Quand les Jaros de la Beauce ont rencontré... les Chiefs!
TVA Sports
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Qui, au Québec, se souvient des Jaros de la Beauce?
Il faut être un vrai amateur de hockey pour s’en souvenir, et aussi avoir «un certain âge».
Parce que les Jaros, ils n’ont existé que pendant deux saisons, entre 1975 et 1977, au sein d’une ligue, la North American Hockey League, qui n’a été en activité que pendant quatre ans.
Or, cette ligue, l’histoire la retient, parce qu’elle a compté dans ses rangs les Jets de Johnstown, qui ont plus tard inspiré les fameux Chiefs de Charlestown du populaire film «Slap Shot».
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Oui, les Jets, comme le reste de la ligue, étaient plutôt portés sur la bagarre. Et ils avaient dans leur formation trois frères aux cheveux longs un peu timbrés, en l’occurrence les Carlson.
Et ces Jets, pendant deux saisons, ont affronté les Jaros, une équipe principalement composée de Québécois et menée par le centre et joueur-entraîneur Joe Hardy, auteur de 60 buts et 208 points (!!) lors de la campagne 1975-1976.
M. Hardy était l’invité de Jean-Charles Lajoie, vendredi soir, à «JiC», en compagnie d’un ancien des Jets, François Ouimet, qui a récemment accordé une longue entrevue au TVASports.ca au sujet de son expérience dans cette ligue auprès des frères Carlson, devenus les frères Hanson dans «Slap Shot».
Les deux hommes en ont profité pour offrir quelques anecdotes de l’époque qu’on imagine très bien se dérouler dans l’univers du célèbre long-métrage.
Pas des pieds de céleri
Selon Hardy, les Jaros étaient avant tout une excellente équipe de hockey au sein de cette ligue qui personnifiait l’expression «le hockey comme dans le temps».
«On n'était pas des bouffons, on était une bonne équipe de hockey, a-t-il assuré. On a fini en tête facile, on était capables de compter des buts. On avait plusieurs bons joueurs de la Ligue junior majeur du Québec, on avait des pros.»
Cela dit, les Jaros avaient aussi quelques joueurs capables de distribuer les taloches, et c’était particulièrement utile lors des matchs contre les Jets et les frères Carlson, dont le comportement dans la vraie vie était essentiellement le même que dans «Slap Shot».
«Tout le monde attendait la confrontation entre les Jaros de la Beauce et les Jets de Johnstown», s’est souvenu Ouimet.
«Quand tu arrivais dans le vestiaire, la première chose que tu faisais, c'est que tu comptes les gars, a-t-il ajouté. S'il y a une bagarre générale, et que t'en as trois de moins, ça ne va pas bien!»
Hardy se souvient d’ailleurs d’une séquence de deux matchs entre les Jaros et les Jets au sommet de la rivalité entre les deux formations.
«Quand on est allés à Johnstown, on arrivait de Binghamton et on s'est arrêtés pour manger et on a rencontré un arbitre qui nous a reconnus, a-t-il expliqué. Il m'a dit "vous vous en allez à Johnstown et ils vous attendent de pied ferme".»
«On est dans l'échauffement, moi je suis au centre de la patinoire, près de la ligne rouge et Dave Birch (des Jets) vient me dire "Joe Hardy, ça va être ton party à soir". Je lui dis "ah bon, merci beaucoup"... Le match part.»
Évidemment, les premières étincelles arrivent rapidement.
«On avait des durs nous aussi, Gilles Bilodeau, James Troy et compagnie, a-t-il précisé. Et là, la bagarre "pogne". Il restait encore deux Carlson dans ce temps-là et un des deux se battait devant le banc des pénalités.»
«À l’époque, devant le banc des pénalités, il n'y avait pas de vitre, il y avait rien, a-t-il poursuivi. Il y avait un micro sur un plateau. Carlson, qui était en train d'en manger une sincère, attrape le micro et en donne un coup, il ouvre son adversaire sur la tête. Ce n'était pas beau là!»
Hardy envoie alors Bilodeau, dont le chandail était déjà tout déchiré, défier le banc des Jets en entier. Et il le fait!
«Là, il avait les bras à l'air et il avait les bras gros comme mes cuisses, s’est-il rappelé. Là je me suis levé debout et j'ai dit à Birch "si c'est pour être notre party, j'espère que vous avez d'autres gars pour le faire, parce qu'il m'en reste trois-quatre et vous, vous n'en avez plus". Finalement, ça a bien joué.»
Menaces de mort
Hardy n’était cependant pas au bout de ses peines.
«Pour finir l'histoire, après le premier des deux matchs, on s'en va à l'hôtel et j'avais un message dans ma chambre qui me disait que le lendemain soir, j'allais me faire tirer sur la ligne bleue, a-t-il raconté. Ça a occasionné des choses assez graves. J'ai appelé le propriétaire pour lui demander ce qu'on fait avec ça. On a appelé la police.»
En fin de compte, les Jaros ont terminé la saison 1975-1976 en tête de la ligue avec une récolte de 110 points en 74 parties. Ils ont cependant perdu en grande finale de la Coupe Lockhart devant les Firebirds de Philadelphie.
«Il faut rendre hommage aux Jaros de la Beauce, ils ont terminé 30 points devant tout le monde», a d’ailleurs souligné François Ouimet, en fin d’entretien.
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