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Que veut Geoff Molson exactement?

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2023-11-28T23:27:23Z
2023-11-29T13:21:25Z

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Depuis quelques temps, je suis sous nette impression que la lune de miel entre Martin Saint-Louis et vous, les partisans du Canadien, arrive au bout de son nectar de très bon goût.

Les critiques sont de plus en plus nombreuses et acerbes à l’endroit de Martin et de sa gestion du Canadien.

À la question du jour, je vous demandais d’ailleurs si à votre avis, Martin Saint-Louis est jusqu’ici supérieur, égal, ou inférieur à la fiche de l’équipe. Vous aviez aussi l’option de répondre que son travail est tout simplement parfait.

L’exercice que je fais ici est complexe pour moi. Complexe parce que j’aime beaucoup Martin Saint-Louis.

Le charisme que ce gars-là a est indéniable, sa façon d’adresser les situations de l’équipe lors de ses points de presse est délectable au bas mot.

Lorsque j’ai l’occasion de m’asseoir avec Martin pour une entrevue, sa générosité l’honore autant que vous le public qui en êtes servis.

Martin respecte le processus médiatique autour de son travail. C’est la plus belle preuve qu’il vous respecte vous, le public parce qu’il sait très bien que son lien avec vous existe à travers nous des médias traditionnels. 

Une fois que j’ai établis tout ça, est-ce que je trouve que Martin fait un job extraordinaire à la barre du Canadien ? Hélas la réponse est non.

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Est-ce que Martin est prisonnier de la formule adoptée par la haute direction, formule qui veut voir le développement individuel des joueurs au détriment du développement et des résultats collectifs ?

C’est fort possible que la réponse à cette dernière question soit hélas oui. Auquel cas ça exonère Martin de tout blâme ou presque.

Ce qui ne veut pas dire que tout va bien pour autant.

L’an dernier, le mirage Connor Bedard a fait se braquer une large majorité de partisans qui hurlaient qu’il faisait bon reconstruire pour vrai et descendre dans les bas-fonds du classement le temps qu’il faut.

Les moins gênés de ceux qui beuglaient très fort il y a un an continuent de vanter les mérites du grand plan, qui commence par la cave du classement pendant 4-5 ans.

Les plus gênés ont viré leur veste de bord et demandent maintenant des résultats plus rapides. Pourquoi ? Parce que la vérité de leur acceptation du plan de reconstruction de la saison passée tenait dans le mirage Connor Bedard.

Comme il n’y a pas de Bedard cette saison, ils veulent des résultats plus rapides.

Avec raison à mon avis. Perdre, tout le temps, c’est plate. Ne pas avoir de saison gagnante ce n’est pas le fun.

Et même si ça arrive par un autre sport, la contagion de la victoire des Alouettes à la coupe Grey et des Carabins à la coupe Vanier est limpide et palpable.

Ces deux grands triomphes ont redonné la foi aux amateurs de sports, ça leur a redonné espoir d’une ville de Montréal championne.

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L’association avec le Canadien n’est pas un raccourci dans ce cas-ci, elle est louable et normale.

Les Alouettes ont sorti le Titanic du naufrage assuré et ont gagné la coupe Grey en 8 mois et avec de la bonne volonté et une excellente direction à partir d’en haut de la pyramide.

Le Canadien peut, s’il le veut, sortir des méandres et pas dans trois autres saisons de misère.

Mais est-ce que le Canadien le veut vraiment ?

Ce qui nous ramène à Martin et au plan, car le plan actuel tient Martin loin du coaching plus traditionnel, celui par lequel on tente de gagner tous les matchs qu’on dispute.

Je résumerais le tout en quelques questions simples :

Pourquoi ne pas réunir les 6 meilleurs attaquants sur les deux premiers trios et prier le p’tit Jésus pour le reste ?

Pourquoi ne pas identifier un gardien numéro un, entendre ici Montembeault et lui donner une majorité de départs ?

Pourquoi ne pas instaurer un système ou un concept défensif moins perméable et visant à stabiliser le jeu de tout le monde ?

Des petits détails qui font une énorme différence au final.

Mais justement au final, que veut le Canadien exactement ? Car tant que Geoff Molson va donner l’impression de boire le kool aid de Jeff Gorton et Kent Hughes au sujet du développement individuel au-devant des résultats collectifs, ces derniers vont pouvoir encaisser leur chèque de paye en travaillant la tête très tranquille.

Car c’est pas mal plus simple de juger du travail de quelqu’un lorsqu’on le fait avec les colonnes de résultats en termes de victoires et défaites plutôt qu’en essayant de mesurer la courbe de progression d’un espoir de l’organisation.

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