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Quand un ancien choix de première ronde du Canadien accepte un retour chez les professionnels à 47 ans, après «cinq ou six pintes» de bière

Capture d'écran
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2024-01-15T14:48:51Z

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Terry Ryan était installé au bar Blue and Water de St. John’s, à Terre-Neuve. Il avait enfilé «cinq ou six pintes» et «qui sait combien de shooters» parce qu’après tout, il célébrait son 47e anniversaire. Puis, le téléphone a sonné: on lui offrait de faire un retour au hockey professionnel, plus de 20 ans après son dernier match. 

Les amateurs du Canadien se souviendront certainement du nom de Terry Ryan. L’équipe en avait fait le huitième choix au total du repêchage de 1995, préférant notamment le dur à cuire à Jarome Iginla, sélectionné trois rangs plus loin.

Ryan n’aura joué que huit matchs avec le Tricolore, entre 1996 et 1998, avant de rouler sa bosse dans les circuits inférieurs jusqu’à sa retraite, en 2003.

Mais là n’est pas le point. Revenons plutôt à cette soirée de samedi dernier lorsqu’un Ryan, éméché, reçoit un coup de fil de Zach O’Brien, un ami et attaquant des Growlers de Terre-Neuve, de la Premier AA Hockey League (ECHL), qui tâte son intérêt à jouer avec eux, le lendemain.

«Je me suis dit, c’est ma fête, poisson d’avril, et j’ai raccroché.»

Quelques secondes plus tard, son téléphone sonne à nouveau. Cette fois, c’est le directeur du développement des Growlers, un autre ami de Ryan, Adam Pardy, qui lui répète la même demande. Les Growlers sont décimés par un virus et auraient besoin d’un remplaçant d’urgence.

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«Je sais que quand “Pards” appelle, c’est sérieux. Je lui ai dit: “Tu me le dis maintenant parce que je vais retourner à la maison”. C’est ce que j’ai fait, j’ai pris un taxi, j’ai bu 4 litres d’eau, j’ai mangé une bouchée et je me suis couché», a-t-il raconté dans sa longue entrevue d’après-match, dimanche.

Quelques présences et une bagarre

Parce que, oui, il a joué, à 47 ans, un premier match professionnel en 21 ans.

«J’ai joué professionnellement, mais je faisais la blague aux gars: tu peux parfois être réassigné dans les mineurs pendant deux semaines, mais là, deux décennies, c’est beaucoup!» a-t-il blagué à propos de sa condition physique.

Mais Ryan n’a pas enfilé les patins pour la première fois en 20 ans. Il assure patiner quatre ou cinq fois par semaine avec les Growlers, en plus de jouer régulièrement au hockey-balle.

«Les gens vont peut-être rire, mais je me suis dit que si j’avais le cardio ou, à tout le moins, une fraction, je serais en mesure de jouer et de ne pas me ridiculiser et être un joueur efficace pour l’équipe de ma ville natale.»

Dans une défaite de 6-2 des Growlers, Ryan a terminé avec sept minutes de pénalité. Il a jeté les gants, en troisième période, face à Zach Walker, un «jeunot» de 25 ans, soit 22 ans son cadet.

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«Je ne prévoyais pas me battre. Je sais que ce n’est plus un élément majeur dans le hockey d’aujourd’hui et ça me va. Par contre, je me suis retourné et j’ai vu mon ami, mon coéquipier [James Melindy], sans casque. J’avais fait mes devoirs et je savais que Walker aimait en découdre. Qu’est-ce que j’avais à perdre? J’étais censé perdre ce combat, n’est-ce pas? C’est comme lorsque je me suis battu avec Tie Domi quand j’avais 18 ans. Tant qu’il ne me tue pas, les gens vont être agréablement surpris.

«Si c’était ma dernière présence au hockey professionnel, ce que c’était probablement, je pense que de m’être battu contre un joueur qui avait frappé James Melindy, je resterai à tout jamais plus heureux de cette statistique que n’importe quelle autre.»

Pour sa fille

En fin de compte, Terry Ryan avait le sentiment du devoir accompli.

«Après ma première présence, je suis resté assis sur le banc pour un bon bout et j’aurais été correct avec ça. C’est un honneur, à mon âge, de faire partie de ça. En raison des faibles probabilités que ça arrive, ce moment se situe à la même place que mon premier match dans la LNH», a-t-il ajouté, avant de devenir émotif en parlant de sa fille de 13 ans, Penny-Laine.

«Ma fille était ici et elle ne m’avait jamais vu jouer chez les pros. Je savais qu’elle était là avec ses amis et je ne voulais pas que ce soit embarrassant.»

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