Drôle et efficace, l’humoriste José Gaudet se moque des petites misères de sa cinquantaine dans son spectacle «Y’était temps!»


Frédérique De Simone
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À 53 ans et après plus de 30 ans à œuvrer dans le milieu de l’humour, José Gaudet a présenté son tout premier spectacle solo, Y'était temps!, à la Place des Arts, lundi soir.
«Je n’aurais pas pu faire comme les gars de mon âge... faire du zona», a-t-il dit à son arrivée sur la scène de la Cinquième Salle, où il avait convié les membres de la presse ainsi que de la colonie artistique.

La Grande Gueule au rire particulier a offert un stand-up à l’ancienne dans lequel il s’est livré en toute humilité et avec beaucoup d’autodérision sur le deuil difficile de sa jeunesse et du contrôle qu’il avait sur ses rots, qui sortent maintenant à tout moment quand il parle, mais aussi sur son débit d’urine qui s’exprime désormais en code morse, en gouttes et en plusieurs jets.
«Moi depuis que j’ai 50 ans je me désintègre [...] Tantôt, je n’ai pas fait un sound check, j’ai fait une sieste», a-t-il dit avec dégoût, ajoutant au passage qu’il avait fait un torticolis parce qu’il avait dormi deux jours à l’hôtel sans son oreiller et qu’il s’était déchiré le ménisque «en se donnant une swing pour sortir de la piscine».

Fort de son expérience des 30 dernières années dans le milieu de l’humour, ce premier spectacle solo est bien ficelé, rythmé et atteint facilement ses cibles. La bouille de José Gaudet et sa façon très imagée de raconter ses anecdotes captivent et retiennent l’attention du public, qui a ri très fort toute la soirée.
En plus d’envoyer quelques pointes à son acolyte Mario Tessier, dont les rires transcendaient la Cinquième Salle, il a également prévu un numéro, assez efficace, sur ses parents, décrivant notamment son père comme un homme confiant, avec l’attitude de Tom Cruise dans le corps de Danny DeVito, qui pouvait entretenir une conversation d’une demi-heure sans utiliser le moindre verbe et qui était obsédé par Patrice L’Écuyer et les ragots du showbiz.
Passant d’un sujet à un autre en toute fluidité, le coanimateur de l’émission du retour à Rythme a également abordé le «clash» des générations entre les boomers et les X, mais aussi de la parentalité et des jeunes d’aujourd’hui, son aversion pour les sportifs extrêmes qui se mettent en danger pour se sentir vivants – et dont il est surtout jaloux –, les interventions esthétiques et sa greffe de cheveux.
«J’étais tanné qu’on me prenne pour The Rock», a-t-il lancé à son public, un sourire en coin.
«Coucou, c’est moi Enrique»
En fin de présentation, José Gaudet a redonné vie à quelques-uns de ses personnages mythiques des Grandes Gueules. Il a notamment invité le chanteur de charme Enrique Iglesias, Jean Charest et José Théodore.

L’humoriste assure sa mise en scène, mais s’est entouré d’Isabelle Laperrière et de Sylvain Rouillier pour être appuyé dans l’écriture de ses textes. Il a aussi reçu les conseils de son ami Laurent Paquin pour la direction artistique.
José Gaudet sera de passage à l’Odyssée de Gatineau et à la salle Albert-Rousseau de Québec les 25 et 30 octobre prochains. Il poursuivra ensuite sa tournée jusqu’à l’an prochain au moins.