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PSPP et les fausses nouvelles

TOMA ICZKOVITS
Photo portrait de Jean-Louis Fortin

Jean-Louis Fortin

2022-05-28T04:00:00Z

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« Ce matin, Le Journal écrit une fausse nouvelle à mes dépends [sic] », s’indignait Paul St-Pierre Plamondon sur sa page Facebook samedi dernier.

« Fausse nouvelle »... 

À notre connaissance, c’est la première fois que ce concept popularisé par Donald Trump est utilisé par un chef de parti à l’Assemblée nationale pour décrire le travail d’un grand média.

Ce n’est plus à démontrer : cette détestable expression « fake news » a contribué à alimenter le mépris envers les organisations médiatiques sérieuses et professionnelles.

Paul St-Pierre Plamondon l’a donc utilisée à la sauce québécoise pour qualifier notre chronique L’heure juste signée par mes collègues Pascal Dugas Bourdon, Marie Christine Trottier et Charles Mathieu. Publiée chaque samedi, cette chronique vise notamment à vérifier la véracité de certaines déclarations des politiciens.

Visiblement mécontent, le chef du Parti Québécois accuse mes collègues d’avoir déformé les propos qu’il a tenus lors d’une entrevue à Mario Dumont, dans laquelle il défendait son idée de plafonner le prix de l’essence à 1,60 $ le litre.

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Il avait tort

Bref rappel : lorsque l’animateur lui a demandé s’il était sérieux à propos de cette proposition, le chef péquiste a clairement répondu : « D’autres pays le font. Allez voir l’Espagne, le Portugal, le Luxembourg. » 

Or, il se trompait. En Europe, seules la Serbie et la Hongrie plafonnent le prix de l’essence. C’est ce que mes collègues ont souligné, avec raison, dans leur chronique. 

Soyons clairs, les propos de Paul St-Pierre Plamondon n’ont pas été « déformés » par notre Bureau d’enquête.

En fait, dans sa longue publication Facebook de samedi dernier, le chef péquiste cherchait surtout à amener des nuances, à démontrer que la recherche faite par son parti était sérieuse. 

Il donnait l’exemple de la France qui dispose depuis 30 ans d’un cadre législatif qui lui permettrait de réguler les prix, mais ne l’a pas récemment appliqué. Il ajoutait que les pays d’Europe n’ont pas tous le même mécanisme pour tenter de freiner la hausse.

Ces arguments sont fort légitimes, et la proposition péquiste mérite certainement d’être débattue. Mais de là à lancer que Le Journal a écrit une fausse nouvelle ? Vraiment ?

Honnêtes et rigoureux

Voici quelques principes qui guident la publication de L’heure juste :

► Nous n’avons pas publié de correctif, car il n’y avait rien à corriger. Paul St-Pierre Plamondon peut difficilement se plaindre d’avoir été mal cité, car la vidéo de l’entrevue est facile à retrouver sur internet (www.tvanouvelles.ca/emissions/mario-dumont). Cela dit, il est libre d’utiliser toutes les tribunes qu’il veut pour mieux expliquer ses positions, ce qu’il a fait.

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► Nos vérifications des faits ne sont jamais orientées par des biais politiques. Tout le monde y passe. Dans les semaines précédentes, c’était Éric Duhaime (PCQ), François Bonnardel (CAQ), Dominique Anglade (PLQ) ou encore Manon Massé (QS). Le premier ministre François Legault a lui-même mérité une lumière rouge le 2 avril dernier, lorsqu’il a déclaré à tort qu’une infirmière qui gagne 60 000 $ ou 70 000 $ par année versait près de la moitié de son salaire en impôts. (C’est plutôt 21 % à 24 %, loin de la moitié.)

► Notre démarche est guidée par le gros bon sens. Qu’est-ce que les gens ont compris en écoutant la réponse de Paul St-Pierre Plamondon ? Que l’Espagne, le Portugal et le Luxembourg plafonnaient le prix de l’essence à la pompe, ce qui est faux.

► Si une de nos publications mérite un correctif, on s’amende le plus rapidement possible. Nous l’avons fait une fois dans la dernière année, concernant un texte à propos du chef du NPD Jagmeet Singh à la fin juin 2021. 

Les élections du 3 octobre prochain arrivent à grands pas. Ça paraît, certains politiciens ont la mèche courte. Comptez sur nous, au cours des prochains mois, pour passer les déclarations publiques des candidats à l’épreuve des faits. 

Il y aura des mécontents. 

Mais nous continuerons à faire notre travail avec rigueur et honnêteté intellectuelle. 

Jean-Louis Fortin
Directeur du Bureau d’enquête

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