Tous les résultats
Publicité

Québécoise en voyage au Liban: «Je capote, mais je dois rester par amour de ma mère et du pays»

Elle a même entendu la bombe qui a tué le chef militaire du Hezbollah

Photo portrait de Francis Pilon

Francis Pilon

2024-08-02T04:05:00Z

Partager

Une Québécoise partie s’occuper de sa mère vieillissante au Liban refuse de la laisser seule dans ce contexte précaire et dangereux, même si le gouvernement exhorte tous les Canadiens sur le territoire libanais à rentrer rapidement à la maison depuis la mort du chef militaire du Hezbollah.

• À lire aussi: Funérailles en Iran du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, tué dans une frappe imputée à Israël

• À lire aussi: «Rentrez chez vous»: la ministre Joly émet un avertissement aux Canadiens au Liban

«Je me demande souvent: est-ce qu’une bombe va tomber sur moi et est-ce que je vais vivre aujourd’hui? [...] Mais ici, les gens sont habitués et c’est comme ça depuis longtemps. Ils continuent à vivre, même si ça peut paraître étrange», relate au Journal Christiane Fayad, depuis le Liban.

Mme Fayard affirme qu'elle ne veut pas abandonner sa mère au Liban pour revenir immédiatement au Québec.
Mme Fayard affirme qu'elle ne veut pas abandonner sa mère au Liban pour revenir immédiatement au Québec. Christiane Fayad

Cette résidente de Bromont, âgée de 61 ans, habite dans la Belle Province depuis plus de cinq décennies. Une partie de sa famille, dont sa mère et ses cousins, vit toujours à Baabda près de Beyrouth. Deux fois par an, Mme Fayad prend l’avion pour donner un coup de main à sa mère de 86 ans qui se déplace en fauteuil roulant.

Publicité
  • Écoutez l'entrevue avec Ferry de Kerckhove, ancien ambassadeur du Canada, au micro de Francis Gosselin, via QUB :

«Tout le monde me dit: t’es folle, rentre, confie la Québécoise. Ma fille à moi, qui est au Québec, m’a dit aussi de quitter le Liban... Mais je lui ai expliqué que je dois encore rester à Baabda, sinon j’ai l’impression de trahir sa grand-mère qui a besoin de moi. Je ne peux pas l’abandonner. Je me sentirais lâche.»

«Ç’a fait boom!»

Christiane Fayad a atterri au Liban le 2 juillet dernier. Son voyage s’est déroulé sans aucun stress jusqu’à mardi soir.

Chistiane et sa fille, Cindy, en voyage cet été au Liban. Cette dernière est revenue au Québec tout juste avant la mort d’un chef du Hezbollah cette semaine.
Chistiane et sa fille, Cindy, en voyage cet été au Liban. Cette dernière est revenue au Québec tout juste avant la mort d’un chef du Hezbollah cette semaine. Christiane Fayad

Publicité

«J’étais sur mon balcon et ç’a fait un gros boom! Là, j’étais en état de panique, parce que j’avais peur d’être prise ici et de ne pas pouvoir partir comme prévu le 12 août pour revenir au Canada», relate la Bromontoise.

En allumant sa télévision, elle a compris que l’explosion près de Beyrouth était celle ayant tué le responsable militaire de la formation libanaise Fouad Chokr. Le Hezbollah libanais a ensuite promis une «riposte inéluctable» contre Israël, qui serait derrière cette frappe.

Chistiane en compagnie de sa mère, Lucienne. Les deux femmes habitent en ce moment tout près de Beyrouth.
Chistiane en compagnie de sa mère, Lucienne. Les deux femmes habitent en ce moment tout près de Beyrouth. Christiane Fayad

«Je suis au Québec depuis 50 ans et je n’ai aucun parti pris dans ce conflit. Je trouve ça dommage pour l’économie du Liban qui perd plein de touristes durant l’été. Les gens autour de moi ont une force incroyable. J’ai même une amie qui est passée tout près deux minutes avant l’explosion», mentionne Mme Fayad.

Confiante pour la suite

La Québécoise se dit tout de même confiante pour la suite de son voyage et assure ne pas emprunter certains quartiers libanais pouvant être la cible de frappes.

Photo prise par Christiane Fayad, alors qu'elle atterrissait au Liban le mois dernier.
Photo prise par Christiane Fayad, alors qu'elle atterrissait au Liban le mois dernier. Christiane Fayad

«Je circule surtout dans les quartiers chrétiens et j’en évite d’autres. C’est étrange. Un peu comme si vous habitiez à Bromont et qu’on vous déconseillait de circuler en bus jusqu’à Granby. On s’assure d'avoir de l’eau et de l’électricité aussi. Je capote, mais je dois rester par amour de ma mère et du pays», laisse tomber Christiane Fayad.

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Publicité
Publicité