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Quelques marques émergentes ramènent une diversité des corps à la Semaine de la mode de Londres

Juliette de Lamberterie

2026-02-25T12:00:00Z

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Alors que les corps des mannequins de défilés sont de nouveau de plus en plus minces, ce qui est lié à la popularisation massive des traitements amaigrissants comme l’Ozempic, certaines designers choisissent d’aller à contre-courant de ce mouvement.

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Karoline Vitto F26, Launchmetrics
Karoline Vitto F26, Launchmetrics

Comme on l’avait abordé dans un retour sur le récent défilé Prada automne-hiver 2026 pour hommes, les silhouettes s’affinent fortement chez bien des collections de designers. Il y a quelques mois, un rapport de Vogue Business qui révélait que seulement 0,9 % des looks montrés pendant la saison printemps-automne 2026 des défilés étaient portés par des mannequins de taille plus (tailles 14 US et plus), avait choqué et avait fait couler beaucoup d’encre chez les médias de mode. 

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Cette tendance a semblé perdurer à la semaine de la mode de Londres, qui se tenait du 19 au 23 février. On n’a pas encore de statistiques, mais les acteurs et actrices du milieu le confirment. Au Guardian, la directrice de casting Emma Mattel dit que la baisse en popularité des mannequins taille plus affecte toutes les mannequins. « Tout le monde est devenu plus mince cette saison. Les filles rondes se rendent compte qu’elles peuvent obtenir plus de travail si elles sont plus minces. Et les filles de taille moyenne aussi. »

Trois marques émergentes, toutes créées par des femmes, se sont toutefois distinguées de ce phénomène : Karoline Vitto, Sinead Gorey et Phoebe English. En effet, leurs trois défilés intégraient des mannequins aux silhouettes réellement variées. Chez la marque inclusive en matière de tailles Karoline Vitto, les formes déstructurées et les découpes audacieuses à l’esprit rave-chic dominaient. 

Karoline Vitto F26, Launchmetrics
Karoline Vitto F26, Launchmetrics

Vitto F26, Launchmetrics
Vitto F26, Launchmetrics

Vitto dit avoir délibérément cherché des modèles aux proportions multiples — au niveau des épaules, des hanches, du buste — ce qui devrait être normal selon elle, mais rarement observé dans les défilés. 

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Du côté de Sinead Gorey, on proposait une esthétique très anglaise et prête pour le party, nostalgique et parsemée d’éléments militaires. Ceux-ci ont la côte en ce moment, comme le démontre d’ailleurs le grand retour de la veste à brandebourgs.

Sinead Gorey F26, Launchmetrics
Sinead Gorey F26, Launchmetrics

Sinead Gorey F26, Launchmetrics
Sinead Gorey F26, Launchmetrics

Au sein de la présentation des looks tous en blanc de Phoebe English, on remarquait aussi plusieurs morphologies, mais aussi une diversité d’âges. On remarque la richesse en texture des vêtements de la collection et ses coupes imaginatives, qui mettent en valeur l’unicité de chaque mannequin. 

Phoebe English F26, crédit: Launchmetrics
Phoebe English F26, crédit: Launchmetrics

Phoebe English F26, crédit: Launchmetrics
Phoebe English F26, crédit: Launchmetrics

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Phoebe English F26, crédit: Launchmetrics
Phoebe English F26, crédit: Launchmetrics

La sélection des modèles de taille plus, ou qui se démarquent de la norme d’une autre façon, se fait souvent de manière différente que les autres mannequins. Phoebe English, par exemple, a inclus sa propre mère dans sa présentation, ainsi que l’écrivaine Aja Barber. 

Pour le défilé de Karoline Vitto, dont la créatrice n’avait pas beaucoup de budget, plusieurs des mannequins se sont déplacés à leurs frais à Londres, parfois du Brésil ou des États-Unis, pour soutenir la marque. 

Certaines autres marques qui emploient des mannequins de taille plus tendent aussi à utiliser la méthode du street casting, qui coûte d’ailleurs moins cher que de passer par des agences. 

C’est donc un portrait peu reluisant, mais peu surprenant, des disparités de rémunération selon la taille chez les mannequins qui est peint.

Le fait que ces trois marques soient pilotées par des femmes n’est pas anodin, relève-t-on dans le texte du Guardian. « Nous connaissons notre corps. Nous sommes familières avec les pressions que nous subissons tout au long de notre vie », dit la créatrice Karoline Vitto. Alors qu’au haut de la pyramide, les grands créateurs s’alignent aux standards de beauté les plus stricts, continuant ainsi à réaffirmer la minceur comme esthétique du luxe, certaines petites marques comme la sienne restent proches de leurs valeurs centrales, incarnant donc malgré elles une forme de contre-culture.

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