Prix Grammy: une Québécoise oubliée était en nomination


Cédric Bélanger
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Yannick Nézet-Séguin et Kaytranada n’étaient pas les seuls Québécois en lice à la remise des prix Grammy, dimanche, à Los Angeles: peu connus dans leur province natale, la pianiste classique Marika Bournaki et l’ingénieur Serban Ghenea convoitaient aussi les prestigieuses récompenses américaines de la musique.
Âgée de 33 ans et installée aux États-Unis, où elle enseigne dans une école de la Virginie, la Montréalaise Marika Bournaki récoltait sa première citation en carrière dans la catégorie «Solo vocal classique» pour l’album Bespoke Songs.
Elle n’a pas gagné, mais ça ne la dérangeait pas une miette.
«Pour moi, d’être nommée, c’était déjà gagner», a confié celle qui a assisté aux Grammy en compagnie de son père, Pierre, et qui a pu participer à une fête samedi.
«Ça fait du bien de faire partie de cette grande communauté musicale. J’avais peur que ce ne soit pas des célébrations à cause des incendies, mais finalement tout le monde vient pour célébrer la musique. C’est vraiment beau.»
Prodige
Marika Bournaki a amorcé sa carrière très jeune. À 9 ans, elle jouait avec l’Orchestre symphonique de Montréal; à 10 ans, elle se produisait au mythique Carnegie Hall de New York; et, à 11 ans, elle côtoyait Yannick Nézet-Séguin à l’Orchestre métropolitain.
Elle était considérée comme une prodige. Elle a même fait l’objet d’un documentaire, Le rêve de Marika, paru en 2012.
Elle a quitté le Québec il y a longtemps, ce qui explique possiblement pourquoi personne n’avait remarqué qu’elle avait décroché une nomination, contrairement à Yannick Nézet-Séguin et à Kaytranada.
«Ça me rend un peu triste, mais je suis partie il y a tellement longtemps, à 14 ans. J’ai fini mes études et j’ai commencé à travailler aux États-Unis. Je jouais beaucoup plus avant au Québec et au Canada, mais je pense maintenant que les gens oublient que j’existe», dit-elle en riant.