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Que penser de la méthode Kent Hughes ?

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-02-21T23:43:51Z

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Ça fait quelques fois que je vous en parle et les récentes constatations me permettent d’en rajouter ce soir. En rajouter au sujet de la gestion des opérations hockey du Canadien par Kent Hughes.

Dire que Hughes détonne de son prédécesseur Marc Bergevin est un euphémisme. Les deux hommes ne sont pas seulement différents physiquement, ils le sont physiologiquement et psychologiquement.

Leur approche de la game est aux antipodes, Marc gouvernait davantage selon la méthode « old school » et Kent se veut plus progressiste et tourné vers une méthode de demain.

Je ne dis pas ici que la vision de l’un est meilleure que celle de l’autre. Toutefois, on ne pourra pas enlever à Bergevin la présence du Canadien en finale de la Coupe Stanley en 2021, une présence que l’équipe a méritée en pleine bulle pandémique avec des victoires impressionnantes lors du parcours éliminatoire.

Il est trop tôt pour convenir que la méthode Bergevin était meilleure que celle de Hughes, ce dernier doit encore composer avec des contrats d’une lourdeur inouïe, gracieuseté de son prédécesseur.

En même temps, il n’y a pas un directeur général dans le circuit qui a eu la chance de partir d’une maison totalement nette lors du début de son mandat, sauf Georges McPhee à Vegas et Ron Francis à Seattle, qui ont pu façonner leur équipe d’expansion selon leurs critères et non pas en héritant du travail de celui qui occupait leur chaise avant eux.

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Une fois que j’ai dit ça, mon point est que je n’attendrai pas la fin des contrats de Dvorak, Armia, Allen, Anderson et Gallagher pour porter un jugement sur la qualité du travail de Kent Hughes. Les deux derniers sont sous entente avec le CH jusqu’au terme de la campagne 26-27 ce qui amène Kent Hughes à plus de 5 ans de mandat.

Et je l’espère bien, à l’aboutissement de son plan de reconstruction. Déjà après deux ans de gestion de Kent Hughes, quelques indices retiennent mon attention dans ses façons de faire. La plus étonnante étant sa gestion des gardiens de but.

Le fameux ménage à trois, acceptable en début de campagne et qui pour plusieurs dont je suis convaincu, devient embêtant rendu à la porte du mois de mars, dans le dernier tiers de la saison.

Pourtant, à l’interne, on dirait que tout baigne. À la limite les trois gardiens se montrent à peine agacés lorsque questionnés par les journalistes sur la lenteur de la direction à résorber cet imbroglio, mais pas de crise.

Pas d’écart de langage ou de déclaration fracassante, pas de fuite publique laissant filtrer une info selon laquelle un tel n’est vraiment pas content et qu’il souhaite être échangé.

Dans le cas de Sam Montembeault, le contraire aurait été étonnant. Le Canadien l’a quand même récompensé d’une nouvelle entente de 3 ans et même si personne de la direction hockey ne veut dire qu’il est le gardien numéro un de l’organisation, dans les faits Sam comme nous toutes et tous savent très bien que c’est le cas.

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Allain Roy nous disait avant hier en entrevue sur ce plateau que son client Jake Allen ne veut absolument rien savoir de quitter Montréal et qu’il avait espoir que la situation du ménage à trois allait se régler au plus tard cet été.

Les performances d’Allen devant la cage du Canadien cette saison donnent raison aux propos d’Allain Roy. Le vétéran a vu sa valeur péricliter à mesure que sa moyenne de but alloué a monté.

Mais Allen ne fait pas de vagues. Le contraire serait embêtant, Kent Hughes lui a donné un cadeau de près de 8 millions pour deux ans avant même de commencer sa dernière année de contrat l’an passé.

Et même s’il a mérité chaque dollar garanti obtenu récemment, le jeune Brandon Gignac est quand même passé d’un contrat deux volets Ligue américaine / ECHL à un contrat de deux ans deux volets Ligue nationale / LAH, avec un statut garanti de 400,000$ à Laval ce qui en fera là-bas le joueur le mieux payé du Rocket.

Quel est le rapport ici ? Gignac est un client d’Allain Roy, pas de scandale ici j’insiste, Gignac mérite absolument tout le bon qui lui arrive. Mais difficile pour moi de ne pas voir dans ces actions la méthode Kent Hughes, un ex-agent influent qui amène une approche différente avec les joueurs et leur entourage.

Reste Cayden Primeau. Difficile de croire que le kid ne dit rien juste qu’il voyage en avion plutôt qu’en autobus. Quelque chose m’échappe dans le cas de Primeau qui ne semble pas se rendre compte que son développement et son avenir dans la Ligue nationale risquent fort de s’être perdus dans une saison d’à peine 12 départs jusqu’ici.

Mais je présume que dans ce qui m’échappe il y a la marque Kent Hughes, un directeur général de son temps qui semble engagé à changer les façons de faire de sa nouvelle profession.

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