Québec, une vraie ville digne de la LNH

Jean-Charles Lajoie
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C’est vraiment une semaine fascinante dans la Vieille Capitale ! Je ne parviens pas à dissimuler mon excitation totale devant cette célébration du hockey ici à Québec.
Les Kings ne sont pas venus ici en voleurs. Ils n’ont pas reculé leur autobus dans les garages du Centre Vidéotron pour en débarquer avec leurs patins dans les pieds munis de protèges lames, pour y jouer un misérable match et repartir en mangeant du poulet froid dans le même autobus, comme ça, en coup de vent, sans dire bonjour, merci et au revoir aux partisans... non !
Les Kings ont établi leurs pénates et leur campement ici à Québec. Ils logent à une grande adresse, ils mangent dans les meilleures tables de la ville. Ils circulent librement dans les rues : des vedettes de l’équipe ont été aperçues, tantôt joggant, tantôt marchant, dans le Vieux-Québec. Ils assiègent Québec comme si c’était chez eux.
Tout ça pour finalement moins de 5 millions $ ? L’équivalent de 0,04 $ dans le portefeuille d’une famille avec un revenu annuel brut de 100 000 $ ? Et les partis d’opposition en font leurs choux gras ?
Ma seule question serait alors : «Mais cou’donc, ça va si bien que ça au Québec pour que l’on puisse se permettre de brûler autant de gaz et d’énergie publiquement sur une fête qui met un sourire dans la face de tous les amateurs de hockey du grand Québec et qui imprègne des souvenirs impérissables chez des centaines de jeunes joueurs de hockey de la Vieille Capitale qui ont tantôt reçu un équipement neuf en cadeau des Kings ou tantôt joué au hockey balle ou tantôt pratiqué sur la glace du Centre Vidéotron avec les joueurs des Kings?».
La jeune sensation Quinton Byfield s’est donné au dek hockey comme s’il jouait un match régulier de la Ligue nationale. Pas rassasié, il a lancé des ballons de basketball avec les jeunes sur place après son match de dek. Byfield a le sourire dans le visage, il est heureux de baigner dans un marché naturel de hockey. Puis hier soir, il en a mis trois dedans; un bon vieux truc du chapeau qui a fait lancer leur casquette sur la glace du Centre Vidéotron à une trentaine d’amateurs.
Les partis d’opposition ont à mon sens raté totalement leur calcul politique en cassant du sucre sur le dos de cette subvention dès le jour 1. Ils ont manqué de vision et de flair élémentaire. Ils ont oublié l’essentiel comme c’est hélas souvent le cas. Ils ont oublié le vrai monde, vous et moi. Ils ont ignoré comment pour nous autres, cette fête du hockey des Kings à Québec cette semaine est fédératrice, comment elle nous fait du bien sans égard à l’espoir ou non de voir les Nordiques revenir un jour dans la Ligue nationale.
Hier soir, j’avais 20 ans. Hier soir, j’étais le même ti-cul qui partait de Granby avec des chums pour monter à Québec, pour venir voir mes Nordiques.
Hier soir, j’avais 20 ans, quand je sortais au Dagobert sur la Grande Allée après le match, fasciné que j’étais de voir Mike Ricci agir comme le parrain du groupe au milieu d’Adam Foote, Owen Nolan, Steve Duchesne et autres Gino Cavallini.
Hier soir, 30 ans plus tard, j’avais encore 20 ans : autres temps, autres mœurs, mais encore la même fébrilité...
Hier soir, j’avais 20 ans, j’étais au Centre Vidéotron, je regardais les Kings battre les méchants Big Bad Bruins. Puis hier soir, avec des chums de TVA Sports, je suis sorti à l’atelier sur la Grande Allée. Puis j’ai regardé avec admiration et réel plaisir Phillip Danault agir comme le parrain au milieu des Joel Edmundson, Alex Turcotte, Byfield et autres Tanner Jeannot. Hier soir, c’était les Kings en 2024 comme c’était les Nordiques de cette formidable aventure des années 1980 et 1990.
Et malgré ce qui se dira ou s’écrira, il y a des choses qui ne mentent pas, surtout quand on fait l’effort de voir et de sentir sur place ce qui se passe : le monde est content de cette grande fête du hockey. Puis, les professionnels millionnaires de la Ligue nationale sont vraiment heureux dans la magnifique ville de Québec, une vraie ville de hockey digne de la Ligue nationale !