Quand la réalité frappe le Canadien: six raisons qui expliquent ses récents déboires

Jonathan Bernier
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Tout semblait pourtant si bien aller après 12 matchs. Le Canadien se pavanait dans les hauteurs du classement de la section Atlantique et de l’Association de l’Est.
Le club n’avait pas présenté une formation aussi spectaculaire depuis le début du nouveau millénaire. Cole Caufield était le meilleur buteur de la LNH. Nick Suzuki, le meilleur pointeur depuis la Confrontation des 4 nations.
On était déjà prêt à graver le nom d’Ivan Demidov sur le trophée Calder et à proclamer Jakub Dobes digne successeur de Carey Price.
Pas besoin de dire qu’on déchante un peu depuis cinq matchs. Une seule victoire. Comme si la réalité venait de frapper la troupe de Martin St-Louis en plein visage.
En même temps, il fallait s’y attendre un peu. Marquer sur 14,1% de ses tirs comme c’était le cas après 12 matchs était impossible à soutenir. Le ratio est descendu à 12,9% au cours des cinq derniers matchs. C’est encore élevé, mais le Canadien tire un peu moins. Imaginez-vous lorsque ce ratio reviendra à la normale (autour de 10,5%)...
Le Tricolore flotte toujours au sommet. Mais avant les matchs de vendredi, il y avait triple égalité en tête de la section Atlantique. Et, à deux semaines de l’Action de grâce américaine, un moment jalon de la saison, il n’est plus qu’à deux points de glisser hors du portrait des séries.
Pour redresser la situation, le Tricolore devra régler les six problèmes suivants.
Les gardiens en arrachent
On a fait grand état du mauvais début de saison de Samuel Montembeault. Le vétéran de 29 ans, qui a eu plus que son mot à dire dans la présence du Canadien en séries éliminatoires, affiche des statistiques décevantes (moyenne de 3,61 et taux d’efficacité de ,857). Devant les problèmes du gardien de Bécancour, ils ont été nombreux à réclamer que Martin St-Louis offre le poste de numéro un à Jakub Dobes.
Or, le gardien tchèque, après des débuts qui lui ont permis d’être nommé la troisième étoile du mois d’octobre dans la LNH, traverse des difficultés. À ses trois derniers départs, il a accordé 12 buts sur 62 tirs. Pour la même période, sa moyenne de but alloué s’élève à 4,44.
Bref, toute rentre!
Le premier trio est en panne
Nick Suzuki a démontré le courage et la détermination qui l’habitent lorsqu’il a bloqué le tir de Travis Konecny, en prolongation, face aux Flyers. Sauf que ce geste de bravoure n’a pas été sans conséquence.
Depuis l’incident, le capitaine n’a raté aucun match, même s’il a fait l’impasse sur les entraînements. Toutefois, il n’a inscrit qu’un seul point en quatre rencontres. Une performance qui a assurément une incidence sur celle de ses compagnons de trio.
L’unité a produit un total de trois buts (deux marqués par Cole Caufield, un par Suzuki). Tous inscrit contre le Mammoth.
Trop de fioritures
C’est vrai qu’ils sont beaux à voir aller, les attaquants montréalais... quand il y a de l’espace. Mais on approche du quart de saison, ce qui signifie que le jeu va se resserrer. Il y aura moins d’espace, moins de temps de réaction. D’ailleurs, ça a déjà commencé.
Ce n’est donc pas surprenant que, au cours des cinq derniers matchs, à part le premier trio, Kirby Dach, Oliver Kapanen, Josh Anderson, Jake Evans et Alex Newhook aient été les seuls joueurs à avoir touché la cible à forces égales.
Qu’ont en commun la majorité d’entre eux? Ce sont des joueurs qui patinent en ligne droite, sans trop faire dans la dentelle, et qui sont capables de créer leur propre espace grâce à leur gabarit et leur implication.
L’attaque massive ne produit plus

Que se passe-t-il avec l’attaque massive du Canadien, l’une des plus dangereuses au cours du premier mois d’activité?
On se réjouissait du fait que Martin St-Louis ait fini par donner une chance à Ivan Demidov sur la première vague. Cette décision a été suivie de sept buts en 13 occasions. On criait au génie.
Depuis le but de ce même Demidov contre les Flyers, c’est le calme plat. Zéro en 11. Zéro comme dans Ouellet, aurait dit Ron à une autre époque. Pourtant, avec un homme en plus, les habiles joueurs du Canadien ont tout l’espace voulu pour laisser libre cours à leur créativité.
La profondeur est testée
Ça fait bientôt un mois que le Canadien est privé des services de Kaiden Guhle. Si la brigade défensive a tenu le coup dans les quelques matchs suivant sa blessure au bas du corps, ça s’est gâté par la suite.
Le Canadien a alloué plus de trois buts dans cinq de ses neuf derniers matchs. Et ce n’est pas seulement la faute des gardiens. Le Tricolore est redevenu brouillon dans son territoire. À part lorsque la paire formée de Noah Dobson et Mike Matheson se trouve sur la glace, la pression est devenue difficile à soutenir.
En attaque, Suzuki joue possiblement sur un pied et Alex Newhook risque de rater plusieurs semaines d’activité. Quand c’est Joe Veleno, toujours en quête de son premier point de la saison, qui est appelé en renfort sur la deuxième vague de l’attaque massive... Houston! On a un problème.
Une fiche gonflée
Se pourrait-il que la fiche du Canadien ait été gonflée en raison de la piètre qualité des équipes qu’il a affrontées?
Jusqu’ici, 11 de ses 17 matchs ont été disputés contre des formations qui ont été exclues des séries éliminatoires, l’an dernier. Il est sorti vainqueur de neuf de ces affrontements (9-1-1).
Quelle est sa fiche contre celles qui ont participé à la grande danse du printemps? 1-4-1. Les Devils, les Kings et les Stars, les trois derniers tombeurs du Tricolore, faisaient partie de ce groupe.
Les hommes de Martin St-Louis pourraient se consoler en se disant que les Bruins et les Blue Jackets, leurs deux prochains adversaires, apparaissent dans la première catégorie.
Sauf que samedi, ça ne sera pas de tout repos. Les Bruins ont remporté huit de leurs 10 derniers matchs.