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Relations internationales: Québec ouvrira un bureau à Tel Aviv

Le choix d'Israël pour accroître les échanges économiques au Moyen-Orient se fait en contexte de vives tensions politiques

Photo portrait de Valerie Lesage

Valerie Lesage

2023-08-03T09:00:00Z

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Dans un contexte de quasi soulèvement populaire, le gouvernement du Québec ouvrira à l’automne un bureau à Tel-Aviv, en Israël, dans le but notamment d’accroître les échanges économiques avec ce pays et d’autres au Moyen-Orient.

«C’est une des rares régions où nous n’étions pas présents, même si on a des échanges depuis une soixantaine d’années», a souligné Martine Biron, la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, en entrevue avec Le Journal, depuis l'Île-du-Prince-Édouard, où elle participait à une rencontre fédérale-provinciale sur la condition féminine.

Les échanges avec Israël se chiffrent à 525M$ annuellement et sont en croissance depuis les quatre dernières années, indique-t-on. Dans cette région du monde, Québec fait aussi des affaires avec la Turquie, la Palestine et la Cisjordanie, notamment. 

L’annonce de l’ouverture d’un bureau du Québec en Israël, à même l’ambassade canadienne, survient alors que, depuis 30 semaines, des manifestations imposantes se tiennent dans le pays pour protester contre un projet de réforme du système judiciaire porté par le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Perçu comme une dérive autoritaire menaçant la démocratie, le projet vise à annuler la possibilité pour le pouvoir judiciaire de se prononcer sur le «caractère raisonnable» des décisions du gouvernement. 

  •  Écoutez la chronique économique avec Sylvain Larocque, journaliste économique du Journal de Montréal et du Journal de Québec au micro d'Alexandre Moranville via QUB radio : 

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Vives tensions en Israël

«On constate qu’il y a des tensions populaires importantes. Ce ne sont pas les premières qu’il y a eu en Israël et, malgré les tensions qu’il y a eu dans le passé, ça n’a jamais empêché le Québec de faire affaire avec Israël depuis une soixantaine d’années», a affirmé Mme Biron, pour qui le choix de l’État israélien «s’imposait naturellement». 

L’endroit apparaît stratégique aux yeux du gouvernement québécois, en dépit des relations tendues d’Israël avec la Palestine et le monde arabe.

«Le Québec a toujours prôné une position d’équilibre à l’intérieur de ces enjeux-là», affirme la ministre Biron.

Ses collègues du ministère de l’Économie, de la Cybersécurité, de l’Enseignement supérieur et de la Culture souhaitaient également une antenne à Tel-Aviv. Israël s’est positionné comme un pôle important d’innovation technologique sur l’échiquier mondial, notamment en intelligence artificielle et en cybersécurité, ce qui intéresse particulièrement le gouvernement québécois.

Pôle d'innovation

«C’est l’endroit au monde où il y a le plus de startups par habitant. Nos échanges en recherche et développement et nos liens avec les universités sont là depuis longtemps, alors on va les consolider et faire plus d’affaires. L’objectif général de notre gouvernement est d’enrichir le Québec», a fait valoir Martine Biron.

En mars 2022, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie Pierre Fitzgibbon avait effectué une mission d’une semaine en Israël, avec accompagnateurs, au coût de 21 600$.

En 2017, l’ancien premier ministre Philippe Couillard s’y était aussi rendu avec une délégation imposante de gens d’affaires et d’universitaires. 

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Le bureau du Québec à Tel-Aviv sera la 35e représentation de la province à l’étranger, dans une vingtaine de pays. La ministre n’a pas encore choisi qui dirigera ce bureau, qui disposera d’un budget de 500 000$ lors de sa première année.

La valeur des ventes des entreprises québécoises accompagnées par le gouvernement du Québec à l'étranger a totalisé 1,847 milliard $ en 2022-2023, presque le double de l'objectif fixé.

La communauté juive ravie

Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) s'est réjoui de la création d'un bureau du Québec en Israël, après des années de discussions.

« Le Québec et Israël ont tous deux beaucoup à gagner par l'ouverture de cette mission. En tant que première mission du Québec au Moyen-Orient, le choix d'Israël témoigne du succès des accords d'Abraham, qui ont ouvert la voie à une nouvelle réalité commerciale et économique régionale. Nous sommes convaincus que le Bureau renforcera les liens existants et créera d'importantes possibilités de collaboration internationale en tant que ressource précieuse pour les partenariats », a réagi Eta Yudin, vice-présidente pour le Québec du CIJA.


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