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Québécoise de retour du Liban: elle évite les bombes en allant à l’aéroport

Nadia Naffi raconte son décollage angoissant de Beyrouth, où l’aéroport fonctionne toujours même s’il est à proximité des frappes

Photo portrait de Olivier Faucher

Olivier Faucher

2026-03-17T19:30:00Z

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Une Québécoise est parvenue de peine et de misère à évacuer le Liban et à rentrer au pays en décollant non sans angoisse d’un aéroport qui se trouve tout près des zones bombardées sans relâche par Israël.

« Mes parents m’ont suppliée de partir. Ma famille [au Québec] voulait que je revienne », résume Nadia Naffi, revenue saine et sauve à Montréal samedi dernier.

La professeure à l’Université Laval s’était confiée au Journal la semaine dernière, coincée à Beyrouth alors qu’elle était en visite chez des membres de sa famille. Terrifiée, elle s’était retrouvée à quelques kilomètres des attaques d’Israël sur la banlieue sud de la capitale libanaise.

Dans les jours qui ont suivi, les bombardements se sont intensifiés, poussant Mme Naffi à trouver une solution pour aller à l’aéroport.

« Ma présence était un stress pour mes parents. J’étais prise entre les deux. Est-ce que je vais revoir mes parents [si je quitte le Liban] ? Est-ce que je laisse mes trois enfants anxieux [à Montréal] qui se demandent s’ils vont revoir leur maman ? » rapporte-t-elle.

Nadia Naffi se prend en photo alors qu'elle commence son trajet angoissant vers l'aéroport de Beyrouth au Liban le 14 mars 2026 pour rentrer au Québec.
Nadia Naffi se prend en photo alors qu'elle commence son trajet angoissant vers l'aéroport de Beyrouth au Liban le 14 mars 2026 pour rentrer au Québec. PHOTO FOURNIE PAR NADIA NAFFI
Chemin sinueux

Son père a insisté pour la reconduire vers l’aéroport. Ils ont dû prendre un long détour à 4 heures du matin en passant par d’autres quartiers pour éviter la banlieue sud, qu’ils auraient normalement traversée.

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Leur trajet a duré 40 minutes au lieu de 10. Il était marqué par un « silence épeurant » pour Nadia Naffi, qui notait qu’Israël n’avait pas bombardé avec la même régularité lors de cette nuit par rapport aux jours précédents.

La Montréalaise se désole qu’ils ont dû avoir le souci « inhumain » d’éviter les zones où se trouvent un million de personnes déplacées au Liban depuis le début de la guerre.

« Avec la prétention qu’il y a un membre du Hezbollah [parmi les personnes déplacées], il y a des missiles [israéliens] qui sont lancés sur elles. Il fallait s’en tenir loin pour ne pas prendre le risque d’être bombardés avec eux. C’était terrible. »

Les frappes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé libanais.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Décollage près des panaches de fumée

Les autorités libanaises ont jusqu’ici réussi à garder l’aéroport de Beyrouth, le seul du Liban, opérationnel. Cela semble relever du miracle lorsqu’on voit les images du tarmac et des avions juste derrière les panaches de fumée émanant de la banlieue sud.

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L'aéroport de Beyrouth est bien visible derrière cet immense panache de fumée dans cette photo datant du 4 mars dernier.
L'aéroport de Beyrouth est bien visible derrière cet immense panache de fumée dans cette photo datant du 4 mars dernier. Photo AFP

Selon ce que rapporte la chaîne française TF1, l’aéroport accueille seulement 25 % de son nombre de passagers habituel et s’ajuste en temps réel à la situation.

« Par exemple, si on détecte le moindre danger dans l’espace aérien, on retarde le trafic. Parfois, on réduit la vitesse d’approche. Parfois, on les met en attente jusqu’au retour à la normale », a indiqué au média Kamal Nasserddine, directeur de la navigation aérienne.

Une partie des vols continue de décoller de Beyrouth, comme sur cette photo prise le 7 mars dernier.
Une partie des vols continue de décoller de Beyrouth, comme sur cette photo prise le 7 mars dernier. Photo AFP

Au décollage de l’avion dans lequel se trouvait Nadia Naffi, la peur que l’appareil soit touché par des frappes était palpable chez tous les passagers, raconte-t-elle.

« Avant mon voyage, j’ai rappelé à mes enfants où est mon testament. On voulait vraiment sortir de l’espace aérien libanais et c’est seulement rendu à Londres [en escale] que j’ai pu respirer », conclut-elle. Elle se dit d’ailleurs satisfaite des suivis du gouvernement fédéral, qui l’a contactée pour s’assurer qu’elle était en sécurité.

– Avec l’AFP

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