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Québec accusé de détruire à petit feu l’industrie du sirop d’érable

Les papetières laissées libres de saccager les forêts publiques, dit un producteur

Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2021-01-29T05:00:00Z

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Un producteur de sirop d’érable de quatrième génération accuse le gouvernement Legault de saccager ce fleuron industriel québécois en laissant le champ libre aux papetières dans nos forêts publiques.

« François Legault est un gars de la ville, un gars de Montréal, qui ne connaît rien là-dedans. Il s’en fout. Pour lui, c’est les chiffres et l’argent. L’État subventionne ce saccage-là », déplore Jonathan Blais, producteur de sirop d’érable et président des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) de l’Estrie.

À la mi-décembre, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Pierre Dufour, a annoncé qu’il voulait doubler les récoltes de bois d’ici 2080, ce qui devrait profiter aux papetières comme Domtar, Résolu et Cascades, selon Jonathan Blais, qui exploite une érablière de 25 000 entailles.

« Aplaventrisme provincial », « backstore des forestières », « second résident », « agressif envers notre patrimoine forestier »... les mots du producteur de sirop d’érable à l’endroit du gouvernement Legault ne sont pas tendres.

Patrimoine national

Même si 72 % de la production mondiale du sirop d’érable vient du Québec et que onze millions d’entailles ont été ajoutées depuis 20 ans, les acériculteurs ont soif de croissance et ont l’œil sur les terres publiques pour croître.

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Ce qui choque le producteur de l’Estrie, c’est que, dans sa région, le gouvernement a laissé à peine 100 hectares de forêts publiques, au fin fond du bois, aux producteurs de sirop sur plus de 5000 hectares, soutient-il.

« Ils vont rentrer dans le bois franc avec de nouveaux types de coupes plus agressives à haut diamètre financier. C’est du saccage carrément. C’est commencé en Outaouais, dans les Laurentides et en Estrie, on commence à en voir aussi », regrette-t-il en regardant des érables devenir de la pâte de papier.

Des champs de deux par quatre

D’après lui, les industries forestière et acéricole sont capables de travailler ensemble en gérant la forêt de façon responsable, mais elles ne le font pas.  

Pour Henri Jacob de l’Action boréale, le cas de Jonathan est classique. 

« C’est un scandale. Personne ne comprend pourquoi le gouvernement fait des champs de deux par quatre pour plaire à l’industrie plutôt que d’aider nos acériculteurs. On fait mourir la vache à lait », va-t-il jusqu’à dire.

Joint par Le Journal, le PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), Jean-François Samray, s’est montré surpris par la sortie du producteur. « Il y a des érablières sur des forêts publiques. L’un n’empêche pas l’autre. C’est une tempête dans un verre d’eau », a-t-il insisté.

« Je ne connais pas grand monde dans le secteur des pâtes et papier qui va faire du papier avec de l’érable à sucre », a-t-il lancé, piqué par la question.  

–Avec la collaboration d’Anne Caroline Desplanques et Charles Lecavalier


♦ Au Québec, plus de 85 % de la production totale du sirop d’étable est exportée. À lui seul, ce secteur génère 12 000 emplois et trois quarts de milliards sur le produit intérieur brut (PIB) canadien.

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