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Que serait-il advenu de Patrice Bergeron si le Canadien l'avait repêché: «Il y a eu un petit moment où je me suis posé la question.»

Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Jonathan Bernier
2026-06-23T20:30:04Z

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BOSTON | Il y a de ces histoires qu’on aimerait réécrire. Chez les partisans du Canadien, l’une de celles-là se passe au repêchage de 2003 quand le Tricolore a préféré Andrei Kostitsyn et, surtout, Cory Urquhart à Patrice Bergeron.

Certains disent que le Québécois n’aurait jamais percé la formation montréalaise à 18 ans, comme il l’a fait avec les Bruins. D’autres croient que le style de jeu endormant et échevelé du Tricolore de ces années-là, de même que l’atmosphère un peu étrange du vestiaire, n’aurait pas permis au récipiendaire de six trophée Selke d’éclore.

N’empêche, on peut se demander quel aurait été l’impact sur la vie et la carrière de Bergeron s’il avait revêtu un chandail et une casquette du bleu-blanc-rouge le 22 juin 2023.

On ne saura jamais ce qu'aurait pu accomplir Patrice Bergeron dans l'uniforme du Canadien.
On ne saura jamais ce qu'aurait pu accomplir Patrice Bergeron dans l'uniforme du Canadien. Capture d'écran TVA SPORTS, AGENCE QMI

« Je ne me suis jamais assis pour y réfléchir profondément. Mais il y a eu un petit moment où je me suis posé la question », a-t-il répondu à l’auteur de ces lignes, présent à Boston, comme le collègue de La Presse, pour son point de presse.

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« On ne sait pas trop ce que ça aurait donné. Mais, un moment donné, j’ai décidé que j’allais regarder vers l’avant. En même temps, j’ai tellement été heureux ici que je ne peux pas dire que ce fut une déception. »

De fausses rumeurs

D’ailleurs, même quand Kent Hughes, son ancien agent, s’est amené au poste de directeur général du Canadien, l’idée ne lui a jamais traversé l’esprit de venir terminer sa carrière à Montréal.

« On n’a jamais eu été cette conversation. Je pense qu’il connaissait déjà la réponse », a-t-il lancé démentant du même coup certaines rumeurs de l’époque.

« J’ai joué 20 ans pour cette organisation si on inclut la saison à Providence, a-t-il ajouté. Ç’aurait également signifié de partir sans ma famille, sans mes enfants. Ça ne m’aurait pas tenté du tout. »

Fier de ses racines

Dommage parce que Bergeron aurait été tout un ambassadeur pour le Canadien. L’homme de 40 est la classe incarnée. La façon dont il a salué les deux journalistes s’étant déplacé à Boston pour assister à son point de presse, avant d’enchaîner quelques remerciements en français, le démontre.

D’ailleurs, même s’il a passé les 13 dernières années loin de sa terre natale, à part pour y revenir durant les mois estivaux (et dans le temps des Fêtes depuis qu’il est à la retraite), le nouvel immortel des Bruins n’a pas oublié ses racines pour autant.

Fidèle partisan des Nordiques dans sa jeunesse, celui qui a grandi à L’Ancienne-Lorette raconte que sa conjointe et lui s’assurent que leurs enfants comprennent l’importance de ces racines en priorisant le français comme langue de communication dans la maison.

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« Un jour, quand ils auront 20-22 ans, ils nous remercieront d’être bilingues », a indiqué celui qui a disputé 19 saisons dans l’uniforme noir et jaune.

Ils sont quelques-uns, au fil des dernières décennies, à ne pas avoir cette présence d’esprit. 

Jamais hué au Centre Bell

Connaissant la classe de l’homme de 40 ans, ce n’est pas surprenant.

Et ça aide un peu à comprendre pourquoi, il est l’un des rares talentueux adversaires du Tricolore à ne jamais s’être fait huer au Centre Bell. Un exploit encore plus formidable considérant qu’il a passé toute sa carrière dans l’uniforme de l’ennemi juré.

« J’ai toujours été touché par le soutien des Québécois, même si je portais le maillot des Bruins », a-t-il déclaré, ajoutant que ce sentiment était mutuel.

« J’étais là pour la soirée hommage à Guy Lafleur à la suite de son décès. C’était émotif pour moi, même si je ne jouais pas pour le Canadien, parce que c’est monument du Québec que j’ai vu en grandissant. »

Désormais, même si son humilité l’empêche de le reconnaître, c’est à son tour de devenir un monument. Autant pour les jeunes partisans des Bruins que pour la nouvelle génération de joueurs de la LNH.

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