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Quand les Nordiques hantent le Canadien

Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2025-11-29T23:42:23Z

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DENVER | Le voyage du Canadien dans l’Ouest se déroulait trop bien après deux victoires à Salt Lake City et Las Vegas. Fallait bien les Nordiques pour les ramener sur terre.

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Ce n’était pas chic, cette défaite de 7 à 2! Perdre contre l’Avalanche, meilleur club de la LNH, c’est le genre de chose qui arrive. Quand ce club est habillé en bleu et qu’un N en forme d’igloo orne son chandail, ça peut rappeler de drôles de souvenirs aux partisans.

Le match avait bien lieu au Ball Arena, mais on se serait presque cru au vieux Colisée.

Il y avait bien sûr les joueurs de l’Avalanche habillés en Nordiques.

Il y avait les nombreux chandails bleus du Fleurdelisé dans la foule.

Il y avait les logos des Canadiens et des Nordiques bien en vue avec d’immenses fleurs de lys avant le match, sur l’écran géant et sur la patinoire, via des projections de lumières.

Stephane Cadorette
Stephane Cadorette

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Il y avait les bandes vidéos, qui encerclent l’enceinte, qui rayonnaient du bleu, blanc et rouge des Nordiques.

Il y avait, une heure avant le duel, un vieux match de 1994 opposant Patrick Roy à Stéphane Fiset qui a été projeté.

Il y avait même Badaboum qui se remuait le popotin comme s’il avait 20 ans et qui a traversé la glace durant l’avant-match avec le drapeau géant des Nordiques.

Un peu plus et on se laissait bercer par l’illusion que les Nordiques étaient encore bien en vie et à leur meilleur dans cette immortelle rivalité.

Une machine de hockey

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Une fois ce fantastique clin d’œil aux Nordiques derrière, le Canadien a vite réalisé que, sans rien enlever aux Nordiques, l’adversaire était bel et bien l’Avalanche cuvée 2025. Une véritable machine à scorer, comme chanterait un autre monument de Québec, le regretté Bob Bissonnette.

« C'est décevant. On fait une coupe de petites erreurs et on paie cash pour », a résumé l’entraîneur-chef Martin St-louis.

À sa décharge, le Canadien a bien amorcé le match et a obtenu de bonnes chances de marquer au premier vingt. Inébranlable devant son filet, Mackenzie Blackwood a toutefois frustré tour à tour Zachary Bolduc, Brendan Gallagher et Josh Anderson.

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Après coup, l’Avalanche a démontré pourquoi elle a récolté au moins un point dans ses 16 derniers matchs, subissant seulement trois revers en surtemps. Cette équipe, à ses 12 derniers matchs incluant la dégelée donnée au Canadien, a maintenant inscrit 56 buts contre 20.

Perdus en zone défensive

Il y avait certainement des courants d’air frisquets dans la zone du Canadien puisque les joueurs de l’Avalanche ont bourdonné et fait bouger la rondelle à leur guise.

C’est finalement le numéro 11, Owen Nolan, ou plutôt Brock Nelson, pardonnez-nous, qui a ouvert la marque. Gabriel Landeskog a suivi six minutes plus tard. À ce moment, Arber Xhekaj a été sur la glace pour les deux buts... en trois présences sur la glace.

Soyons francs, il est loin d’être le seul à blâmer, puisque la brigade défensive au grand complet verra des fleurs de lys tournoyer dans son sommeil.

Nelson a fini avec deux buts et deux passes. Gabriel Landeskog a aussi inscrit deux buts. Nathan MacKinnon a ajouté un but et deux passes à sa collection. Un peu plus et Michel Goulet s’invitait aussi au party.

Le pauvre Jakub Dobes a cédé sept fois sur 36 lancers en étant souvent laissé à lui-même. Certains diront que d’une certaine façon, il est devenu le premier gardien du Canadien à subir la défaite face aux Nordiques depuis Patrick Roy, le 6 avril 1995, par un pointage de 3-2.

Du côté de l’attaque, mis à part un jeu époustouflant de Juraj Slafkovsky pour rejoindre Ivan Demidov pour le premier de deux buts (l’autre étant inscrit par Lane Hutson), on efface et on recommence. Le premier trio n’a décoché que quatre tirs cadrés.

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Pas de rififi comme autrefois

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Tout ce qui a manqué à cette soirée nostalgique, c’est l’animosité d’autrefois entre les deux franchises, qui a malheureusement rappelé que les Nordiques n’existent plus que sur des chandails.

Outre une petite escarmouche de rien du tout en deuxième période entre Oliver Kapanen et Martin Necas, toute la charge émotive du passé était inexistante sur la glace. Et encore là, le DJ au Ball Arena n’a pas cru bon de faire jouer l’air du téléroman Le temps d’une paix, comme c’était le cas dans une autre vie à Québec et Montréal quand ça brassait entre les deux rivaux.

C’est plutôt le Na Na Na Na, Hey Hey Goodbye, qui a résonné comme dans les belles années des Nordiques au Colisée.

On va se le dire, en cette Action de grâces américaine, le Canadien avait l’air d’œuvrer dans une autre ligue que l’Avalanche. Ou les Nordiques, c’est selon.

Ce qui est certain, c’est que contrairement à 1989, l’équipe qui affrontait le Canadien n’a absolument rien d’un club de dindes. Les plus vieux mélomanes vont comprendre...

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