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Fraude: l’autographe de Maurice Richard apparaît sur un chandail du Canadien des années après sa mort

Sur le marché des produits dérivés sportifs, les faux autographes se multiplient

Louis-Philippe Bourdeau

2025-11-13T05:00:00Z

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Sur le marché des produits dérivés sportifs, les faux autographes, les cartes contrefaites et les certificats bidon se multiplient, et les passionnés représentent des proies de choix pour les fraudeurs. «Au niveau du sport, la partie rationnelle est souvent peu présente, note Marilyn Giroux, experte en marketing sportif à l’Université Laval. Les gens vont vraiment acheter impulsivement, instantanément, quand ils voient passer une occasion.»

• À lire aussi: Des amateurs de hockey floués pour près d’un demi-million de dollars en tentant d’acquérir une carte autographiée de Connor Bedard

• À lire aussi: Vols en série: il dort dans son commerce pour protéger ses cartes de collection

De faux autographes en série

Les autographes falsifiés sont un des plus grands problèmes de l’industrie.

À titre d’exemple, voici un chandail du Canadien signé par plusieurs joueurs intronisés au Temple de la renommée du hockey (voir photo).

Une fausse signature de Maurice Richard a été ajoutée sur ce chandail du Canadien.
Une fausse signature de Maurice Richard a été ajoutée sur ce chandail du Canadien. Capture d’écran «J.E»

Selon nos informations, le jersey a été vendu une première fois. Lorsqu’il a été remis en circulation, la signature de Maurice Richard y avait été ajoutée. Le Rocket était pourtant décédé depuis plusieurs années.

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«C’est l’appât du gain. Les gens vont tout faire pour faire un dollar! Le consommateur, il faut qu’il soit très vigilant!» lance André Lessard, l’un des organisateurs de l’Expo Cartes Sports de Montréal.

Les autographes d’athlètes de renom, comme Michael Jordan, Wayne Gretzky ou Babe Ruth, seraient d’ailleurs parmi les plus falsifiés de l’industrie.

«Certaines estimations avancent qu’à peu près 50% des autographes qui sont listés sur eBay avec des certificats d’authenticité sont faux», avance Yohann Benarroch, propriétaire de la boutique Ultime Sports Collection, à Laval.

Yohann Benarroch, propriétaire de la boutique Ultime Sports Collection, à Laval.
Yohann Benarroch, propriétaire de la boutique Ultime Sports Collection, à Laval. Capture d’écran

Signatures robotisées

La technologie facilite aussi plus que jamais le travail des faussaires. Les autopens, des robots capables d’imiter des autographes, se perfectionnent.

«Avec l’intelligence artificielle et le côté robotique, la technologie est capable de falsifier n’importe quoi. Le consommateur doit être très vigilant», se désole M. Lessard.

Même les certificats d’authenticité, censés prouver qu’une signature est vraie, sont parfois imités par les fraudeurs.

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• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Les fausses cartes en augmentation

Les cartes de collection sportives sont aussi devenues une cible privilégiée pour les arnaqueurs. La quantité de contrefaçons atteindrait des sommets.

«Les gens pensent encore que c’est une carte sur 20 000 qui est contrefaite... Moi, mon ratio c’est plus une sur deux», estime Christophe Landry-Savard.

Ce collectionneur expérimenté gère le groupe Facebook «Spot a Reprint», dans lequel il offre des conseils à sa communauté de milliers d’abonnés pour distinguer le vrai du faux.

Il raconte qu’un de ses clients a perdu plus de 20 000$ après l’achat de cartes contrefaites.

Plusieurs collectionneurs du Québec sont persuadés de détenir des cartes rares. C’est souvent au moment de leur vente qu’ils constatent qu’ils se sont fait avoir.

«Il y en a qui pleurent, qui sont démoralisés, certains sont fâchés, puis quelquefois, une mauvaise expérience comme ça peut casser le goût de collectionner à jamais», confie l’ex-joueur du Canadien Georges Laraque, lui aussi copropriétaire de la boutique Ultime Sports Collection.

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Christophe Landry-Savard, gestionnaire du groupe Facebook "Spot a reprint"
Christophe Landry-Savard, gestionnaire du groupe Facebook "Spot a reprint" Capture d’écran

Des fraudes qui rapportent gros

Aux États-Unis, plusieurs fraudeurs ont bâti de véritables fortunes en vendant de faux autographes. En mai 2024, le FBI a arrêté Anthony Curcio, qui aurait soutiré plus de 2 millions de dollars à ses victimes en manipulant la valeur de cartes sportives et Pokémon. Quelques mois plus tard, Brett Lemieux, un autre Américain, a reconnu avoir vendu des dizaines de milliers d’autographes falsifiés. Il se serait enrichi de plusieurs millions avant de s’enlever la vie après avoir confessé son crime.

FBI
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Opération Bullpen: le FBI à la rescousse

Entre 1999 et 2006, le FBI a démantelé un vaste réseau de faussaires spécialisés dans les souvenirs sportifs. Baptisée «Operation Bullpen», l’enquête a mené à la saisie de plus de 10 millions de dollars en faux autographes et objets de collection ainsi qu’à la condamnation de 60 personnes. Les fraudeurs fabriquaient et vendaient de fausses signatures de stars telles que Michael Jordan et Babe Ruth, accompagnées de certificats d’authenticité falsifiés. Une opération d’envergure qui a révélé l’ampleur de la contrefaçon dans le milieu sportif américain.

FBI
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