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Premier quart de saison du Canadien: quand la progression fait du surplace

Photo AFP
Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2024-11-25T05:00:00Z

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Le Canadien vient de franchir le quart de sa saison. Même dans leurs prévisions les plus pessimistes, Kent Hughes, Jeff Gorton et Martin St-Louis n’auraient jamais osé imaginer la réalité qui les a frappés dimanche matin en consultant le classement de la LNH.

Bon dernier dans l’Association de l’Est. Avant-dernier au classement général.

Pour une équipe en reconstruction qui souhaitait poursuivre sa progression, c’est toute une débarque. À pareille date, l’an passé, le Tricolore pointait au 12e rang de son association et au 20e échelon du circuit.

D’ailleurs, c’est la première fois depuis l’arrivée de la nouvelle administration, au cours de la saison 2021-2022, que l’équipe connaît un recul.

À maintes reprises déjà, depuis le début de la campagne, on a fait état du système défensif difficilement assimilable pour expliquer les déboires de l’équipe. Pas besoin d’y revenir une nouvelle fois. De toute façon, ça n’explique pas tout.

Ça peut expliquer pourquoi l’adversaire se promène avec la rondelle dans le territoire du Canadien pendant plus de sept minutes et demie par match. Ça peut également permettre de comprendre l’origine de la moyenne élevée des tirs accordés de l’enclave (15,6), des occasions de marquer à haut risque accordées (17) et de celles provenant d’un cycle continu (12).

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Mais ça n’explique pas la moyenne de surnombres accordés par rencontre (5,3) ni le fait que l’équipe se soit fait marquer 35 buts dans les 10 secondes suivant un revirement. Là-dessus, il n’y a que les Penguins qui ont fait pire (36).

Dépassé par les événements

Ça n’explique pas pourquoi Juraj Slafkovsky multiplie les revirements depuis quelques matchs ni pourquoi Kirby Dach a toujours l’air dépassé par les événements lorsqu’il saute sur la patinoire.

En passant, comment a-t-on pu, dans le camp tricolore, fonder autant d’espoir sur Dach, un joueur forcé à l’inactivité pendant un an? Comment a-t-on pu baser notre évaluation sur sa tenue lors du camp d’entraînement de 2023 et sur les deux points qu’il a récoltés en un match et demi au mois d’octobre suivant?

Comme l’a déjà dit Michel Therrien au collègue Bruce Garrioch, affecté à la couverture des Sénateurs d’Ottawa, pendant les séries de 2013: «Come on! I thought you knew the game better than that, sti!»

Ça n’explique pas non plus pourquoi Alex Newhook, qu’on croyait voir éclore offensivement, un jour, à Montréal, n’a que quatre points au compteur. Quatre buts, dont deux dans le même match. Ça veut donc dire qu’il n’a inscrit son nom sur la feuille de pointage qu’à trois occasions.

Dans un cas comme dans l’autre, il y a peut-être des raisons pour lesquelles les Blackhawks et l’Avalanche ont accepté de se départir d’eux à seulement 21 et 22 ans.

Parlant d’espoirs basés sur l’hypothétique succès d’un retour au jeu, on peut se demander si l’arrivée de Patrik Laine aurait vraiment fait une si grande différence. C’en est un autre qui n’a pas vu d’action depuis un bout de temps et dont le corps commence peut-être à être hypothéqué.

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Difficultés de croissance

Le Finlandais aurait été pas mal le seul nouvel ajout à l’équipe avec Lane Hutson. Était-il utopique de croire qu’une formation similaire à celle de l’an dernier était mûre pour passer à l’étape suivante?

Probablement. Et c’est là que tout le monde s’est mis le doigt dans l’œil.

Sept mois de croissance organique, ce n’est peut-être pas suffisant pour une équipe qui est encore la deuxième plus jeune de la ligue.

Des rencontres comme celle de samedi viendront rappeler de façon un peu trop ponctuelle que l’équipe chambranle encore entre apprendre à jouer et apprendre à gagner.

N’en déplaise aux vétérans de l’équipe, comme l’a laissé entendre David Savard samedi soir.

«C’est décevant. On peut attribuer [la difficile soirée] à notre jeunesse, mais on devrait être rendus à un autre point de notre progression.»

Il y aura des passages moins pires, comme la séquence incluant les affrontements contre le Wild, les Blue Jackets et les Oilers.

À ce moment, il sera convenu de s’en réjouir. Mais il faudra éviter de partir en peur comme ce fut le cas la semaine dernière.

Pour rependre l’une des analogies de St-Louis: le bébé a commencé à marcher.

Mais après deux ou trois pas, il tombe encore sur le derrière.

Une défense qui en arrache

Statistique moyenne rang LNH

Buts accordés 3,80 31e
Buts attendus contre 3,53 28e
Tirs accordés de l’enclave 15,6 28e
Tirs accordés
du bas de l’enclave 7,4 25e
Temps de possession
de l’adverse 7:35 29e
Occasions accordées
en cycle continu 12 30e
Occasions à risque élevé 17 29e

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Source: Sportlogiq

Cinq sources de bonheur

Il n’y a pas que du négatif dans ce premier quart de saison difficile. Quelques joueurs peuvent se regarder dans le miroir sans être gênés de leur reflet.

Brendan Gallagher

Ce premier quart de saison nous a offert la résurrection du petit guerrier. On n’a jamais douté de son ardeur au travail, mais le rythme semblait devenu difficile à tenir. Est-il plus en forme? Dépense-t-il son énergie de façon plus efficace? Bonne question. Mais tout ce qu’il touche rentre dans le filet adverse. Il n’est pas à l’abri d’un creux de vague, mais en conservant ce rythme, il approcherait les 30 buts.

Lane Hutson

Jusqu’ici, il est la principale attraction du Canadien. Son jeu de pieds, ses feintes et sa vision du jeu tiennent les partisans sur le bout de leur siège. Il est encore en quête de son premier but, mais il compte déjà 11 passes à son dossier. 11 points qui le placent au troisième rang des pointeurs chez les recrues de la LNH. D’ailleurs, il est le joueur de première année le plus utilisé (22 minutes 56 secondes). Il obtiendra assurément des votes pour le trophée Calder.

Cole Caufield

Il ne sera jamais un as du jeu défensif, mais tant qu’il ne met pas l’équipe dans le trouble, on s’en fout un peu. Ce qu’on veut, c’est qu’il marque des buts et qu’il rende l’attaque massive menaçante. Ce qu’il a réussi à faire jusqu’ici. Il se trouve au sein d’un quintette de meneurs avec six buts inscrits en supériorité numérique.

Nick Suzuki

Le capitaine est exigeant envers lui-même. Récemment, il a remis ses performances en question. Vrai qu’il a eu un petit passage à vide, mais il maintient, pour ainsi dire, un rythme d’un point par match (19 points en 20 matchs). 14 de ces points ont été acquis à forces égales. Ce qui démontre qu’il se passe quelque chose offensivement lorsqu’il foule la glace.

Jake Evans

Il a profité des déboires de Kirby Dach pour obtenir une promotion au sein d’un trio offensif. Ça ne pouvait pas arriver à un meilleur moment pour un joueur qui arrive à la fin de son contrat. Malgré ce rôle bonifié, il demeure l’homme de confiance de Martin St-Louis lors des missions défensives et en infériorité numérique. Il n’est pas étranger au fait que le Canadien pointe au huitième rang en infériorité numérique (82,4%).

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