Qu’est-ce qui se passe avec la Formule 1? On décortique les grandes controverses du début de saison


Jessica Lapinski
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Est-ce une course de Mario Kart, propulsée par des champignons magiques ? Non, ce sont des voitures de Formule 1, catégorie reine de la course automobile, dont les changements de réglementation aussi historiques que controversés divisent les pilotes.
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La comparaison vient de Max Verstappen, détenteur de quatre titres de champion du monde, qui fait partie de ceux que cette nouvelle ère, qualifiée de plus grande refonte des règlements de l’histoire du circuit, rend amers.
Au point d’avoir évoqué son envie de quitter la discipline : « Cela vaut-il le coup ? s’interrogeait dimanche dernier le Néerlandais de Red Bull, après avoir pris la huitième place au Grand Prix de Suzuka.
« Est-ce que je ne préférais pas passer plus de temps avec ma famille, voire davantage avec mes amis, plutôt que de faire un sport qui ne me satisfait pas ? » se demandait-il aussi au micro de la BBC.

Cette nouvelle réglementation se voulait une tentative d’améliorer le spectacle de cette F1 aussi prospère qu’elle peut être pépère, parfois.
En bref, chaque monoplace est dotée d’un mode « dépassement », ainsi que d’un bouton turbo, qui lui permet d’avoir un regain de puissance électrique.
Le pilote peut l’utiliser afin de tenter des dépassements durant la course, cet aspect qui fait défaut en Formule 1 depuis plusieurs années.
Quand la batterie se vide
Le hic, c’est que la manœuvre peut aussi avoir comme conséquence de vider sa batterie. Sa monoplace perdra alors puissance et vitesse. Le pilote risque donc de se faire redoubler au freinage, aussi vite qu’il a réussi son dernier dépassement.
Ces fameux freinages demandent aussi une adaptation, puisque pour des raisons environnementales, la puissance des voitures vient à environ 50 % du moteur à combustion interne et à 50 % du moteur électrique.
Les pilotes doivent donc lever le pied de la pédale de gaz et faire décélérer la voiture avant d’appuyer sur la pédale de frein, comme on le fait généralement sur la route.
Mais rétrograder les vitesses en ligne droite, ce n’est pas une habitude en F1.
Chez Ferrari, le Britannique Lewis Hamilton s’amuse avec le bouton turbo même si avec ses 41 points, il accuse déjà 32 points de retard sur la Mercedes de l’Italien Kimi Antonelli, après trois épreuves.

Antonelli en est un autre qui ne doit pas se plaindre de la réglementation. À 19 ans seulement, il est le plus jeune pilote de l’histoire de la F1 à avoir mené le classement des pilotes. C’est la belle histoire de ce début de saison.
Hamilton, lui, dit ne s’être « jamais autant amusé » au volant d’une Formule 1, en raison des nombreux « va-et-vient ». Ce qui n’est pas peu dire de la part d’un type qui a été sacré champion du monde sept fois.
Le chaos et le danger
Mais dès la première course de la saison, d’autres ont décrié les changements. Il y avait Verstappen, certes, qui avait vidé sa batterie... lors du tour de chauffe, mais aussi le Britannique Lando Norris, chez McLaren.
Après le Grand Prix d’Australie, celui-ci a déploré une « course trop chaotique » et « dangereuse ». Chez Haas, le Français Esteban Ocon trouve pour sa part que les monoplaces sont pénibles à conduire.
Les pilotes plaident pour des changements rapides. Dur de croire, avec tout le développement qui a été effectué sur les bolides durant l’entre-saison, et l’argent qui a été dépensé, qu’ils seront aussi grands que souhaité.
– Avec l’Agence France-Presse
Les dépassements... mais d’autres controverses aussi
Max Verstappen chasse un journaliste de la salle
Max Verstappen a la mèche courte en ce début de saison. Au point de chasser un journaliste avant le début d’une conférence de presse, le 26 mars, à l’aube du Grand Prix de Suzuka.
Selon le pilote néerlandais, ce même journaliste de The Guardian a ri de lui et a « agi avec de mauvaises intentions » lors de l’ultime course de 2025, à Abou Dhabi. « Il avait ce stupide sourire sur le visage », a déclaré Verstappen, ce que le reporter a nié.
« Attendez, je ne parlerai pas tant qu’il sera dans la salle », a lancé la vedette de Red Bull, détenteur de quatre titres de champion du monde.
Un accident épeurant qui suscite la grogne
Oliver Bearman a évité le pire, dimanche dernier à Suzuka. Le jeune pilote britannique s’est encastré dans une barrière de sécurité à 300 km/h, en voulant éviter l’Alpine de l’Argentin Franco Colapinto, qui roulait à 50 km/h de moins.

Le pilote de l’écurie Haas s’en est tiré avec une contusion à un genou, mais sa monoplace, elle, était en fâcheux état.
Certains pilotes, dont Bearman, ont attribué cet accident à la différence de vitesse entre les deux monoplaces, qui découle de la nouvelle réglementation.
« Il faut s’y habituer, mais j’ai le sentiment que je n’avais pas assez d’espace sur la piste au vu de l’énorme différence de vitesse », a-t-il expliqué.
Colapinto, lui, a reçu des messages haineux sur les médias sociaux, qui ont été condamnés par Alpine.
Trois courses seulement en deux mois
Le calendrier de la F1 s’est graduellement alourdi d’année en année. On devait compter 26 Grands Prix cette année. La guerre en Iran a toutefois forcé les autorités de la course automobile à annuler deux épreuves, qui ne seront ni remplacées ni déplacées à une date ultérieure : les courses de Bahreïn et d’Arabie saoudite.
Comme elles étaient toutes deux prévues en avril, cela signifie qu’il y aura une pause de plus d’un mois entre le Grand Prix du Japon, qui s’est déroulé le 29 mars, puis celui de Miami, qui aura lieu le 3 mai.
Il s’ensuivra une autre « pause de » trois semaines, qui mènera jusqu’au Grand Prix de Montréal, le 24 mai.
Pas génial pour donner de l’impulsion à cette saison, mais le Français Fred Vasseur, patron de Ferrari, espère que cette pause forcée permettra à la Scuderia de faire progresser la voiture afin de réduire l’hégémonie de Mercedes.