le message contre le racisme a également été effacé.
Deturpato a Roma, davanti la sede del CONI, il murale con Paola Egonu contro odio e razzismo realizzato dello street artist Laika. pic.twitter.com/8hA0q5NANJ
— Trash Italiano (@trash_italiano) August 13, 2024
La cible de l’extrême droite
Plusieurs observateurs ont souligné l’aspect symbolique de ce geste xénophobe.
Paola Egonu est en effet reconnue pour ses exploits sportifs, mais aussi pour ce qu’elle représente à l’extérieur du terrain.
L’athlète de 25 ans est l’enfant d’immigrants nigériens. Bien qu’elle soit née en Italie, elle a souvent été la cible d’attaques racistes orchestrées par l’extrême droite.
La dégradation de la murale a été vivement condamnée par la classe politique italienne sur les réseaux sociaux, mais elle a relancé le débat sur le racisme dans le pays.
Au lendemain de l’incident, des médias locaux ont indiqué qu’une citoyenne avait repeint le corps de l’athlète en noir.
L’artiste Laika a salué l’initiative et a proposé de refaire l’œuvre sur un mur entier.
Paola Egonu n’a pas réagi à la controverse.
− Avec les informations du Courrier international, La Repubblica, et du Guardian