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Quatre fois où les athlètes transgenres ont suscité le débat

Certaines fédérations ont ajusté leur réglementation depuis

La transgenre Lia Thomas (à droite) fait une accolade à une autre transgenre, Iszac Hening, après l'avoir battue au 100 m, en 2022.
La transgenre Lia Thomas (à droite) fait une accolade à une autre transgenre, Iszac Hening, après l'avoir battue au 100 m, en 2022. Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-11-01T19:30:00Z

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En refusant d'affronter une boxeuse transgenre aux Gants dorés, la Québécoise Katia Bissonnette a écrit une autre page du débat entourant la participation de ces femmes à des compétitions sportives les opposant à d'autres femmes.

La boxeuse de Saguenay a déploré le manque d'informations sur son combat, qui devait avoir lieu le week-end dernier à Victoriaville, dont le taux de testostérone de son adversaire. 

«Je suis débutante, je fais ça parce que ça donne un sens à ma vie, mais je ne veux pas non plus prendre des décisions qui ont des impacts pour toutes les autres boxeuses. Ce n’était pas à moi de trancher, alors j’ai préféré m’abstenir», a raconté en entrevue au Journal, mardi, Katia Bissonnette.

La boxe n'est pas l'unique sport dans lequel le statut des femmes transgenres suscite des questionnements. Haltérophilie, arts martiaux mixtes, cyclisme, natation: voici quatre autres épisodes qui ont suscité le débat. 

Une première trans aux Jeux olympiques

Laurel Hubbard a marqué l'histoire en 2021 en devenant la première athlète transgenre à participer aux Jeux olympiques. 

Laurel Hubbard aux Jeux olympiques de Tokyo.
Laurel Hubbard aux Jeux olympiques de Tokyo. Photo AFP

L'haltérophile néo-zélandaise a pris part aux Jeux de Tokyo, mais elle n'a pu soulever aucune barre durant la compétition. Elle avait annoncé sa retraite sportive peu après, à 43 ans, expliquant devoir prendre une «quantité astronomique d’anti-inflammatoire», car elle était «toujours en compétition». 

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Hubbard avait d'abord participé à des épreuves masculines, avant d'amorcer sa transition afin de devenir une femme, dans la trentaine. 

Laurel Hubbard aux Jeux olympiques de Tokyo.
Laurel Hubbard aux Jeux olympiques de Tokyo. Photo AFP

Sa présence aux Jeux olympiques, chez les moins de 87 kg, avait fait l'objet d'un débat. 

Si certains y voyaient «une victoire pour l'inclusivité et les droits des personnes transgenres», selon l'AFP, d'autres jugeaient qu'elle «bénéficiait d'un avantage inéquitable sur ses rivales féminines en raison de capacités physiques héritées de décennies en tant qu'homme». 

De l'armée aux arts martiaux mixtes

Deux femmes trans américaines ont pratiqué les arts martiaux mixtes à un haut niveau au cours des dernières années.

  • Fallon Fox, qui avait livré deux combats dans la division féminine du UFC quand elle a révélé, en 2013, être née dans le corps d'un homme. Elle a pris sa retraite un an plus tard, avec une fiche de cinq victoires (dont une par K.-O.) et un revers.
  • Alana McLaughlin, une ancienne membre de l'armée américaine qui a battu la Française Céline Provost lors de son seul combat au sein de l'organisation Combate Global, en 2021. Elle a été incapable de se trouver une autre adversaire depuis. 

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Les deux femmes ont subi leur lot de critiques. L'une des adversaires de Fox, qui a subi une commotion cérébrale, une fracture de l'os orbital et a dû recevoir sept points de suture après leur combat, a dit «ne jamais avoir ressenti autant de force [de la part d'une adversaire] que ce soir-là».

«Je ne peux dire si c'est parce qu'elle est née homme ou non, car je ne suis pas médecin, a poursuivi Tamikka Brents. La seule chose que je peux dire, c'est que je ne me suis jamais sentie aussi dominée en ce qui a trait à la puissance, et que je suis moi-même une femme anormalement forte.»

Navratilova critique la victoire d'une cycliste transgenre

Martina Navratilova avait vertement critiqué la victoire de la transgenre Austin Killips lors d'une épreuve de l'Union cycliste internationale (UCI), en mai dernier. 

La légende du tennis a déclaré au Daily Mail que ce genre de situation va se produire «de plus en plus» et qu'elle souhaitait que soit créée dans certains sports une catégorie «ouverte».

Âgée de 27 ans, Killips avait remporté le Tour de Gila, au Nouveau-Mexique, raflant aussi au passage le maillot à pois, décerné à la meilleure grimpeuse. 

Les cyclistes transgenres étaient autorisées à prendre part aux épreuves féminines de l’UCI, à condition qu’elles aient réduit leur niveau de testostérone à 2,5 nanomoles par litre durant une période de deux ans. 

Après la victoire de Killips – par 89 s sur sa plus proche rivale au classement général –, l’UCI avait toutefois déclaré qu’elle tiendrait de nouvelles consultations avec les athlètes et les fédérations nationales concernant les règlements. La participation des athlètes transgenres féminines ayant effectué leur transition après leur puberté masculine est désormais interdite.

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La première sur la NCAA

En mars 2022, Lia Thomas est devenue la première nageuse transgenre à remporter le prestigieux championnat national de Division 1 de la NCAA. Sur 500 m, elle a devancé par 1,75 s sa plus proche adversaire.

Lia Thomas.
Lia Thomas. Photo AFP

Il s'agissait de sa dernière compétition universitaire, elle qui avait aussi pris part à des courses masculines par le passé. Dès lors, elle est devenue le visage du débat sur les transgenres dans le sport aux États-Unis.

Âgée de 22 ans, Thomas prenait des hormones de remplacement depuis trois ans au moment de sa victoire. 

Selon elle, ces hormones lui ont fait perdre de sa force physique, ce qui l'empêche de nager au même rythme. 

Mais des spécialistes affirment toutefois qu'une fois la puberté passée, les hommes qui transitionnent en femme conservent «des mains, un cœur et des poumons plus grands», ce qui leur confère un avantage dans plusieurs sports. 

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