Quoi qu’il arrive... un gros merci au CH!


Réjean Tremblay
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Donc, au mieux, ce sera Canadien en sept ! En battant les Maple Leafs de Toronto et les Jets de Winnipeg, le Canadien en a gagné sept collées. C’est donc jouable.
Sauf que même les Golden Knights de Las Vegas n’étaient pas le Lightning de Tampa Bay. Tampa, c’est autre chose. Il y a cinq ans, les Knights venaient au monde, il y a cinq ans, le Lightning se battait déjà pour apprendre à gagner une deuxième coupe Stanley après celle de 2004.
Mais vous savez quoi ? Même si le CH perdait demain en quatre matchs contre les champions en titre, il aurait déjà accompli une grande mission. Celle de redonner le goût de rire, de partager des histoires et de triper sur autre chose que les derniers cancans sur la COVID. Vendredi soir, il y avait des rassemblements de Québécois enfin joyeux aux quatre coins du Québec, du port de Chicoutimi jusqu’à Montréal en passant par le Centre Vidéotron.
Juste pour ça et quoi qu’il arrive, le Canadien mérite un gros merci.
DE PÈRE EN FILS
Il y a eu un passage de flambeau dans ce début d’été fabuleux. Regardez la photo. À gauche, c’est Nicolas Roy, 26 ans, et à droite, son père Patrick. Eh oui ! Patrick Roy comme dans Patrick Roy. Sauf que lui n’est pas un légendaire gardien de but, il est président des Films Séville.
C’est une belle histoire. Vendredi soir, M. Roy a pu obtenir deux billets pour le match. Il en a fait des efforts pour y arriver. Il a sorti sa carte de crédit pour payer la facture à quatre chiffres... sans le 1 pour ses billets. Mais il tenait absolument à passer cette soirée avec Nicolas : « Mon fils a 26 ans. Il est né après la dernière conquête de la coupe Stanley. Je tiens à ce qu’il vive l’expérience d’une finale. On ne sait jamais quand ça va repasser à Montréal », expliquait-il avant le match.
En plus, le grand-père de Nicolas, Robert Roy, était le grand patron de Radio-Canada dans les années 80.
Le soir où le Canadien a gagné la coupe Stanley avec Patrick Roy devant le but à Calgary, Robert Roy était là. Et quand on est retourné à l’aéroport, il se tenait discrètement sur le grand trottoir menant à l’embarquement. Tous les joueurs avaient défilé devant lui, dont Ryan Walter qui avait joué malgré une fracture à un pied.
Il avait glissé à un journaliste qui marchait avec le groupe : « Je suis convaincu qu’on va avoir une très belle série, nous autres aussi ».
C’est là, à minuit, à Calgary, que j’ai compris que ça s’annonçait bon pour Lance et Compte.
UNE SOIRÉE FABULEUSE
Vendredi, Patrick et son fils ont vécu une soirée fabuleuse : « C’aurait été encore bien mieux si on avait gagné, mais c’était quand même extraordinaire. On aurait dit qu’il y avait beaucoup plus que 3500 spectateurs. On nageait dans une ambiance extraordinaire. Les deux étages de loges avaient l’air remplis. On en parlait, Nicolas et moi, le Canadien a fait beaucoup de bien à tout le Québec. On a vécu tout ce qui se passait. On a vibré. C’était enfin du positif. Le sport sert d’exutoire, ça permet aux gens de respirer, de sortir. Je suis très heureux d’avoir vécu ce moment avec mon fils », de raconter hier monsieur le président.
Qui était très occupé hier à déménager sa fille de 20 ans qui s’installe en appartement. Comme il dit, le flambeau...
Ces paroles, on peut les reprendre pour Donato, pour Filippo, pour Zach, pour tous ces matchs regardés avec des amis ou des parents. Quand 2,5 millions de Québécois sont regroupés devant un téléviseur, il y a une communication qui est l’antidote rêvé à la distanciation sociale et à la rupture des liens entre proches causées par les confinements et les règles de l’urgence sanitaire.
Pour ça aussi, un gros merci. Et le Canadien mériterait de gagner les quatre prochains matchs juste pour voir comment les technocrates de la Santé publique pataugeraient dans leurs mensonges avec la parade...
LES MENSONGES
Un mot sur le cafouillage des 10 500 fans au Centre Bell. Quand le docteur Arruda a répondu en bafouillant à Richard Latendresse qu’on avait refusé aux fans de se rendre applaudir leur équipe au Centre Bell « pour une question d’équité », il a confirmé ce qu’on croyait déjà.
Le refus n’avait rien à voir avec la science, refuge des politiciens, mais avec la philosophie. Le concept même d’équité est philosophique, social et politique. Et en disant non au Canadien, les bureaucrates se donnaient le beau jeu pour envoyer valser les organisations moins prestigieuses.
Or, non seulement le CH offrait le port du masque, la distanciation physique, les mesures de sécurité et le traçage des personnes par leur billet électronique, mais on garantissait que l’accès serait réservé aux partisans doublement vaccinés depuis au moins sept jours.
On avait prévu de nombreux points de vérification où dans les heures précédant le match on aurait vérifié les documents et installé un bracelet au poignet de l’heureux élu.
Personnellement, j’ai des problèmes avec le principe même des deux classes de citoyens, les vaccinés et les autres, mais je rapporte la position du Groupe CH.
Soit dit en passant, le principe des deux classes de Québécois est un débat politique et éthique. Rien à voir avec la science. C’est un débat qui reste à faire.
Voilà, je souhaite que le CH gagne en sept parties. Je souhaite un match no 6 complètement débile partout au Québec et je souhaite une parade démente de joie et de plaisir. Je veux qu’on distribue 500 000 contraventions rue Sainte-Catherine...
Pis, si c’est pas le cas, si ça finit avant la parade, gros merci pareil !!!