Connu pour ses appuis chez les jeunes, Québec solidaire courtise désormais également les aînés, chez qui le parti espère raviver le souvenir de la Révolution tranquille et des grands projets.
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Depuis le début de la campagne électorale, les sorties de Gabriel Nadeau-Dubois témoignent d’un intérêt particulier pour le vote des aînés. Le porte-parole de QS a notamment annoncé qu’une partie du Fonds des générations servira à leur venir en aide, notamment grâce à une bonification importante des soins à domicile.
Mais surtout, Gabriel Nadeau-Dubois dresse un parallèle entre la grande époque de la nationalisation de l’hydro-électricité et son projet de Révolution transport, qui vise à offrir du transport par autobus ou par train partout au Québec.
« La génération des bâtisseurs qui a fait la Révolution tranquille, elle est encore avec nous au Québec. Je pense que cette génération-là a peut-être envie de renouer avec cette ambition de faire des grandes choses au Québec. Pour moi, la transition écologique, c’est l’occasion de refaire cette alliance intergénérationnelle là pour renouer avec l’amour des grands projets au Québec », déclarait-il samedi dernier.
Potentiel de croissance
En coulisse, on confirme que le parti observe un potentiel de croissance chez les 55 ans et plus, où le parti fait seulement 7% selon un récent sondage Léger. Avec 35% d’appuis chez 18-34 ans, difficile d’aller grappiller plus de votes chez les jeunes, mais quelques votes supplémentaires chez les baby-boomers pourraient faire la différence dans des luttes serrées.
En fait, le parti fonde de l’espoir dans trois catégories démographiques : les jeunes, les jeunes familles et les aînés. Une source bien placée dans l’organisation confirme d’ailleurs que Gabriel Nadeau-Dubois obtient de bons scores auprès des dames d’un certain âge, selon les coups de sonde du parti.
Succès chez les aînés
Sur le terrain, des anecdotes viennent appuyer les prétentions auprès des aînés. À Saint-Jérôme, lundi, une dame est venue spontanément serrer la main du jeune homme de 32 ans.
« Vous l’aimez bien ? », demande le représentant du Journal.
« Oh oui », répond la dame prise d’un certain émoi.
Son conjoint, Gilles, avoue qu’il songe à voter pour QS, pour la première fois. Issu du monde de l’enseignement, l’homme âgé de 78 ans n’aimait pas beaucoup le leader des carrés rouges, lors de la grève étudiante en 2012.
Étonnamment, ce passé joue maintenant en sa faveur. « Ce n’était pas plaisant de l’extérieur, mais c’était bien pour les gens qu’il représentait. S’il est prêt à donner tout ce qu’il peut pour les gens qu’il représente, là c’est le temps de le faire », confie-t-il.
Mais les aspirations de QS pourraient aussi se heurter à une certaine vision du féminisme. « Le voile, les femmes voilées, je n’accepte pas ça au Québec. Je suis contre la soumission des femmes », confie Ginette Bernard, croisée samedi au Marché public de Rimouski. En effet, QS permettrait à nouveau le port de signes religieux pour les employés de l’État en position d’autorité.
« Donc, si Québec solidaire enlevait ça de leur plateforme, possiblement que je serais intéressée à voter pour eux, mais ça, présentement, ça m’arrête », tranche Mme Bernard.
Quelques pas plus loin, Denise Desrosiers, âgée de 70 ans, mentionne l’importance de mieux financer le système public. Sa mère, raconte-t-elle, a « subi bien des sévices » en CHSLD. Elle prendra le temps de regarder les programmes, mais son choix est arrêté à « 99,9% », dit la dame.
Dany St-Pierre, de la Rive-Sud de Montréal, admet ne pas connaître suffisamment le programme de QS pour se prononcer. Mais il a de la sympathie pour l’ancien leader étudiant.
« C’est un jeune dynamique qui fait bouger la société », observe-t-il.
Il faut dire qu’avec sa chevelure grisonnante et son landau pour promener sa petite fille de six mois, le leader étudiant a fait place à l’image d’un jeune père de famille, plus à même de séduire un plus large électorat.