Qui a encore des doutes sur Samuel Montembeault?

Jonathan Bernier
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Quelle est la pire avance au hockey? Une avance de deux buts? Une avance de trois buts? On ne le sait plus trop. Martin St-Louis dirait sûrement qu’il n’y a pas une avance de certaine dans la LNH d’aujourd’hui. On n’aurait pas le choix de lui donner raison. Surtout voyant son équipe peiner à garder les siennes.
Comme il l’avait fait à Dallas, en début de semaine, le Tricolore s’est donné une priorité de trois buts face aux Rangers, les visiteurs de samedi soir au Centre Bell. Encore une fois, ça lui a pris tout son petit change pour l’emporter. La beauté de la chose, c’est que les troupiers de St-Louis pourront de nouveau ajouter cette difficile victoire à leur bagage d’expérience.
Car se forger une avance de 3 à 0 contre la meilleure formation de l’Association de l’Est n’est pas une mince affaire. Peu importe le résultat final, c’est toujours bon pour la confiance de savoir qu’on peut tenir tête aux grosses équipes.
« J’aurais aimé qu’on garde l’écart, mais ce n’est pas facile contre ces équipes-là, a fait valoir l’entraîneur du Canadien. Mais j’ai aimé notre poussée après qu’ils aient créé l’égalité. »
Maintenant, il est indispensable d’apprendre à converser ces avances. Mais également, d’avoir « l’instinct du tueur » suffisamment développé pour clouer le cercueil de l’adversaire.
Comme cette occasion en or ratée par Cole Caufield, seul dans l’enclave, quelques secondes avant qu’Adam Fox ne crée l’égalité. Ou ce poteau frappé par un tir de Jake Evans tout juste avant que Kaiden Guhle écope d’une punition qui aurait pu être coûteuse.
L’Instinct de survie
En tout cas, une chose est certaine. Samuel Montembeault, lui, est habité de l’instinct de survie. Il a fait face à 48 tirs, sa soirée la plus occupée de la saison. Et il a eu à s’illustrer jusqu’à la toute dernière seconde de la prolongation quand Jacob Trouba a tenté de lui trouer le corps à l’aide d’un boulet de canon tout près du masque.
Et que dire de l’arrêt qu’il a réservé à Mika Zibanejad lors de la séance de tirs de barrage. Le Suédois était parvenu à le battre avec la feinte à une main popularisée, à une autre époque, par son compatriote Peter Forsberg. Battu, Montembeault a étiré le bâton au dernier instant pour empêcher la rondelle de traverser la ligne rouge.
L’instinct de survie, qu’on vous dit!
Maintenant, si certains doutent encore que Montembeault n’est pas le gardien numéro un du Canadien, on a un problème. Surtout si ceux-ci se promènent match après match derrière le banc de l’équipe ou occupent la loge du Tricolore. Car la formation montréalaise lui doit assurément ses deux dernières victoires.
« Il joue comme un numéro un », s’est contenté de dire St-Louis, après le match.
Pour leur part, ses coéquipiers n’ont pas hésité à lui démontrer leur admiration après son arrêt sur Alexis Lafrenière, troisième et dernier joueur des Rangers à s’élancer vers lui lors des tirs de barrage.
«Monty s’est dressé devant eux [les Rangers]. Il a fait des arrêts spectaculaires. Il était très excité par sa performance, a déclaré Brendan Gallagher, auteur de son premier but en 25 matchs, une fois de retour au vestiaire. D’ailleurs, j’espère qu’il est fier de lui, car il joue de façon fantastique. »
Du diamant au trapèze
Dans un autre ordre d’idées, l’unité d’infériorité numérique, qui connaît sa part de ratées depuis le début de la saison, a été parfaite en trois occasions face à la deuxième attaque massive la plus productive du circuit Bettman.
On a pu voir que les stratèges de l’équipe avaient apporté une légère, mais importante, modification dans la façon de défendre l’enclave. Chaque fois que les Rangers faisaient avancer un peu plus profondément la rondelle, le joueur du Canadien se trouvant du côté opposé s’approchait un peu plus de Samuel Montembeault, de façon à couvrir son côté aveugle et à rendre plus difficile la passe transversale.
Du diamant, on est passé au trapèze. C’est moins glamour, mais ça marche.