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Première femme admise dans la catégorie des bâtisseurs: de préposée aux bouteilles d'eau, Danièle Sauvageau a fait son chemin jusqu'au Temple de la renommée du hockey.

Getty Images via AFP
Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2025-11-08T21:43:07Z

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TORONTO | «Quand quelqu’un te dit non, ça ne veut pas dire que tu ne peux pas atteindre tes objectifs. Ça veut juste dire que ça prendra peut-être plus de temps et que tu devras t’y prendre différemment.»

Enfant, Danièle Sauvageau était probablement loin de se douter que ce que lui répétait sans cesse son père Marcel la mènerait un jour au Panthéon du hockey.

Tout comme cette phrase, chère à sa mère Lise: «Qu’est-ce que tu peux faire si tu ne peux pas jouer? De quelle façon peux-tu aider?»

C’est en jumelant ces deux leçons de vie que Sauvageau a fait le premier pas vers une carrière d’entraîneuse bien remplie. Un parcours qui l’a vue diriger le Canada vers la médaille d’or olympique, en 2002, et vers plusieurs championnats du monde.

Getty Images via AFP
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C’est également celui-ci qui l’a menée à être une actrice importante du développement du hockey féminin, à recevoir plusieurs distinctions, comme l’Ordre du Canada, et à devenir la première femme admise en Temple de la renommée du hockey dans la catégorie des bâtisseurs.

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«La première fois que je suis arrivée avec mon frère a l’aréna, on m’a dit que lui pouvait jouer, mais pas moi. Alors, j’ai demandé si je pouvais aider», a raconté Sauvageau, rencontrée dans le cadre des cérémonies entourant cette admission parmi les immortels du hockey.

Le même rêve, une voie différente

Son premier mandat fut de remplir les bouteilles d’eau et de les apporter au banc. Ensuite, on lui a offert d’ouvrir la porte pour faciliter les changements de joueurs. Puis, on lui a permis d’enfiler ses patins et de sauter sur la patinoire lors des entraînements... pour placer les rondelles dans les coins.

«Jouer dans le hockey organisé, c’est un privilège que je n’ai jamais eu. Mais j’ai vécu les mêmes rêves que tous ceux qui sont ici aujourd’hui. Je les ai simplement vécus différemment», a-t-elle soutenu.

Ce rêve, c’était de gagner sa vie au hockey professionnel, de vivre du sport qu’elle a toujours chéri. Elle dit avoir tenté sa chance auprès de la LNH à plusieurs occasions. Elle a toujours essuyé des refus.

«Ça m’a fait mal», a-t-elle admis.

Elle raconte avoir cogné à Hockey Canada à de multiples reprises pour tenter de faire avancer la cause du hockey féminin.

«J’ai dit à Bob Nicholson qu’il fallait faire quelque chose. Que j’aimerais passer du temps à Calgary avec l’équipe nationale masculine. Il a dû me dire non 57 fois», a-t-elle indiqué.

La consécration

Toujours habitée par le message de son père, elle a continué de mettre son pied dans la porte, refusant d’abdiquer. Tant et si bien que, en 2023, elle fut nommée au poste de directrice générale de la Victoire de Montréal, l’une des six formations originales de la Ligue professionnelle de hockey féminin.

«Aujourd’hui, je vis de mon sport, se réjouit-elle. On a quelque chose de professionnel. On a les médias dans nos amphithéâtres, à nos pratiques. De plus en plus de jeunes filles veulent devenir des joueuses professionnelles.»

«Au cours des trois dernières années, avec la venue du groupe Walter, c’est comme si une fusée avait décollé brisant tout sur son passage, a-t-elle poursuivi. Jamais je n’aurais pensé que le succès de la ligue serait aussi grand que maintenant.»

De son propre aveu, il reste encore beaucoup de travail à faire pour poursuivre le développement du hockey féminin, mais au moins, elle a réalisé son rêve.

Comme l’avait prévenue son père, l’aboutissement de celui-ci n’était pas impossible. Il a juste pris plus de temps à se matérialiser. Quarante ans pour être précis.

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