Cambodge: procès d’un important leader syndical pour « incitation aux troubles »

AFP
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Un dirigeant syndical cambodgien a comparu vendredi devant un tribunal de Phnom Penh pour « incitation aux troubles sociaux » après avoir critiqué le régime d’Hun Sen qui musèle toute dissidence.
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Le dirigeant de la Confédération cambodgienne des syndicats, Rong Chhun, a accusé en juillet le gouvernement d’avoir commis des « irrégularités » concernant la frontière du Cambodge avec le Vietnam. Selon lui, cela a conduit des paysans locaux à perdre leurs terres.
Les leaders de l’opposition accusent de longue date le premier ministre Hun Sen de céder du territoire au Vietnam, utilisant les différends frontaliers entre les deux pays pour canaliser le sentiment nationaliste contre son administration.
Rong Chhun, placé en détention provisoire début août, risque jusqu’à deux ans de prison s’il est reconnu coupable. Il est poursuivi pour incitation à commettre un crime ou à provoquer des troubles sociaux.
Deux autres personnes, arrêtées lors de manifestations demandant sa libération et faisant face aux mêmes accusations, ont comparu à ses côtés.
« Rong Chhun a déclaré au tribunal qu’il avait “le droit d’exprimer des opinions sur les questions sociales”, et a démenti avoir commis une quelconque infraction, a déclaré à l’AFP son avocat Sam Sokong.
Depuis les législatives de 2018 à l’issue desquelles le parti d’Hun Sen, au pouvoir depuis 36 ans, a raflé l’intégralité des sièges au Parlement, des résultats vivement contestés, le régime multiplie les arrestations et les procédures à l’encontre de toute voix dissidente.
150 opposants, majoritairement liés au Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC) qui avait réalisé une percée aux élections de 2013 avant d’être dissous quelques années plus tard, sont actuellement jugés dans la capitale.
Le principal chef de l’opposition, Kem Sokha, est quant à lui poursuivi, dans une procédure séparée, pour “trahison”, accusé d’avoir voulu renverser le régime. Son procès est reporté depuis mars, suscitant les critiques de son avocat et des ONG de défense des droits humains.