Présidentielle 2024: retour sur une guerre d’images et de mots
Agence QMI
Partager
La campagne présidentielle américaine aura été bien plus marquée par les insultes et les mises en scène presque théâtrales que les propositions électorales de la part des deux candidats.
«C’est une campagne où les attaques personnelles ont pris le dessus sur les contenus des programmes, il n’y a pas, je pense, une insulte qui n’a pas été utilisée et c’est vraiment dommage parce qu’au final c’est beaucoup ce qu’on retient», a souligné Julie-Anne Vien, associée directrice au Cabinet de relations publiques National.
Selon la spécialiste, la bataille livrée par Kamala Harris et Donald Trump est la plus «sournoise, vicieuse et assurément intense jusqu’à la toute fin».
Une course en plusieurs actes
La course électorale aura été particulièrement parsemée de rebondissements, ayant commencé avec un tout autre candidat démocrate en piste: Joe Biden.
«On assistait vraiment à un triste spectacle, des propos brouillons, erratiques, un débat où visiblement Trump pourrait se dire qu’il n’allait faire qu’une bouchée de son adversaire», a rappelé Mme Vien.
Le véritable coup de théâtre a eu lieu en juillet dernier lorsque le président Joe Biden a décidé de retirer sa candidature, laissant la place à sa vice-présidente Kamala Harris et par la même occasion, obligeant les républicains à revoir leurs plans.
«Ça a vraiment galvanisé les troupes et ça a probablement déstabilisé grandement le camp Trump, on les a vus un peu dans cette posture difficile de s’ajuster à une nouvelle adversaire qui est arrivée avec un ton complètement différent», a-t-elle analysé.
L’image aussi puissante que les mots
Autre rebondissement dans la campagne: les deux tentatives d’assassinat visant le candidat républicain, qui a finalement repris ces événements pour parfaire son image.
«Ça a beaucoup servi son narratif du candidat invincible, protégé par Dieu presque et capable de résister à tout et donc de le mettre en position de force», a expliqué Mme Vien.
En plus du pansement sur son oreille, Donald Trump a multiplié les autres images fortes pendant sa campagne, que ce soit en faisant des frites au McDonald’s ou en s’habillant en éboueur après une remarque de Joe Biden.
«Ce qu’on cherche à faire, c’est de créer des symboles, d’encapsuler des thématiques et de rendre ça très parlant et percutant pour l’auditeur», a indiqué l’experte en relations publiques.
Mme Harris a quant à elle misé sur son image d’ancienne procureure et n’a pas hésité à tenir un discours devant le Capitole, où son adversaire avait tenu un discours lors de l’émeute dans ce haut lieu du gouvernement américain.
«Ça a été très habile et c’est probablement dans son cas ce qui aurait dû encapsuler l’ensemble de sa campagne, le recul qu’on forçait avec le retour de Trump, le respect de la démocratie et le respect des institutions et on voulait donc jouer cette image très puissante. On la regarde, la télévision est sur silencieux puis on comprend ce qu’elle veut dire», a souligné Mme Vien.