Premier marathon en carrière: une enseignante de 28 ans de Québec cause une grande surprise et remporte le championnat canadien à Toronto


Richard Boutin
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À la surprise de tous, dont la principale intéressée, Caroline Pomerleau a remporté le titre de championne canadienne, dimanche à Toronto, à son premier marathon en carrière.
Dans les 200 derniers mètres de la 34e édition du Marathon de Toronto qui comptait plus de 25 000 coureurs à la ligne de départ provenant d’une cinquantaine de pays, Pomerleau a coiffé son ancienne coéquipière avec le Rouge et Or de l’Université Laval Anne-Marie Comeau pour mettre la main sur le titre national.
«En traversant la ligne d’arrivée, je n’ai pas réalisé que j’avais gagné, a raconté l’auteure d’un chrono de 2 h 34 min 44 s. Les organisateurs croyaient que c’est Anne-Marie qui allait gagner et ils n’ont pas eu le temps de sortir le ruban à mon arrivée. Cette victoire me prend par surprise et je ne m’y attendais pas. C’est surréaliste de gagner à mon premier marathon.»
L’enseignante de 28 ans en adaptation scolaire dans une école primaire de Québec s’est pointée dans la Ville Reine pour s’amuser. «Je visais un top 5, mais j’ai appris la veille de la course qu’il y aurait un lièvre pour les athlètes visant un chrono de 2 h 35 min qui est le standard pour se qualifier pour le marathon de Boston dans la catégorie élite, a-t-elle raconté. Après un chrono de 1 h 18 min au demi-marathon de Québec, je me suis dit que je pourrais faire 2 h 36 min.
«Après 21 kilomètres, j’occupais le 6e rang, mais c’était facile et j’avais de l’énergie, de poursuivre Pomerleau. À partir du 25e kilomètre, j’ai dépassé plusieurs filles, mais je n’avais aucune idée si c’était des Canadiennes ou des coureuses internationales.»
Finish mémorable
Avec deux kilomètres à parcourir, la championne du demi-marathon de Québec a commencé à croire en ses chances de monter sur le podium. «Avec 300m, j’avais encore du jus et je me suis dit: “let’s go tu es capable”, a-t-elle souligné. Quand la directrice de course m’a donné le drapeau canadien, j’ai fait wow!!. Je me demandais ce qui se passait. C’était inimaginable de gagner et de battre des filles comme Anne-Marie, qui a été toujours été bien meilleure que moi dans les épreuves de fond depuis qu’on court ensemble en première secondaire. Vaincre l’olympienne Dayna Pidhoresky est également incroyable.»
Médaillée de bronze à Toronto, Pidhoresky a pris le départ du marathon des Jeux olympiques de Tokyo en 2021 alors que Comeau faisait partie de l’équipe canadienne de ski de fond aux Jeux de Pyeonchang en 2018. Pomerleau avait devancé Comeau une première fois à l’occasion du championnat canadien 10 kilomètres disputé à Ottawa en mai où elle avait remporté le bronze en vertu d’un chrono de 33 min 17 s.
Au classement général, Pomerleau a terminé en 10e place dans une épreuve dominée par les Éthiopiennes qui ont raflé les quatre premières positions. Buze Diriba s’est imposée avec un temps de 2 h 26 min 50 s.
Le championnat mondial dans sa mire
Débarquée à Toronto avec sa conjointe et entraîneure Anouka Tremblay sans réel objectif, l’enseignante en adaptation scolaire gravit les échelons. «Toronto était un test parce que j’avais eu un entraînement de seulement huit semaines, mais ma victoire me positionne vraiment bien en prévision du championnat mondial 2025. Mon prochain objectif est toutefois de battre mon record personnel lors du marathon de Houston le 14 janvier.
«Le standard olympique est de 2 h 26 min 50 s et les Jeux de Paris arrivent rapidement, mais ma performance à Toronto m’a mis Los Angeles (2028) dans la tête, de poursuivre Pomerleau. Je ne comprenais rien d’avoir battu Pidhoresky et ça montre que je peux me rendre là un jour. Même chose pour Anne-Marie qui a fait de gros entraînements avant de se présenter à Toronto. Je n’aurais jamais cru la battre. Je suis une ancienne coureuse de 800m qui s’entraîne en longues distances seulement depuis trois ans et les marathoniennes atteignent leur meilleur à 35 ans. Ma carrière ne fait que commencer.»
De retour à Québec à 2 h dans la nuit de dimanche à lundi, Pomerleau était à son poste à 8 h. «Je n’ai pas d’entraînement et je vais me reposer cette semaine.»