Quand les Sénateurs «sénatent»


Marc-André Perreault
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Vous aurez compris que le verbe SÉNATER n’existe pas. C’est de l’humour pas drôle. Je me demande par contre s’il ne faudrait pas l’inventer parce que justement, ce que font les Sénateurs depuis tant d’années, ça ne s’invente pas.
Ce serait facile de faire un autre texte de Sens bashing,mais je vais plutôt y aller en disant que je suis déçu. Décevoir quelqu’un est pire que le faire fâcher.
J’ai vraiment cru qu’avec l’arrivée de Michael Andlauer que les choses changeraient. La priorité aurait dû être si simple : séduire un marché qui ne demande qu’à être séduit, celui francophone de la région Ottawa/Gatineau.
J’avais l’impression qu’après l’histoire de Patrick Roy où on a dit qu’on avait manqué de temps et bla bla bla, les bottines auraient suivi les babines, mais non. En gros, les Sénateurs nous ont dit qu’ils magasinaient pour une Ferrari alors qu’ils étaient au concessionnaire de véhicules d’occasions.
Que je sois déçu, ça ne fait absolument rien à personne. Par contre, j’espère que ça dérange du monde que les partisans francophones de la région sont aussi déçus. Ils ont raison de l’être. Il y a les purs et durs qui vont dire qu’ils se foutent bien de savoir si le coach parle français, anglais ou même mandarin, tant qu’il gagne. Mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, surtout dans un marché comme celui d’Ottawa. Et avouons-le, ce n’est pas comme si la recette avait marché à date.
Vite fait comme ça, on aurait pu lâcher un coup de fil à Claude Julien, Bob Hartley, Benoit Groulx. Et pourquoi ne pas ramener Guy Boucher (ça se fait, ramener un coach 😉)? La plus grosse déception, c’est que Ben Groulx n’a même pas reçu d’appel. C’est un demi-Dieu dans la région de l’Outaouais parce que c’est un coach extraordinaire. Il a un C.V. bien garni, il a développé d’excellents joueurs et c’est un gagnant. Il n’a pas d’expérience dans la LNH? Chaque coach doit coacher sa première game dans la LNH avant d’être un coach d’expérience. Je répète, Ben Groulx est un demi-dieu en Outaouais.
Dommage pour Green
Ce n’est absolument rien contre Travis Green qui n’en a probablement rien à cirer des critiques et c’est bien tant mieux. J’ai eu la chance de le rencontrer à quelques reprises au fil des années et sans dire que c’est l’homme le plus charismatique de l’histoire, il m’est apparu bien gentil. Cela dit, je n’aurais aucun problème avec cette nomination si le C.V. venait avec. Green a joué 970 matchs dans la LNH (1026 avec les séries). C’est quelque chose, comme dirait Mario Lemieux. Mais en 335 matchs derrière un banc de la LNH, il présente une fiche de 141-159-35. Quand Steve Staios parle de culture gagnante...
Cela dit, je trouve ça inélégant de casser du sucre sur le dos de Green en raison de sa fiche. Mais ce n’est pas ça le problème. Non, le gros problème, c’est que l’équipe fait encore un doigt d’honneurfinger aux francophones de la région.