Qu’arrive-t-il si Ottawa remporte la loterie avec son choix fantôme?

Nicolas Cloutier
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Imaginez la scène: parce que les Sénateurs gagnent la loterie du premier choix au total avec leur «choix fantôme», Gavin McKenna est le premier joueur sélectionné du repêchage de 2026... au deuxième rang. Le malaise du siècle.
Est-ce réellement possible que, pour la première fois de l’histoire du repêchage de la LNH, il n’y ait pas de premier choix au total? Des internautes ont commencé à se poser la question. Un utilisateur s’amusait à faire des simulations sur Tankathon avant d’être surpris par le résultat suivant:

Qu’est-ce qui arrive si les Sénateurs d’Ottawa gagnent la loterie du repêchage avec leur «faux choix»? La question est devenue très légitime avec les «Sens» dans les bas-fonds dans l’Est, empêtrés dans les distractions et loin des séries.
Si vous vous adonniez à des simulations sur Tankathon mercredi dernier, c’était encore possible de voir le logo des Sénateurs apparaître au premier rang. Rappelons qu’une équipe ne peut bondir de plus de 10 rangs quand elle gagne la loterie.
Mais trêve de plaisanteries: on est dans la LNH, une ligue sérieuse, pas aux loisirs Saint-Eusèbe. On est allés aux sources et la Ligue nous a confirmé que, dans aucun scénario possible, le choix des Sénateurs ne gâchera un moment magique pour le surdoué McKenna ou Ivar Stenberg.
On y reviendra.

Le fiasco qui nous a menés là
Les Sénateurs ne repêcheront jamais avec leur choix de premier tour en 2026. C’est un choix forfaitaire. Quand leur tour viendra, ils devront s’abstenir de réclamer un joueur.
On écrit «faux choix» ou encore «choix fantôme», puisque la sélection qui sera attribuée aux Sénateurs existe strictement pour faire respecter l’ordre du repêchage et pour que les probabilités dans le boulier demeurent les mêmes.
On vous voit venir. On ne peut simplement enlever un club et décréter que le premier tour du repêchage ira de 1 à 31 en 2026. Il se passe quoi pour les tours suivants? Si les Sénateurs repêchent 11es au premier tour, leur choix au deuxième tour devient le 43e et ainsi de suite.
Aussi, si on enlève un club du premier tour et qu’il y a seulement 15 clubs dans la loterie, les 15 clubs en 2026 ont de meilleures chances dans le boulier que les 16 clubs en 2025, et ça, c’est franchement injuste.
À la base, la LNH a puni Ottawa en raison de l’échange qui a fait passer Evgenii Dadonov aux Golden Knights. Échange que la Ligue a dû annuler parce qu’on n’avait pas respecté la clause de non-échange de l’attaquant russe.
L’incident avait coûté le poste du directeur général Pierre Dorion. C’est une sanction sévère que Michael Andlauer a avalée de travers, puisqu’elle a été déterminée par la Ligue un mois après que l’homme d’affaires et ex-actionnaire du Groupe CH eut acheté la formation canadienne pour près de 1 G$.

Deuxième fiasco
L’autre fiasco, et celui-là est attribuable à la nouvelle administration, c’est d’avoir repêché au 23e rang en 2025 dans une cuvée que l’on considérait comme plutôt faible, au lieu d’avoir renoncé à son choix.
Les Sénateurs devaient sacrifier une sélection de premier tour, à leur discrétion, à l’encan de 2024, 2025 ou 2026. En 2024, ils repêchaient les septièmes, alors la décision s’expliquait très bien.
Après avoir fait les séries l’an passé, ils étaient loin de se douter des difficultés qui allaient les attendre en 2025-2026.
Et si ce club ne se raplombe pas rapidement, il court le risque de perdre la face avec un haut choix lancé dans les poubelles.
La Ligue a assuré ses arrières
La Ligue n’en est pas à son premier rodéo. Elle a déjà vécu un scénario semblable.
Gary Bettman avait empêché les Coyotes de repêcher au premier tour en 2021 en raison de tests physiques illégaux menés auprès d’espoirs avant le Combine. Pour cette raison, John Chayka ne sera plus jamais DG dans la LNH.
Les Coyotes avaient obtenu le 11e choix. Tyler Boucher a été réclamé au 10e échelon par Ottawa et puis, pouf, le joueur suivant, Cole Sillinger, était repêché au 12e rang par Columbus.
Il n’y avait aucune chance que les Coyotes repêchent premiers ou deuxièmes, parce que les règles avaient été écrites en conséquence.
Voici ce que la Ligue nous a expliqué concernant la loterie et le choix des Sénateurs.
- Si Ottawa ne fait pas les séries, son choix sera dans le boulier comme à la normale.
- Si Ottawa gagne une des deux loteries pour les premier et deuxième choix, on refait le tirage.
- Le tirage sera refait et refait ad vitam aeternam, si nécessaire, jusqu’à ce qu’Ottawa ne gagne pas une loterie.
«Il n’y a ainsi aucune chance pour les Sénateurs d’obtenir le premier ou le deuxième choix au total», nous a assuré la LNH.
Bref, que les Sénateurs finissent bons derniers de la Ligue ou tout juste à l’extérieur des séries, cela ne change rien: le choix forfaitaire ne sera jamais plus haut que le troisième rang.
Le troisième rang demeurerait embarrassant pour la Ligue. La traditionnelle photo du top 3, on en fait quoi?
Rasmus Dahlin, Andrei Svechnikov and Jesperi Kotkaniemi combined for a feat achieved only once before.
— NHL Public Relations (@NHLPR) 23 juin 2018
The 1999 #NHLDraft began with four straight picks born outside North America: Patrik Stefan, Daniel Sedin, Henrik Sedin and Pavel Brendl. pic.twitter.com/W8sArBhknb
Mais il faudrait que les Sénateurs perdent encore beaucoup de matchs.
N’empêche... ayez une pensée pour votre ami partisan des «Sens».