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Québec obtiendra la 36e équipe de la LNH

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-10-16T22:00:00Z

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Je reviens à nouveau sur Gary Bettman et particulièrement sur le point de presse qu’il a accordé en marge de sa visite au Centre Bell lundi, lors du tout premier match de l’histoire de la Ligue nationale de hockey (LNH) diffusé en continu sur Prime. Bien entendu, le commissaire a été questionné sur le possible retour des Nordiques à Québec. 

Sans paraître agacé – ce serait trop fort –, le grand patron du hockey en Amérique a quand même roulé des yeux avant de remettre à nouveau le couvercle sur la marmite et d’encore fournir un louable effort pour éteindre même la plus petite des flammes qui pourrait demeurer allumée.

En somme, Bettman a dit que personne n’avait encore fait montre d’un désir réel d’obtenir une concession en faveur de la ville de Québec. Et que personne n’avait déposé un dossier satisfaisant aux normes du circuit en ce sens.

Autrement dit, insatisfait de tenir Québec loin des cadres de sa ligue, le commissaire rejette la responsabilité de l’absence des Nordiques sur tout promoteur local qui, oh, sacrilège, aurait omis de présenter une offre en bonne et due forme afin d’obtenir une équipe. Comme s’il fallait avaler qu’avec un dossier présenté avant Salt Lake City et répondant aux normes de la LNH, les Coyotes d’André Tourigny joueraient actuellement au Centre Vidéotron.

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En matière d’exceller à faire du faux-fuyant, Gary Bettman est un maître. Heureusement, ce n’est pas un sprint, c’est un marathon. Heureusement, il y a une limite à loger des équipes en sol américain. Et surtout, heureusement, personne n’est éternel, pas même Gary Bettman, même si j’ai tendance à le soupçonner de croire qu’il puisse l’être. Bettman a 72 ans et il règne sur le hockey en favorisant le marché de nos voisins du Sud depuis 1993. Ça lui fera quelque part entre 84 et 87 ans lors du retour des Nordiques. Je souhaite que depuis là-haut, on lui prête vie à ce moment-là, mais je souhaite tout autant qu’il sera reclus et retraité, en train de profiter de ses vieux jours.

Huit équipes canadiennes

Là, j’ai l’air d’annoncer le retour des Nordiques... et en fait, c’est pas mal ça, oui. J’ajouterais même que la question n’est pas de savoir si Québec retrouvera son équipe, mais bien quand elle le fera.

Rien ne dit que les sommes colossales que demandera Bettman en droits de diffusion à compter de 2026 trouveront un rapport équitable avec les parts de marché, les cruciales cotes d’écoute. Éventuellement, même les GAFAM risqueraient de devenir frileux devant des investissements non rentables.

Néanmoins, toujours, il faudra de l’argent frais. Toujours, il faudra nourrir la bête et justifier aux administrateurs les milliards qu’ils auront déboursés pour obtenir des concessions et construire des arénas. Un jour pas si lointain, la LNH comptera 36 équipes: 28 aux États-Unis et 8 au Canada, une proportion qui plaira à Bettman.

La huitième équipe canadienne risque fort d’être Québec, tandis que Winnipeg aura peut-être déménagé ses pénates dans le Grand Toronto. Québec aura, j’en suis convaincu, son ticket, mais ce sera le 36e et dernier d’un mouvement d’expansion de quatre nouvelles concessions qui s’étendra sur 12 ans à partir probablement de 2026, donnant aux équipes existantes trois ans entre chaque nouvelle entrée afin de refaire leurs forces et d’avoir quelques joueurs potables à mettre en disponibilité lors des repêchages d’expansion.

D’ici là, Gary Bettman tient la ligne de parti: il fait la moue et roule des yeux. Quelque part, il montre qu’il n’a rien à cirer du retour hypothétique des Nordiques.

Comprenez un peu mieux en écoutant le commissaire dire pourquoi Geoff Molson a beau jeu d’affirmer que si l’occasion se présente, il votera pour le retour des Nordiques. Le grand patron du Canadien sait très bien que tant que Bettman sera aux commandes, il n’aura jamais à exercer son fameux droit de vote favorable!

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