Quand le diamant du Canadien ne brille pas


Jonathan Bernier
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La formation diamant, celle qui consiste à se défendre à court d’un homme avec un attaquant qui couvre la pointe, deux joueurs dans le haut des cercles de mise en jeu et un dernier un peu plus en retrait, est possiblement la plus répandue dans la LNH.
Bien exécutée, elle empêche les passes transversales à travers le haut de l’enclave, éliminant ainsi l’option du lancer sur réception. Sauf que ce système n’est pas sans faille. Surtout pour une équipe en mode apprentissage comme le Canadien.
Les Sabres en ont fait la démonstration deux fois plutôt qu’une, jeudi soir, en profitant de cette faille, près de Jake Allen, pour toucher la cible. Sur les deux séquences, une réaction trop tardive a permis une passe à travers le demi-cercle du gardien, qui n'a laissé aucune chance à l'homme masqué du Canadien.
Par conséquent, il n’est pas surprenant que Martin St-Louis ait convié ses ouailles à une séance vidéo plutôt qu’à un entraînement complet, vendredi matin.
«On applique la même structure que celle qu’utilisent les huit ou neuf meilleures équipes», a fait valoir l’entraîneur-chef du Canadien.

Manque de communication
Pourtant, l’unité de désavantage numérique du Tricolore occupe le 31e et avant-dernier rang du circuit avec un faible pourcentage de résistance de 72,1%.
«La lecture du jeu doit également être prise en compte. Quand on fait de bonnes lectures, on est difficiles à affronter, a-t-il poursuivi. Il y a aussi les erreurs individuelles. Il faut être à la tâche.»
Là-dessus, on pourrait peut-être même parler de manque de communication. Les réactions tardives mentionnées plus haut portent à croire que les assignations de chacun n’étaient peut-être pas assez claires ou suffisamment assimilées.
«On fait de bonnes choses au niveau de la structure, mais il faut savoir à quel moment appliquer la pression, à quel moment laisser l’adversaire circuler le long de la rampe et savoir qui descend pour s’occuper du joueur opposé [back door]», a énuméré Samuel Montembeault.
Comme Jake Allen, Montembeault est la première victime de ces ennuis à court d’un homme.
«[Comme gardien], ce qu’on ne veut pas avoir, ce sont les passes transversales. C’est difficile pour nous parce que les gars ont d’excellents lancers sur réception, a-t-il expliqué. Il faut aussi éviter que les gars entrent trop à l’intérieur avant de décocher un tir.»
Les ajustements sont mieux d’être appliqués rapidement. Car les Rangers de New York, les visiteurs de samedi soir au Centre Bell, pointent au deuxième rang du circuit avec une efficacité de 30,4% en supériorité numérique.
Une chaise pour Heineman

Par ailleurs, déployer une formation à 11 attaquants et sept défenseurs, ça a ses limites. Conscient de cette réalité, après trois rencontres à devoir l’appliquer, le Tricolore a procédé au rappel d’Emil Heineman.
Le Suédois viendra combler l’espace laissé vacant depuis que Christian Dvorak a déclaré forfait après le match en Floride. Il s’agit du deuxième rappel en un peu plus de trois semaines pour l’attaquant de 22 ans.
À la première occasion, il n’avait revêtu son uniforme que dans deux matchs sur cinq, n’étant utilisé que sporadiquement.
«À son dernier passage, je trouvais qu’on jouait bien. J’aimais nos trios. Cette fois, il va probablement obtenir plus de temps de jeu», a déclaré St-Louis.
«Ensuite, ça dépend toujours de la réponse du joueur. Si tu joues sept minutes, oblige-moi à t’en donner 10. Si tu en joues 10, force-moi à t’en donner 12, a-t-il poursuivi. Tu peux toujours voler une chaise.»
Et avec l’étendue des dégâts en attaque chez le Canadien, des chaises à voler, il y en a quelques-unes.