Pris entre deux feux au Qatar: deux Québécois enfin de retour à Montréal
Zoé Arcand
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Après un périple angoissant, un couple de Québécois coincé au Moyen-Orient pendant que la région s’embrasait est enfin de retour à Montréal, sain et sauf.
« Le stress n’est pas vraiment redescendu avant qu’on arrive en Europe. On a hâte d’être à la maison », a soufflé Francis Vézina à son arrivée à l’aéroport de Montréal.
C’est l’air fatigué et soulagé que lui et sa conjointe Geneviève Beaudoin ont foulé le sol canadien, samedi après-midi.
Un malheureux hasard
Car ils se sont retrouvés bien malgré eux à Doha, la capitale du Qatar, lorsque les États-Unis et Israël ont décidé de bombarder l’Iran, qui a ensuite répliqué avec des tirs de drones et de missiles.
Pris au piège entre les belligérants, le couple s’est ainsi retrouvé coincé dans une ville qui héberge l’une des bases militaires américaines visées par la République islamique.
« On était en escale », explique Mme Beaudouin qui rentrait avec son conjoint d’un voyage en Thaïlande. Le couple devait initialement prendre un vol vers Montréal le 1er mars.

Niveau de risque
Avant cette date, le gouvernement du Canada recommandait aux voyageurs visitant ce pays de faire « preuve d’une grande prudence ».
En guise de comparatif, le Royaume-Uni, la République dominicaine, le Mexique ou la France, notamment, affichent actuellement le même niveau de risque
La situation a dégénéré rapidement. Le gouvernement recommande maintenant d’« éviter tout voyage » dans les pays longeant le Golfe persique, comme le Qatar.
L’aéroport de cet État du Moyen-Orient accueille chaque année plus de 50 millions de passagers en transit vers plus de 197 destinations à travers le monde.
Lors de cette escale qui s’est prolongée contre leur gré, ils ont vu les débris d’un missile tomber devant leur hôtel secoué par les détonations. Le couple a déploré le manque de communication de l’ambassade canadienne.
« C’est une situation délicate pour tout le monde, [mais] on comprend que ce n’est pas facile pour le gouvernement. Mais c’est sûr que si on avait eu plus d’informations, peut-être qu’on aurait bougé plus vite », souligne Mme Beaudoin.
« Complications sur le tarmac »
C’est seulement jeudi qu’elle et son amoureux ont fait la route en taxi vers Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite. Ils ont ainsi roulé de nuit plus de 6 h en taxi dans le désert jusqu’à ce pays où le niveau de risque est moins élevé selon le Canada.

« Même si c’était un soulagement de quitter le Qatar, il y a quand même des frappes pas loin quand tu es en Arabie saoudite », a laissé savoir Mme Beaudoin.
Puisque certains avions décollent encore de la capitale, ils ont été en mesure d’attraper un vol vers Amsterdam le jour même.
« On a eu des complications sur le tarmac. Ç’a été long avant qu’on décolle parce qu’il y avait des attaques », a indiqué M. Vézina, l’air épuisé.
Des Pays-Bas, ils se sont ensuite rendus à Paris avant de prendre un dernier vol vers Montréal.
Au total, le couple estime avoir dépensé 15 000 $ pour revenir sain et sauf dans la métropole, mais ils ont bon espoir d’être remboursés.