Quand l’effort ne suffit plus...

Marc de Foy
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Les Hurricanes ont annoncé leurs couleurs dès la mise au jeu initiale. Ils étaient déterminés à déployer leur supériorité sans qu’ils n’aient, cette fois, à se rendre en prolongation pour s’approprier la victoire.
En l’espace de 2 minutes 47 secondes, ils ont marqué trois fois au cours des cinq dernières minutes de la première période et ça leur a suffi.
Les carottes étaient déjà cuites pour le Canadien.
Martin St-Louis a bien tenté de brasser la soupe en remaniant ses quatre trios au deuxième engagement.
Mais le mal était fait.
Le Tricolore n’était plus dans le coup. Ses efforts ne suffisaient plus. Il était emprisonné dans le tourbillon des Hurricanes, qui sans que l’on y porte une grande attention, sont devenus la puissance de l’Association de l’Est.
Ce match a dû rappeler des souvenirs aigres-doux à Jaroslav Halak, à qui l’organisation avait eu la bonne idée de porter le flambeau lors des cérémonies d’avant-match. Le parcours de Jakub Dobes dans les présentes séries n’est pas celui de Halak lors du printemps 2010.
Cette année-là, grâce aux prouesses du gardien slovaque, le Canadien avait éliminé deux grosses pointures lors des deux premiers tours, soit les Capitals de Washington et les Penguins de Pittsburgh dans des séries qui s’étaient rendues à la limite de sept matchs.
En finale de l’Est, la troupe de Jacques Martin s’était inclinée paisiblement devant les Flyers de Philadelphie.
Hage aurait-il aidé ?
Les fans finis diront que la présente série n’est pas terminée, que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.
Yogi Berra disait que ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini. Je me demande depuis toujours, d’ailleurs, ce qui incitait le bon Yogi à dire ça. Les Yankees de son époque n’avaient pas à craindre des remontées de leurs rivaux. Ils ont remporté la Série mondiale 10 fois en 18 ans avec Berra au poste de reveveur.
Jean Béliveau en a fait autant pendant sa brillante carrière à temps plein avec le Canadien.
Mais il faut se rendre à l’évidence. Il manque des outils dans le coffre du Canadien.
Michael Hage, que l’on porte aux nues, aurait-il fait vraiment une différence s’il avait quitté l’Université du Michigan pour s’amener à Montréal ce printemps ?
Hage a suivi son instinct qui lui disait qu’une troisième saison dans la NCAA ne pourrait lui être que bénéfique.
Ça montre que le jeune homme a une bonne tête sur les épaules, mais ça ne règle pas le problème du Canadien au poste de deuxième centre.
Du travail pour Hughes
Kent Hughes devra y voir au cours des prochains mois. Comme il lui faudra aussi ajouter du muscle à sa formation.
Ses joueurs ont tenu le coup physiquement au cours des deux premières rondes face au Lightning et aux Sabres. Ils répliquaient coup pour coup.
Mais là, le réservoir est presque à sec.
Les joueurs du Tricolore ont donné tout ce qu’ils avaient. Ils n’ont pas à rougir et à baisser la tête.
Si le sort veut qu’il revienne au Centre Bell pour un sixième match, dimanche, son septième joueur lui réitérera son indéfectible appui.