Quand la COVID-19 a bousillé la chance de Dauphin

Benoît Rioux
Partager
L’attaquant québécois Laurent Dauphin connaissait de bons moments quand l’entraîneur-chef du Rocket de Laval Joël Bouchard l’a fait venir dans son bureau, après une victoire de 3 à 0 contre les Senators de Belleville, pour lui annoncer qu’il venait d’être rappelé par le Canadien, le 11 mars dernier.
Or, la COVID-19 s’en est mêlée. Ainsi, ni Dauphin ni les autres joueurs du club montréalais n’ont affronté les Sabres de Buffalo, le lendemain, au Centre Bell.
- À lire aussi: Latendresse excité par ses débuts à TVA Sports
- À lire aussi: CH : refaire le coup aux Flames?
«J’ai un sentiment partagé face à tout ça, a commenté Dauphin, lorsqu’interrogé sur ce souvenir. On venait d’obtenir une grosse victoire contre Belleville, puis Joël m’a fait venir dans son bureau pour m’annoncer que j’étais rappelé. Dès que je suis sorti du bureau, j’ai entendu que la NBA avait annulé des matchs. À partir de là, je savais que c’était une possibilité que la LNH allait être mise en pause aussi. Ça n’enlève rien au fait que j’étais très heureux d’avoir été rappelé, même si finalement, je n’ai pas pu jouer avec le Canadien le soir suivant.»
Depuis, Dauphin n’a pas encore rejoué un match de hockey officiel, que ce soit dans la Ligue américaine ou dans la LNH.
«C’est plate parce qu’il aurait joué avec le grand club, a convenu Bouchard. Il a malheureusement été une victime de cette pandémie, mais je ne le sens pas abattu ou découragé pour autant.»
À 25 ans, le Québécois était si près d’un retour dans la LNH, lui qui a déjà disputé 35 matchs avec les Coyotes de l’Arizona par le passé. Or, l’été dernier, Dauphin n’a pas été retenu dans la formation de 31 joueurs du Tricolore pour les éliminatoires, puis après avoir part pris au camp d’entraînement du Canadien, en janvier, il poursuit présentement celui du Rocket de Laval en attendant le début de la saison dans la Ligue américaine.
Davantage de hargne
Le sort réservé à Dauphin n’a rien de bien surprenant, surtout après l’acquisition des attaquants de soutien Corey Perry et Michael Frolik, entre autres, pendant la saison morte.
«C’est bon pour l’équipe d’avoir des joueurs d’expérience comme [Corey] Perry et [Michael] Frolik et ça ne veut pas dire que je n’aurai pas une opportunité plus tard, a commenté Dauphin, à ce sujet. On ne sait jamais, mais je ne peux pas être fâché par ces signatures. Encore une fois, c’est bon pour l’organisation.»
«Depuis qu’il est arrivé ici, je sens du leadership, du travail et de la hargne, ce que je suis content de voir parce que c’est un joueur qui a déjà un très bon sens du hockey et il a des habiletés, a noté Bouchard. La hargne l’amène à un autre niveau comme joueur.»
Une transaction bénéfique
Selon l’entraîneur-chef du Rocket, la transaction avec les Predators de Nashville impliquant Dauphin et Michael McCarron, en janvier 2020, était une bonne chose pour ces deux joueurs.
«Je pense que Michael [McCarron] devait vivre une autre expérience et Laurent aussi, a résumé Bouchard. On a une belle communication dès le début, Laurent et moi. Je le connais depuis qu’il a 16 ans et j’aime le potentiel du joueur. Mon rôle, c’était de le guider vers un style de jeu et on a vu beaucoup d’améliorations, une confiance renouvelée et un plaisir de jouer.»
«En l’espace de trois ans, tu fais trois ou quatre équipes, tu vois trois ou quatre entraîneurs et à un moment donné, tu peux te perdre là-dedans, a-t-il ajouté, concernant le parcours de Dauphin. Dans le cas de Laurent, c’était plaisant de reconnecter avec lui. Il devait moins penser et simplement jouer. Ce n’est pas anormal quand un gars change si souvent d’organisations et même de ligues.»