Tous les résultats
Publicité

Qui sera la prochaine cible de Trump?

Le président déchu du Venezuela, Nicolas Maduro, a comparu lundi devant un tribunal de New York

Le président vénézuélien Nicolas Maduro à son arrivée à Manhattan, lundi, où il comparaissait devant un tribunal fédéral.
Le président vénézuélien Nicolas Maduro à son arrivée à Manhattan, lundi, où il comparaissait devant un tribunal fédéral. REUTERS

Agence France Presse et Journal de Montréal

2026-01-06T05:00:00Z

Partager

Après avoir vu la comparution hypermédiatisée du président vénézuélien déchu Nicolas Maduro, où il s’est dépeint comme un « prisonnier de guerre », les dirigeants des autres pays ciblés par les visées expansionnistes de Donald Trump retiennent leur souffle.

« Je suis innocent », a lancé, en espagnol, Nicolas Maduro lors de son arrivée dans la salle d’audience bondée d’un tribunal new-yorkais, hier.

L’ancien leader vénézuélien de 63 ans était vêtu d’une chemise sombre par-dessus une tenue de prison orange pour sa comparution.

Il a plaidé non coupable aux quatre chefs d’accusation liés au trafic de drogue. Son épouse, Cilia Flores, a fait de même.

« Je suis le président de la République du Venezuela et je suis ici kidnappé depuis samedi », s’est exclamé Maduro.

Le juge l’a vite interrompu, soulignant qu’il « y aura un moment et un lieu pour aborder tout cela ».

Celui qui a dirigé le Venezuela d’une main de fer pendant plus d’une décennie a suivi l’audience grâce à une traduction simultanée.

« Je suis un prisonnier de guerre », a clamé Maduro à la toute fin.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Publicité

Vues opposées

Aux abords du tribunal, ses partisans et ses opposants se faisaient face.

D’un côté, Angel Montero tenait « à remercier Donald Trump » pour l’opération militaire ayant conduit à la capture de Maduro.

De l’autre, un groupe brandissait des drapeaux vénézuéliens et des pancartes proclamant « USA, ne touchez pas au Venezuela ».

Lors de l’ouverture d’une nouvelle session de l’Assemblée nationale à Caracas hier, de nombreux députés ont scandé « Allez Nico », en soutien au président incarcéré.

La nouvelle dirigeante par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, veut coopérer avec Washington dans le cadre de relations « équilibrées et respectueuses ».

« Si elle ne fait pas ce qu’il faut », elle subira un sort pire que celui réservé à Maduro, l’avait mise en garde Donald Trump.

Quel sort ?

Le président américain n’a pas caché que d’autres pays étaient dans sa ligne de mire, laissant le monde se demander : à qui le tour ?

« Cuba est prêt à tomber », a notamment déclaré Trump, estimant qu’il serait difficile pour ce pays de « tenir le coup » sans les revenus issus du pétrole vénézuélien.

Il a également visé ces derniers temps la Colombie et le Mexique en raison des cartels de drogue qui opéreraient sur leurs territoires.

Publicité

En entrevue à l’AFP, Asli Aydintasbas, chercheuse au Brookings Institution, a toutefois souligné que « la cible la plus probable de son administration sera le Groenland ».

« Si les États-Unis choisissent d’attaquer un autre pays de l’OTAN, alors c’est la fin de tout, y compris de la sécurité mise en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale », a déclaré la première ministre danoise, Mette Frederiksen.

L’ancien premier ministre québécois Jean Charest estime même que « les Canadiens devraient s’inquiéter du fait que, pour le président Trump, la force constitue désormais une raison suffisante pour imposer sa volonté aux autres pays ».

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Le Mexique réplique

L’Amérique « n’appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance », a déclaré hier la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum.

Ses propos interviennent après que Donald Trump eut justifié la capture de son homologue vénézuélien Nicolas Maduro par une remise au goût du jour de la doctrine Monroe, considérant que l’Amérique latine est la chasse gardée des États-Unis.

Selon le président Trump, « la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », menaçant au passage Cuba, la Colombie et le Mexique.

Publicité

« Le Mexique soutient fermement que l’Amérique n’appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance, a répliqué Claudia Sheinbaum. Le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le forment. »

À la mode

Nicolas Maduro est devenu une icône de mode depuis que l’ensemble qu’il portait durant son transport vers les États-Unis est devenu viral. C’est une photo publiée par Donald Trump sur ses réseaux sociaux où l’on voit le président vénézuélien à bord d’un navire américain qui a rendu hyper populaire ce deux-pièces Nike.

Photo tirée du compte Truth Social de Donald Trump
Photo tirée du compte Truth Social de Donald Trump

La veste et le pantalon gris, qui se détaillent 300 $, sont même en rupture de stock dans plusieurs grandeurs sur le site américain du fabricant.

L’ensemble a été surnommé « The Maduro Grey » (Le Gris Maduro) sur les réseaux sociaux : certains l’ont adopté par sarcasme, alors que d’autres en ont fait un symbole de protestation contre l’ingérence américaine.

« Reprendre les armes »

Le président colombien, Gustavo Petro, a dit hier qu’il pourrait « reprendre les armes », en réponse aux menaces de Donald Trump.

Le politicien de gauche avait pourtant « juré de ne plus toucher à une arme depuis l’accord de paix de 1989 ».

« Tout commandant de la force publique qui préfère le drapeau des États-Unis à celui de Colombie doit immédiatement se retirer », a ajouté l’ancien guérillero sur X.

Publicité

Le président colombien critique vivement l’action militaire du gouvernement Trump dans la région et l’accuse d’avoir enlevé Nicolas Maduro « sans base légale ».

Dimanche, Trump avait qualifié Petro d’« homme malade » qui « aime prendre de la cocaïne ».

Les deux pays sont des alliés militaires et économiques clés dans la région, mais leurs relations sont aujourd’hui au plus bas.

« Entre de bonnes mains »

Delcy Rodriguez est devenue présidente par intérim du Venezuela après avoir prêté serment devant l’Assemblée nationale... et devant le fils de son prédécesseur, Nicolas Maduro.

La nouvelle présidente du Venezuela par interim Delcy Rodriguez, à gauche, prête serment devant le fils de son prédecesseur, Nicolas Maduro Guerra et le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez.
La nouvelle présidente du Venezuela par interim Delcy Rodriguez, à gauche, prête serment devant le fils de son prédecesseur, Nicolas Maduro Guerra et le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez. AFP

« La patrie est entre de bonnes mains, papa ! » a dit Nicolas Maduro Guerra, trémolo dans la voix. Le député réélu, surnommé « Petit Nicolas », a été le premier à féliciter Mme Rodriguez.

« Le Venezuela ne demande ni privilèges ni concessions, il exige le respect, a clamé Maduro Guerra. Nous voulons des relations internationales avec tous, fondées sur l’égalité. »

Des tirs ont été entendus en soirée autour du palais présidentiel. Selon une source officielle, ceux-ci provenaient des équipes de sécurité après des vols de drones.

Publicité
Publicité