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Le procès d’un joueur en plein tournoi, un autre abandonne après un geste de frustration, des discours touchants: les controverses et moments émouvants de la première semaine à Roland-Garros

Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2024-06-03T19:30:00Z

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Entre controverses, moments touchants et gestes stupides, la première semaine de ce Roland-Garros a été haute en émotions, au-delà des exploits sportifs sur le terrain (et de la pluie). Voici quelques moments qui l'auront marquée.

Zverev jugé en plein tournoi pour violence conjugale

Avant même le début de ce Roland-Garros, les organisateurs ont été questionnés sur la participation de l'Allemand Alexander Zverev. La quatrième tête de série, tombeuse de Rafael Nadal dès le premier tour, subit en ce moment un procès pour coups et blessures à l'endroit de son ancienne conjointe, Brenda Patea. Zverev n'est pas présent à Berlin, où il fait appel pour des gestes qui remontent à 2020, pour lesquels il a été condamné à verser une amende de 668 000$. 

Il était plutôt toujours en lice à Paris, lundi. «Zverev est présumé innocent, je n’ai pas à me prononcer tant que l’affaire n’est pas jugée», s'est défendue la directrice du tournoi, Amélie Mauresmo, lorsqu'elle a été interrogée sur la présence de l'Allemand. 

Djokovic revient de l'arrière, (trop?) tard dans la nuit

Depuis deux ans, Roland-Garros a instauré ce que le tournoi appelle sa «night session» (sa séance de soir, oui). Un seul match, disputé sur le central, le Philippe-Chatrier, et qui débute à 20h15, et pour lequel les billets sont vendus à gros prix. Celle-ci fait l'objet de controverses depuis sa naissance, notamment parce que les femmes y sont rarement à l'affiche. 

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Mais là où le bât a davantage blessé cette année, c'est que Novak Djokovic et Lorenzo Musetti ont terminé leur match de samedi à... 3h08. Avec comme gagnant nul autre que «Djoko», du haut de ses 37 ans. 

Bon, ce n'est rien de si inusité à Melbourne ou à New York, mais à Paris, c'était une première, forcée par la pluie et le fait que les matchs précédents avaient aussi été très longs. Celui entre le Serbe et l'Italien aura finalement duré 4h29. 

Même s'il voyait le légendaire numéro 1 mondial revenir de l'arrière, Musetti s'est montré bon joueur durant le cinquième set. La 30e tête de série a proposé à Djokovic de servir quand même une première balle, même s'il venait de recevoir un avertissement de l'arbitre après avoir pris trop de temps avec les balles en main.  

«Je pense que certaines choses auraient pu être gérées différemment, a souligné le Serbe devant les journalistes. Il y a une certaine beauté à gagner le match à 3h, si c’était le dernier du tournoi, mais ce n’est pas le cas...»

Il confond le mur avec une bâche et doit abandonner

Arthur Rinderknech a appris à ses dépens qu'il vaut mieux savoir sur quoi on frappe avant de donner un coup de pied. Frustré durant son match de deuxième tour contre Tomas Martin Etcheverry, même s'il menait deux manches à zéro, le Français a déchargé sa colère contre un panneau publicitaire. 

«Je ne pensais pas que c’était un mur, je pensais que c’était une bâche», a-t-il expliqué à L'Équipe, tout en se qualifiant «d'idiot».

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La douleur fut vive et même s'il a tenu le coup sur un pied pendant un peu plus d'un set, le 69e joueur au monde a été contraint à l'abandon.  

Résultat des courses (ou du coup de pied, plutôt): un cartilage du gros orteil amoché. Rinderknech se retrouve donc sur la touche pour quelques jours ou pour trois mois, selon le médecin qui l'a traité. 

Les spectateurs (soûls?) qui enguirlandent les joueurs

Les organisateurs du tournoi ont dû sévir dès la première semaine contre les spectateurs qui ne respectaient pas l'étiquette du tennis. Certains étaient bruyants durant les points, et d'autres seraient même allés jusqu'à cracher une gomme en direction du Belge David Goffin. 

Ce n'est jamais facile d'affronter un Français à Paris, vous diront plusieurs athlètes. Mais là, le phénomène des fans dérangeants a pris une telle ampleur que la numéro 1 mondiale, la Polonaise Iga Swiatek, a tenu à rappeler aux amateurs l'attitude qui était attendue de leur part dans son discours d'après-match, peu après sa victoire contre Naomi Osaka au deuxième tour. 

Roland-Garros a donc décidé de serrer la vis. L'alcool est désormais interdit dans les gradins et les individus qui perturbent le spectacle seront expulsés. 

La candeur de la ministre du Bonheur

Surnommée la «ministre du Bonheur» dans son pays d'origine, la Tunisienne Ons Jabeur n'a pas fait exception à sa réputation depuis le début de la quinzaine. Notamment dans ses discours sur le court, après ses victoires. 

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La huitième tête de série a fait chanter ses fans dimanche, au terme de son triomphe aux dépens de la Danoise Clara Tauson en ronde des 16. 

La tombeuse de Leylah Fernandez au troisième tour a aussi été à l'origine de plusieurs sympathiques vidéos publiées sur les réseaux sociaux, dont une où on la voit faire l'accolade à Novak Djokovic. 

«La ministre du Bonheur!» lui lance le Serbe. «Le ministre des matchs qui se terminent tard!» lui répond Jabeur. 

Était-ce les adieux de Nadal?

Il semble déjà très loin, ce choc titanesque entre Rafael Nadal, 14 fois champion à Roland-Garros, et Alexander Zverev, dès le premier tour. Comme s'il était de plus en plus possible de convenir que nous ne reverrons plus jamais l'Espagnol sur cette terre battue qui est devenue la sienne. 

Nadal n'a jamais rien confirmé, mais cette défaite en trois manches contre la quatrième tête de série aura-t-elle été son ultime à la porte d'Auteuil? Du moins, dans le cadre des Internationaux de France, puisque «Rafa» vise les Jeux olympiques, disputés en ces mêmes lieux. 

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Mais si c'était le cas, ces au revoir adressés à la foule resteront à jamais gravés dans l'histoire du tournoi. Dur de croire qu'un jour, un autre athlète pourra effacer cette marque inhumaine. 

L'attachant petit partisan d'Alex de Minaur

Tombeur de Daniil Medvedev en ronde des 16, l'Australien Alex de Minaur a tissé un lien avec un jeune fan au fil de son tournoi. Si bien que la 11e tête de série avait demandé à l'adolescent nommé Paul d'être présent pour cette rencontre face au Russe, lundi.

De Minaur s'était d'ailleurs jeté dans ses bras après sa victoire au tour précédent et avait tout fait par la suite pour le retracer, afin d'en faire son invité personnel à son match suivant. 

«Le fait qu'il soit resté pendant 10 heures sur le court, dans le froid, m'a transporté», avait dit l'Australien aux médias, samedi, peu après avoir vaincu l'Allemand Jan-Lennard Struff, au terme d'un match souvent interrompu par la pluie.

Et après son triomphe contre Medvedev, c'est aux côtés de Paul que de Minaur a livré son entrevue sur le terrain. «Je t'ai écouté à tous les points», lui a dit l'Australien en français. 

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