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Quand Suzuki voyait dans le futur à 15 ans: «Le plus intelligent que j’aie vu»

Le cerveau de l’attaquant était à un autre niveau dès un très jeune âge

Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2025-11-10T22:00:00Z

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«Regarde ce que le joueur de centre va faire ici.» À 15 ans, Nick Suzuki était capable de voir dans le futur.

Il ne prédisait pas les fluctuations du Dow Jones, mais il voyait les jeux se dessiner dans sa tête avant qu’ils se concrétisent. Comme un maître d’échecs.

Steve Benedetti l’a dirigé chez les Junior Knights de London. Ils sont nombreux à avoir sous-estimé Suzuki au cours de sa carrière, mais pas Benedetti parce qu’il avait le meilleur siège en ville pour comprendre jusqu’à quel point le jeune homme était intelligent.

Il n’avait pas le coup de patin le plus puissant, le meilleur tir ou les meilleures mains. Mais il voyait des choses que personne ne voyait.

«On était à la OHL Cup et on regardait un match près de la baie vitrée, raconte Benedetti. Nick a prédit exactement ce que l’autre club allait faire. Et pas juste: “Ah, ce gars-là va reprendre la rondelle”. Non, il savait que l’ailier allait couper au centre, et comment.

«Sa compréhension du jeu est juste différente. À son âge, les jeunes voyaient juste un arbitre déposer la rondelle pour une mise au jeu.»

C’est là que la plupart des gens ont erré avec Suzuki, selon son entraîneur d’il y a plusieurs années.

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«J’ai eu un accès privilégié au cerveau de ce garçon à 15 ans. Est-ce que j’aurais pu imaginer qu’il allait être le capitaine du CH? Franchement, je ne sais pas. Mais je peux vous dire que je croyais voir le joueur le plus intelligent que j’aie jamais vu.»

L’intelligence au jeu ne se retrouve dans aucune feuille de match. Un recruteur qui aurait voulu convaincre son directeur général que Suzuki était plus intelligent que bien d’autres joueurs ne pouvait le faire autrement qu’en formulant une opinion.

Ce n’est pas un énoncé qui pouvait être appuyé par du tangible.

«Tu peux regarder comment un jeune patine et tire. Mais l’intelligence, ce n’est dans aucune mesure, même avec l’avènement des statistiques avancées. C’est plus facile à évaluer quand tu diriges le joueur en question», propose l’ancien entraîneur dans la région de London.

Benedetti partageait son temps entre l’Université Western et les Junior Knights. Au moment où il supervisait le développement de Suzuki, il dirigeait aussi des joueurs bien plus vieux.

«J’avais des gars qui avaient passé cinq ans dans le junior majeur et qui étaient maintenant dans le hockey universitaire. Suzuki était plus brillant à 15 ans que la plupart d’entre eux», se souvient-il.

Suzuki est facile à négliger, donc, quand on l’épie d’une certaine distance.

«Il est négligé de la perspective des autres, mais quand tu côtoies Nick, ce n’est pas quelqu’un que tu négliges», tranche Benedetti.

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