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Quand Mario Lemieux se lève dans le vestiaire...

AFP

Benoît Rioux

2022-01-30T04:55:00Z

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Deux décennies plus tard, Simon Gagné se souvient encore d’une scène inédite qui l’avait passablement marqué durant la finale olympique remportée contre les États-Unis.

«Theoren Fleury avait pris une punition stupide en première période lorsque les Américains menaient 1 à 0; ç’aurait pu nous coûter le match, a raconté Gagné. Durant le premier entracte, le grand Mario s’est levé et a marché tranquillement vers Fleury. On se demandait tous ce qu’il allait lui dire... Les deux étaient assis d’un bout à l’autre du vestiaire, je me souviens que ç’avait été une longue marche. Quand Lemieux est arrivé près de Fleury, il s’est penché et lui a simplement dit quelques mots à l’oreille.»

Le gardien Martin Brodeur se rappelle également très bien de ce moment, «comme si c’était hier», a-t-il dit.

«Mario n’avait pas parlé beaucoup dans le vestiaire durant le tournoi, mais là, il avait fait comprendre à Fleury que le temps était venu de jouer au hockey», a corroboré Brodeur.

Dans la victoire de 5 à 2, Fleury n’avait peut-être pas marqué, mais Gagné se souvient que l’attaquant avait bien fait pour le reste de la rencontre. Le grand Mario, capitaine de l’équipe, n’avait pas eu besoin de se fâcher pour faire passer son message.

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«De jouer avec une légende comme Mario Lemieux, c’est sûr que c’est impressionnant quand tu as 21 ans, a ajouté Gagné. En même temps, je devais me dire que j’avais ma place dans ce vestiaire si on m’avait choisi dans l’équipe. Ça reste que Lemieux avait une aura autour de lui. C’est drôle à dire, mais pour moi, à ce moment-là, c’était comme si je jouais avec quelqu’un qui n’était pas un être humain.»

«C’est la beauté de jouer dans une telle équipe avec tellement de meneurs, a pour sa part noté Brodeur, mentionnant les noms de Lemieux, Joe Sakic, Steve Yzerman et Eric Lindros, parmi tant d’autres. Tu prends tout ce que tu peux et ça te fait grandir comme athlète. De passer deux semaines avec eux, c’est une expérience que tu ne peux pas acheter.»

Une pensée pour Pierre

Si ce tournoi olympique est gravé à jamais dans sa mémoire, Gagné se souvient que la compétition était tout aussi spéciale, notamment en raison de la présence des familles. Son père Pierre, malheureusement décédé à 68 ans à la suite d’un cancer du foie en 2014, avait alors vécu l’expérience d’une vie.

«C’était spécial pour mon père d’échanger, par exemple, avec des gens de la famille de Mario Lemieux, un joueur qu’il a toujours admiré», a noté Gagné.

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