Voici pourquoi 2026 s’annonce difficile pour le portefeuille des familles québécoises
Georges Pothier
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Après une année 2025 marquée par des difficultés financières, les Québécois devraient encore voir leurs budgets mis à rude épreuve en 2026.
Selon un rapport de la TD, 56% d’entre eux prévoient réduire leurs dépenses cette année, comparativement à 44% en 2025. Malgré ce resserrement, l’achat local demeure une préoccupation.
En début d’année, les gouvernements ajustent différentes taxes, tarifs et crédit d’impôt. Comment ces changements se refléteront-ils dans nos portefeuilles?
Des renouvellements hypothécaires étouffants
Depuis le 1er janvier, Québec et Ottawa ont indexé de 2% leurs paliers d’imposition pour les particuliers. Cela signifie qu’au fédéral, le revenu annuel à partir duquel on commencera à payer de l’impôt est passé à 16 452$. Au Québec, l’exemption personnelle de base est désormais de 18 952$.
Quant aux allocations familiales, le montant annuel maximal par enfant a grimpé de 62$, pour un total de 3068$. Les frais de garde sont passés de 9,35$ par jour à 9,65$. Finalement, les taux de cotisation au Régime québécois d’assurance parentale ont diminué de 13%.
Il s’agit aussi d’une grosse année pour les renouvellements hypothécaires: jusqu’à 60% des contrats signés entre 2020 et 2022 sont à renouveler. Ils avaient été paraphés à taux très bas (1,5%) et seront renégociés entre 4 et 5%, selon le terme choisi. Selon le solde à rembourser, il faut prévoir un remboursement mensuel plus élevé de quelques centaines de dollars. Si votre contrat le permet, vous pouvez allonger l’amortissement à 30 ans pour diminuer ce choc, une solution toutefois temporaire, puisqu’elle réduit le capital remboursé chaque mois.
Par ailleurs, le prix des maisons unifamiliales a bondi de 17% en 2025, un sommet en plus de 20 ans. Royal LePage prévoit un ralentissement de cette croissance en 2026, anticipant une hausse de 7 à 8% pour les maisons unifamiliales et de 3% pour les condos.
Pas de répit pour les familles
Les familles devront aussi se serrer la ceinture en raison de la hausse de 1000$ du panier d’épicerie pour une famille moyenne de quatre personnes en 2026, soit 4 à 6% de plus. Les tarifs d’électricité augmenteront aussi, le 1er avril. Hydro-Québec vise une hausse de 3% par année pendant trois ans.
Les taxes municipales monteront aussi de 3 à 4% partout au Québec cette année.
Selon la Banque de développement du Canada et la plupart des économistes des banques privées, nous éviterons une récession, la croissance ne dépassera pas 1,5%. En moyenne, les salaires augmenteront de 3%.
Le taux directeur devrait rester à 2,25% selon la plupart des économistes, mais certains d’entre eux voient la Banque du Canada le monter légèrement à la fin de l’année.
Les défis de 2026
On peut s’attendre à ce que le contexte d’incertitude autour de l’économie canadienne se poursuive en 2026 dû aux tarifs de Donald Trump, mais aussi à cause de la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, prévue en juillet.
Cela pourrait avoir un impact négatif sur nos exportations et peut-être ainsi freiner les investissements des entreprises.
La consommation des ménages, soutenue par les taux d’intérêt à la baisse depuis un an, sera, encore une fois, le pilier de la croissance économique au pays en 2026. Elle représente environ 60% du PIB.
On peut se réjouir du marché de l’emploi, qui est relativement solide. Former la relève au Québec pourrait être un grand défi, néanmoins: le taux de chômage (15%) chez les 18 à 25 ans n’a jamais été aussi élevé depuis 2010.