Preuves statistiques à l’appui: voici pourquoi le jeu physique des Panthers leur a (encore) permis de remporter la coupe Stanley


Jonathan Bernier
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En regardant le dernier match de la finale de la Coupe Stanley, plusieurs se sont demandé pourquoi les joueurs des Oilers semblaient aussi amorphes, pourquoi ils n’utilisaient pas davantage leur vitesse. Certains se sont même demandé s’ils n’avaient pas jeté l’éponge.
Personne ne tire la plogue en finale de la Coupe Stanley. Cette performance s'explique simplement: Connor McDavid et ses coéquipiers étaient brûlés, brûlés à force de courir après la rondelle et de jouer du hockey de rattrapage.
D’ailleurs, les champions de la Coupe Stanley ont établi un record de la finale en menant le pointage pendant 255 min et 49 s, contre seulement 33 min et 51 s pour les Albertains, un autre record de la finale, mais celui-là est peu enviable.

Tout au long de ces six matchs (l’équivalent de sept si on inclut les prolongations), les joueurs des Panthers ont méticuleusement épuisé leurs rivaux.
D’abord par leur échec avant et par leurs coups d’épaule (230 c. 209 en leur faveur).
Selon la firme Sportlogiq, 80 fois les défenseurs des Oilers se sont fait mettre le nez dans la baie vitrée. Ça ne paraît pas énorme, mais quand tu ne touches pas souvent à la rondelle, ça devient vite fatigant.
Ça m’a rappelé la montée de lait que Paul Maurice avait faite à ses joueurs l’an dernier, lors du cinquième match de la série de deuxième tour face aux Bruins.
«Écrasez leurs putains de défenseurs, de sorte qu’au septième match, ils n’aient plus de jus», leur avait-il lancé pendant une pause publicitaire.
Physique dans tous les sens
Voilà la recette des Panthers. Une recette éprouvée depuis deux ans, presque trois même, considérant qu’ils ont également atteint la finale en 2023.
Cependant, jouer de façon physique ne consiste pas simplement à frapper l’adversaire.
C’est d’être constamment dans sa bulle, dans ses pattes, près du gardien adverse, comme l’ont fait Matthew Tkachuk, Sam Bennett, Brad Marchand, Jonah Gadjovich.
C’est de gagner les batailles le long des rampes, c’est utiliser son corps pour récupérer les rondelles, c’est de provoquer des revirements – des spécialités de Sam Reinhart, Alexander Barkov et Carter Verhaeghe.

C’est de repousser des entrées de zone comme l'on fait Seth Jones, Gustav Forsling, Aaron Ekblad et Nate Schmidt.
Justement, c’est au niveau des récupérations de rondelle en zone offensive que les Panthers ont complètement dominé les Oilers, le score étant de 689 à 578. Quand on vous dit que les hommes de Kris Knoblauch ont couru après le disque pendant près de deux semaines...
Ça explique les statistiques serrées sur le plan des revirements provoqués (712 c. 703 en faveur des Panthers) et la raison pour laquelle les Oilers ont repoussé plus d’entrées de zone (95) que les Panthers (93).
Un message à la LHJMQ
Bref, les Panthers ont gagné la bataille du jeu physique et c’est ce qui leur a permis de gagner les matchs trois, cinq et six avec une main dans le dos. Et puisque l’équipe championne est celle que tout le monde veut copier, les adversaires des Panthers voudront garnir leurs rangs de façon à pouvoir rivaliser avec eux.
À ce propos, je parlais avec un dépisteur du junior au cours du week-end. Je lui disais que j’aimerais que les Oilers remportent la coupe Stanley, que ça ferait une belle histoire d’écrire sur le retour du précieux trophée au Canada pour la première fois depuis 1993.
Ce à quoi il a répondu du tac au tac: «Je souhaite que les Panthers gagnent encore une fois, ne serait-ce que pour que nos supposés grands penseurs du hockey québécois prennent enfin conscience qu’il faudrait développer, chez nous, davantage de gros bonshommes avec de la hargne plutôt que des petits attaquants de 5 pi, 7 po.»
Mais ça, c’est un autre sujet dont nous aurons amplement l’occasion de parler dans une dizaine de jours lorsqu’on verra les joueurs de la LHJMQ être encore boudés lors du repêchage de la LNH.