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On parle, on parle, mais que fait-on réellement pour l’environnement?

Photo Fotolia
2022-02-07T10:00:00Z
2022-02-07T14:49:58Z

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Dans toutes les tribunes, à la question « quels sont les enjeux de l’heure ? », citoyens, politiciens, médias, météorologues, entreprises récitent immanquablement : l’environnement et les changements climatiques. Pensons aux deux campagnes électorales récentes, à la décevante COP26 de 2021, et aux nombreuses et tonitruantes manifestations pro-environnement.

Mais ces questions qui font l’unanimité sont néanmoins teintées d’une hypocrisie qui rappelle celle associée aux grandes religions. Tout le monde en connaît les préceptes et les répète à l’envi. Mais de là à effectivement les mettre en application ou agir en accord avec ces derniers, il y a loin de la coupe aux lèvres. Appelons ça les environnementeries. On s’en conte et on s’en laisse conter depuis des années et des années.

En effet, s’il est crucial d’agir pour protéger l’environnement et lutter contre le réchauffement climatique, il reste que le bilan en la matière est et demeure absolument désastreux.

Quelle écoanxiété?

Les jeunes, qu’on dit particulièrement touchés par l’écoanxiété, n’ont aucune intention de renoncer à leurs cellulaires (et leurs piles au lithium) et ferment les yeux sur ces monstrueux centres de données (tout comme le reste de la population) qui en sont le corollaire. Car il n’y a absolument rien d’écologique au fameux « nuage » informatique.

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Et que dire de tout ce recyclage inutile qui s’entasse quelque part ? Un rapport dévastateur du BAPE à ce sujet vient d’ailleurs d’être dévoilé : l’ampleur de l’échec est telle qu’il faudra créer de nouveaux sites d’enfouissement ! À titre d’exemple, les foires alimentaires des centres commerciaux et leurs systèmes de tri incohérents. Qui croit encore que ce sont là des mesures utiles qui ont un réel impact ?

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Sur nos routes, la domination des VUS et des pick-up est indéniable. Il faut dire que l’industrie automobile n’a pas lésiné sur leur commercialisation : tous ces jolis animaux de la forêt ébahis devant les puissants véhicules... Et les voyages dans le Sud ou ailleurs sur la planète, sans oublier ceux pour se rendre à Glasgow, n’ont diminué qu’en raison de la pandémie.

Pitoyables aussi les cibles de réduction des GES annoncées depuis des décennies. Et jamais atteintes. Ce qui n’a pas empêché récemment différents partis politiques de se livrer à des enchères farfelues visant les cibles, autant de paroles en vert en l’air.

Une puissante trinité, loin d’être sainte, semble paralyser tous les efforts en matière de lutte environnementale : l’individualisme, le consumérisme et le marketing prétendument vert.

Imputabilité

Les menaces et prévisions apocalyptiques ne semblent en fait n’avoir aucune influence sur les comportements. Serait-ce qu’elles ont plutôt l’effet d’anesthésier la population ? « Bah, si la fin du monde est si proche, pourquoi se priver ? J’ai l’doua ! ». Scander des slogans et brandir des pancartes pro-environnement ou porter un t-shirt « Sauvons la planète » ne sert à rien, sauf à se donner une posture.

Il faut ramener un minimum d’imputabilité sur tous les plans en matière d’environnement : provincial, fédéral, municipal et citoyen. Nous ne pouvons plus nous cacher derrière des paroles creuses. Il faut exiger des mesures concrètes et les appliquer. Il faut en finir avec les environnementeries. Arrêter d’en conter et de s’en laisser conter.

Photo courtoisie
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Mélissa Anctil
Traductrice et auteure jeunesse

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